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[Carte] La qualité de l’emploi en Europe

Où trouve-t-on les emplois de meilleure qualité en Europe ? L’indice européen de qualité de l’emploi (IQE) permet d’identifier les pays les plus propices au bien-être au travail.

L’indice européen de qualité de l’emploi (IQE) a été développé par les chercheurs de l’Institut syndical européen (ETUI) pour évaluer et comparer la qualité de l’emploi dans tous les pays de l’UE. Il englobe un large éventail de caractéristiques du travail et de l’emploi, résumées en six dimensions qui sont présentées dans cet article.

  • La qualité des revenus
  • Les formes d’emploi et la sécurité de l’emploi
  • Le temps de travail et l’équilibre vie professionnelle-vie privée
  • Les conditions de travail
  • Le développement de compétences et la carrière
  • La représentation syndicale et l’expression des intérêts collectifs

La qualité de l’emploi dans l’UE

En moyenne dans l’Union européenne, l’indice total de qualité de l’emploi est de 51,6 points sur 100, d’après l’Institut syndical européen (ETUI), qui s’appuie sur des données de 2021. Le Danemark a le meilleur indice de qualité de l’emploi, avec 87,6 points. Viennent ensuite la Suède (82,3), les Pays-Bas (79,2) et le Luxembourg (73,5). La Grèce arrive dernière de ce classement (13,4). Enfin, la France se situe sous la moyenne européenne (48,9).

Pourquoi mesurer la qualité de l’emploi ?

Si le taux de chômage est un indicateur central qui préoccupe les décideurs publics, d’autres outils existent. Mesurer la qualité de l’emploi permet de brosser un tableau nuancé du marché du travail. En outre, l’ETUI souligne une corrélation positive existe entre la qualité de l’emploi et le taux d’emploi.

Le graphique ci-dessous présente une comparaison entre les niveaux de qualité globale de l’emploi et les taux d’emploi dans les pays de l’UE. Ainsi, “dans les pays où les emplois sont de meilleure qualité, la participation au marché du travail, mesurée par le taux d’emploi, est également plus élevée”, indique l’ETUI. A titre d’exemple, la Roumanie possède un indice de qualité de l’emploi de 34,2 et un taux d’emploi d’environ 62 %. Tandis que les Pays-Bas ont un indice de 79,2 points pour un taux d’emploi de 80 %. La qualité de l’emploi explique 40 % de la variation des taux d’emploi dans les 27 Etats membres, selon l’ETUI.

Six dimensions de la qualité de l’emploi

1. La qualité des revenus

Cet outil ne mesure pas les niveaux de salaire mais la prévisibilité et l’adéquation des revenus, c’est-à-dire la capacité des personnes interrogées à estimer le montant de leur revenu dans un avenir proche et leur capacité à subvenir à leurs besoins jusqu’à la fin du mois.

Cet indicateur est au plus haut en Allemagne, au Luxembourg et en Finlande. La Bulgarie, la Roumanie et la Grèce sont en bas du classement. L’ETUI précise tout de même que cet indicateur a tendance à reproduire le classement basé sur les niveaux de salaire, “ce qui suggère que les bas salaires tendent également à être moins prévisibles, créant ainsi un cercle vicieux de moyens de subsistance plus précaires dans plusieurs États membres à faible revenu”.

2. Les formes d’emploi et la sécurité de l’emploi

Ce volet concerne les différentes formes d’emploi et la sécurité de l’emploi. Autrement dit, sont étudiés les différents types d’emploi qui existent (CDI, CDD, microentreprise…) et la probabilité pour les travailleurs de les conserver.

Sur ce point, le Danemark, le Luxembourg et l’Allemagne obtiennent les meilleurs scores, tandis que l’Espagne, l’Italie et Chypre sont au bas du classement. C’est par ailleurs dans ces deux derniers pays que les écarts entre hommes et femmes sont les plus importants, les femmes étant plus souvent confrontées à des situations précaires que les hommes. 

3. Le temps de travail et l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée

L’UE s’est dotée en 2019 d’une directive sur l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Mais la législation n’a pas mis un terme à d’importantes disparités en la matière dans l’UE. La situation est généralement “moins bonne dans les pays du sud de l’Europe et dans la plupart des pays d’Europe centrale et orientale”, note l’ETUI. L’Espagne réalise cependant une bonne performance, qui pourrait en partie être liée aux politiques de réduction du temps de travail, mises en place ces dernières années.

4. Les conditions de travail

Contrairement à la plupart des autres dimensions de l’indice de qualité de l’emploi, on ne distingue pas ici de tendances régionales en Europe. Cette dimension s’appuie sur l’intensité du travail, l’autonomie du travail et les facteurs de risque physique. Ainsi, les Pays-Bas et l’Estonie se retrouvent en tête du classement, tandis que Chypre et la France ont les moins bonnes conditions de travail. L’ETUI relève, en regardant ces résultats plus en détail, que la faible position de la France s’explique en grande partie par une mauvaise qualité des environnements de travail (risques physiques), qui se sont fortement détérioré entre 2010 et 2021. En Finlande, c’est la forte intensité du travail qui en affecte les conditions de manière générale.

5. Le développement des compétences et des carrières

En moyenne, en 2021, moins d’un travailleur sur trois dans l’UE a participé à une formation au cours du mois précédent et/ou considère que son emploi lui offre de bonnes perspectives d’évolution de carrière. L’ETUI constate à nouveau des disparités régionales marquées, avec une bonne performance des pays nordiques et les moins bons résultats obtenus en Slovaquie et en Grèce.

6. La représentation et l’expression des intérêts collectifs

Cette dernière dimension peut contribuer à améliorer les autres facteurs. En effet, l’ETUI explique que les pays dotés de systèmes de représentation et d’expression collective plus développés permettent aux travailleurs d’avoir des revenus plus prévisibles et adéquats, un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et de plus grandes possibilités de formation continue, améliorant les perspectives de carrière. C’est le cas en Suède, qui possède un système de conventions collectives et un pourcentage de travailleurs syndiqués très élevé (65 % en 2019, selon l’OCDE). Le pays nordique se place en tête du classement depuis 2015 en ce qui concerne cette sixième dimension de la qualité de l’emploi, et possède un fort indice général de qualité de l’emploi (82,3 points).

Tableau : Indice de qualité de l’emploi en 2021 (total des six indicateurs)

PaysQualité de l’emploi en points d’indice (sur 100)
Allemagne69,4
Autriche72,8
Belgique63,6
Bulgarie33,4
Chypre36,7
Croatie43,4
Danemark87,6
Espagne37,7
Estonie63,6
Finlande70,6
France48,9
Grèce13,4
Hongrie51,3
Irlande53,1
Italie45,3
Lettonie51,7
Lituanie47,5
Luxembourg73,5
Malte57,1
Pays-Bas79,2
Pologne27,9
Portugal49,3
République tchèque39,9
Roumanie34,2
Slovaquie40,0
Slovénie62,7
Suède82,3
Union européenne51,6
Source : ETUI

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