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2022, année européenne de la jeunesse : quelles actions et ambitions ?

2022 est consacrée année européenne de la jeunesse. Durant douze mois, les institutions européennes entendent donner la parole à une génération qui a particulièrement souffert de la crise sanitaire, tout en lui offrant de meilleures perspectives d'emploi et d'enseignement.

Cette année européenne doit entre autre permettre à la jeune génération de donner son avis sur l'avenir de l'Europe
Cette année européenne doit entre autres permettre à la jeune génération de donner son avis sur l’avenir de l’Europe - Crédits : Parlement européen

En septembre 2021, Ursula von der Leyen s’adresse aux eurodéputés pour le désormais traditionnel discours sur l’état de l’Union. Un rendez-vous annuel qui permet à la présidente de la Commission européenne de présenter ses nouveaux projets. Parmi les annonces faites ce jour-là, celle de “faire de 2022 l’année de la jeunesse européenne. Une année consacrée à valoriser les jeunes qui ont tant consacré aux autres”.

L’idée fait consensus au sein des institutions européennes et la volonté de l’exécutif européen est entérinée par une décision du Parlement européen et du Conseil le 22 décembre dernier. Si l’Union européenne s’est déjà penchée spécifiquement sur les politiques liées aux jeunes auparavant, notamment avec l’adoption d’une “stratégie de l’UE en faveur de la jeunesse” en 2018, la pandémie de Covid-19 a sérieusement rebattu les cartes.

L’engagement des jeunes au niveau européen et en particulier sur les questions environnementales” est au cœur d’une réunion informelle des ministres européens en charge de l’éducation et de la jeunesse les 26 et 27 janvier à Strasbourg, dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’UE (PFUE).

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, et Sarah El Haïry, secrétaire d’État à la Jeunesse et à l’Engagement, présideront cette réunion ministérielle des Vingt-Sept, au cours de laquelle seront reçus de jeunes délégués européens désignés par les États membres.

Ces derniers se réunissent, également à Strasbourg, du 24 au 26 janvier dans le cadre de la “Conférence européenne de la jeunesse”, qui est l’occasion “de recueillir les attentes des jeunes Européens sous forme de recommandations, mais aussi de valoriser les bonnes pratiques et d’offrir un espace de dialogue entre jeunes et décideurs politiques”, précise le site de la PFUE.

Quel est le programme de cette année européenne ?

Tout au long de l’année 2022, la Commission européenne veillera à coordonner l’organisation d’évènements sur l’ensemble du territoire européen. Conférences, débats et campagnes d’information seront ainsi organisés par des coordinateurs nationaux dans chaque Etat membre, avec l’appui des organisations de la société civile, des autorités régionales et locales, et sous la supervision du Parlement européen. 

Les différentes initiatives seront au fur et à mesure répertoriées sur le portail européen de la jeunesse.

Pour mener à bien ce programme, l’année européenne de la jeunesse bénéficie d’un soutien de 8 millions d’euros au titre du programme Erasmus+ et du corps européen de solidarité. Des fonds supplémentaires seront mobilisés tout au long de l’année par l’intermédiaire des autres programmes de l’Union. Les eurodéputés ont par ailleurs veillé à rendre des fonds disponibles après 2022, afin de poursuivre la dynamique de cette année européenne de la jeunesse.

Pour aider notamment les organisateurs à identifier les problématiques à aborder durant leurs événements en 2022, la Commission européenne a mené une enquête entre octobre et novembre 2021. Parmi les réponses apportées par les quelque 4 700 participants, quatre thèmes principaux ont émergé : 

  • L’éducation et l’apprentissage (cité par 63,6 % des sondés) ;
  • Le changement climatique (59,8 %) ;
  • La santé et la santé mentale (56,1 %) ;
  • La lutte contre les discriminations (48,1 %).

Quelles actions législatives vont être portées durant l’année 2022 ?

Au-delà des événements organisés pendant l’année 2022, les institutions européennes entendent poursuivre les travaux menés en direction de la jeunesse, et faire aboutir de nouvelles initiatives.

Instauré en 1987, Erasmus+ est devenu le programme phare de l’Union européenne en faveur de la mobilité, en ayant offert l’opportunité à 12 millions d’Européens – dont une grande majorité de jeunes – de partir à l’étranger depuis 35 ans. Pour la période 2021-2027, son budget a d’ailleurs connu un sérieux coup de boost (+80 %), avec une enveloppe de 28 milliards d’euros. L’objectif affiché par la Commission européenne est d’atteindre 10 millions de participants sur cette période.

Cette augmentation permettra notamment de lutter contre une idée reçue selon laquelle le programme n’est réservé qu’aux étudiants de l’enseignement supérieur. Élèves, apprentis, enseignants et formateurs, demandeurs d’emplois, volontaires ou encore professionnels des associations pourront ainsi davantage profiter des actions proposées par Erasmus+.

Autre programme de l’UE destiné aux jeunes âgés de 18 à 30 ans, le corps européen de solidarité, lancé en 2016, apporte une aide financière aux jeunes souhaitant s’engager pour un volontariat, un stage, un emploi ou un projet de groupe dans des organismes porteurs d’initiatives solidaires. Après une phase d’expérimentation, le programme est devenu pérenne et bénéficie d’un budget à part entière (115 millions d’euros pour 2022). Le 9 décembre 2021, durant la présentation des priorités de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE), Emmanuel Macron a formulé le souhait d’élargir un tel dispositif et de mettre en place un service civique européen destiné aux moins de 25 ans.

En septembre 2021, la principale annonce formulée par Ursula von der Leyen lors de son discours sur l’état de l’Union est la mise en place d’un nouveau dispositif destiné tout particulièrement aux jeunes qui ne travaillent pas et ne suivent ni études ni formation (NEET en anglais, Not in Education, Employment or Training). Baptisé ALMA (Aim, Learn, Master, Achieve — Orientation, Apprentissage, Maîtrise, Réussite en français), ce dispositif proposera aux participants “un séjour supervisé de deux à six mois dans un autre pays de l’UE” ainsi qu’un “cycle de projet complet proposant un accompagnement et des conseils à chaque étape”, précise le site de la Commission européenne. ALMA, qui sera mis en œuvre dans le cadre du Fonds social européen Plus (FSE+) par les États membres, doit apporter une réponse complémentaire à Erasmus+ ou le Corps européen de solidarité en offrant un soutien actif à des publics défavorisés et jusqu’ici tenus éloignés des opportunités de mobilité en Europe.

Pourquoi une année européenne de la jeunesse ?

Alors qu’elles sont moins susceptibles de développer des formes graves du Covid-19 que leurs aînés, les personnes de moins de 30 ans paient tout de même un lourd tribut. Deux ans après le début de la pandémie en Europe, la liste des conséquences néfastes ne cessent de s’allonger pour les jeunes.

Selon l’Insee, ils sont plus durement touchés par les effets économiques de la crise sanitaire. Le taux d’emploi des 18-24 ans en France a ainsi chuté de 1,7 point entre 2019 et 2020, celui des 25-29 ans de 1,3 point. Sur la même période, le taux d’emploi des 30-64 ans est quant à lui resté stable. Si la situation de l’emploi s’est améliorée au cours de l’année 2021, la part des jeunes sans emploi ni formation demeure plus élevée qu’avant la crise. Conséquence directe, ces personnes se retrouvent plus facilement frappées par la précarité.  “Avec la crise, les demandes d’aide alimentaire ont augmenté, en particulier dans les familles avec enfants et chez les jeunes de moins de 25 ans”, explique ainsi le Secours Populaire dans un rapport paru en décembre dernier.

Une dégradation des conditions matérielles qui n’est pas sans effet sur la santé mentale des jeunes adultes. Toujours selon l’Insee, “la prévalence des syndromes dépressifs a fortement augmenté [en 2020] chez les 18-29 ans, tandis qu’elle est restée stable aux âges plus élevés”. Elle double même chez les 18-24 ans, passant de 10 % en 2019 à 22 % en mai 2020.

Nous sommes en présence […] d’une génération qui a tellement sacrifié pour préserver la sécurité des autres”, déclarait Ursula von der Leyen en septembre dernier. Consciente des ravages de la pandémie sur leur moral, cette dernière affirmait que “les jeunes [devaient] pouvoir façonner l’avenir de l’Europe”. Pour la Commission européenne, l’année européenne de la jeunesse se veut donc un début de réponse à ces problématiques.

D’ici à la fin de l’année 2023, l’exécutif européen présentera un rapport sur la mise en œuvre, les résultats et l’évaluation globale des initiatives engagées. L’objectif est d’assurer un héritage de cette année dédiée à la jeunesse.

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