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La Commission européenne dévoile de premières mesures pour calmer la colère des agriculteurs

La gronde agricole s’invite au Conseil européen qui s’ouvre ce jeudi 1er février, et ce malgré les mesures dévoilées hier par la Commission européenne pour rassurer les agriculteurs. En amont, Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen se sont entretenus dans la matinée.

Plusieurs centaines d'agriculteurs venus de toute l'Europe se sont donné rendez-vous à Bruxelles pour une manifestation en marge du Conseil européen - Crédits : oliver de la haye / iStock
Plusieurs centaines d’agriculteurs venus de toute l’Europe se sont donné rendez-vous à Bruxelles pour une manifestation en marge du Conseil européen (image d’illustration) - Crédits : oliver de la haye/iStock

Officiellement, le sommet européen extraordinaire qui se tient jeudi 1er février à Bruxelles (Belgique) est consacré à l’Ukraine. Mais les dirigeants aborderont aussi une autre crise qui secoue les Vingt-Sept : celle du monde agricole”, explique France info. En marge de la réunion du Conseil européen entre les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, des “centaines de tracteurs sont attendus jeudi à Bruxelles pour une manifestation d’agriculteurs venus de plusieurs pays dans le quartier européen”, précise 20 Minutes.

Sur la place du Luxembourg qui fait face au bâtiment bruxellois du Parlement européen, “au moins un demi-millier de manifestants” sont attendus, “dont des délégations d’agriculteurs français, italiens, espagnols et portugais”, poursuit le média en ligne. Objectif : maintenir la pression sur Bruxelles, bien que la Commission européenne ait proposé ce mercredi 31 janvier un paquet de mesure visant à donner “des gages aux agriculteurs qui manifestent à travers l’Europe” [Le Parisien].

Dérogation partielle pour les jachères

Face à la grogne des agriculteurs désormais bien installée dans plusieurs pays européens et qui continue à s’étendre aux autres Etats membres, “la Commission [européenne] a dévoilé, mercredi 31 janvier, deux grandes mesures, pour soulager le monde paysan confronté à la mise en place difficile de la nouvelle PAC 2023-2027 qui entre dans sa deuxième année d’application”, indique Le Point.

La première est “la dispense de mise en jachère prolongée d’un an […], l’une des grandes demandes du monde paysan”, poursuit l’hebdomadaire. “Pour toucher les aides de la politique agricole commune (PAC), les exploitations agricoles supérieures à 10 hectares doivent consacrer 4 % de leurs terres arables à ces pratiques environnementales vertueuses. Cette mise au repos d’une partie des champs vise à éviter l’épuisement des sols, y implanter des haies, des bosquets ou des mares pour restaurer la biodiversité qui se développe dans ces écosystèmes”, détaille France info.

Pour augmenter la production des Etats membres dans le contexte ukrainien, l’UE a déjà octroyé une dérogation en 2022 et 2023″, rappelle Euractiv. Problème : “le règlement de la PAC limite les dérogations à deux années consécutives”, ajoute le média européen. C’est pour cela que Bruxelles propose pour l’année 2024 une “dérogation partielle”. “Les agriculteurs pourront bien bénéficier des aides de la PAC même s’ils n’ont pas 4 % de jachères, à condition toutefois qu’ils atteignent 7 % de cultures intermédiaires ou fixatrices d’azote (lentilles, pois…) sans usage de produits phytosanitaires”, précise France info.

Des mesures de sauvegarde face aux produits ukrainiens

Le second ensemble de mesures proposées porte sur “les produits importés depuis des pays hors-UE, qui sont régulièrement dénoncés comme une concurrence déloyale car ils ne sont pas soumis aux mêmes exigences sanitaires ou environnementales”, indique France info. Cela concerne en particulier les produits ukrainiens. “Depuis l’exemption de droits de douane accordée au printemps 2022 par l’UE, l’afflux de produits agricoles ukrainiens – céréales, œufs, poulets, sucre… – provoque la colère des agriculteurs. Ces derniers les accusent de plomber les prix sur les marchés locaux et d’entretenir une concurrence ‘déloyale’ en s’abstenant de certaines normes européennes”, explique Le Parisien.

La Commission européenne a proposé de renouveler pour une année supplémentaire, entre juin 2024 et juin 2025, cette exemption de droits de douane accordée à l’Ukraine, toujours minée par son conflit avec la Russie. Mais en l’assortissant de ‘mesures de sauvegarde’ renforcées pour limiter l’impact sur les marchés et les répercussions pour les agriculteurs de l’UE, selon le texte qui sera désormais soumis aux Etats membres et eurodéputés”, poursuit le quotidien français. 

Des mesures correctives rapides” pourront aussi être adoptées en cas de “perturbations importantes” sur le marché, même si elles ne concernent qu’un ou plusieurs pays, détaille le communiqué de la Commission [France info]. “Pour les produits ‘sensibles’ (volaille, œufs et sucre), un ‘frein d’urgence’ est prévu pour ‘stabiliser’ les importations aux volumes moyens importés en 2022 et 2023, niveaux au-delà desquels des droits de douane seraient réimposés. Un arsenal de restrictions qui resteront supervisées par Bruxelles”, ajoute le site d’informations. L’Express rappelle que ces mesures devront être soumises “aux Etats et eurodéputés” pour approbation et qu’elles ne seront donc pas effectives dans l’immédiat.

Rencontre Macron-von der Leyen

Malgré les mesures dévoilées par la Commission européenne, la colère agricole s’invite tout de même en marge du Conseil européen qui a débuté ce jeudi à Bruxelles. Ce matin, le président français s’est entretenu avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au sujet du “futur de l’agriculture européenne”, explique Le Monde. “Les aides dégagées mercredi par le gouvernement français comme les concessions de la Commission européenne n’ont pas semblé trouver grâce aux yeux de la profession, également mobilisée en Italie, Espagne et Allemagne”, analyse L’Express.

Pour la presse européenne, un autre dossier a sans nul doute été mis sur la table lors de cet entretien : l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. “Ces derniers jours, Paris a accentué la pression à propos de cet accord en négociation entre la Commission et quatre pays latino-américains. Le week-end dernier, Emmanuel Macron a échangé par SMS avec Ursula von der Leyen. Dans la foulée, son entourage a assuré que les négociations étaient interrompues”, indique Le Figaro. “Faux, a rapidement rétorqué Bruxelles : les discussions continuent, même si les conditions ‘ne sont pas réunies’ pour un accord, a précisé mardi un porte-parole”, poursuit le quotidien français.

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