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Vienne "la rouge": la forteresse du SPÖ subit la percée de l'extrême-droite

Actualité 11.10.2010

Les sociaux-démocrates du SPÖ et le maire sortant de Vienne, Michael Häupl, sont toujours en tête après les élections municipales du dimanche 10 octobre 2010. Cependant, ils perdent la majorité absolue et voient s'affirmer comme principale force d'opposition l'extrême-droite qui double son score.

Le SPÖ dirige la ville de Vienne depuis 1919 (en dehors de la période de la Seconde Guerre Mondiale). Ce sera encore le cas après cette élection mais avec une perte de 5 points par rapport à 2005 (44% contre 49%), les sociaux-démocrates vont devoir former une coalition.

Pour cela, Michael Häupl, maire de Vienne depuis 1994, devra s'allier soit avec les démocrates-chrétiens de l'ÖVP (comme c'est actuellement le cas au niveau fédéral), soit avec les Verts.

Une forte percée de l'extrême-droite


L'extrême-droite du FPÖ d'Heinz-Christian Strache a presque doublé son score de 2005 en passant de 14,83% à 27%. Elle gagne ainsi 12 points. C'est la deuxième fois qu'elle dépasse les 25% dans une élection, après les 27,9% de Jörg Haider en 1996 pour les législatives.

Heinz-Christian Strache a mené une campagne clairement xénophobe en visant directement la population musulmane. Cela lui a assuré une partie des voix des quartiers populaires de Vienne, notamment dans les cités de logements sociaux traditionnellement acquis aux SPÖ.

A propos d'une possible coalition avec le SPÖ pour diriger la ville, Heinz-Christian Strache a déclaré qu'il serait "indécent d'exclure pour des raisons idéologiques plus du quart des votants", alors que "les deux partis au pouvoir ont été sanctionnés par les électeurs". Le maire sortant de Vienne a clairement repoussé cette hypothèse.

Des partis traditionnels en perte de vitesse


Pour le SPÖ, la baisse électorale dans tous les scrutins depuis 2005 continue. Le chef du gouvernement, Werner Faymann (SPÖ), a estimé que "les difficultés liées à l'intégration" des immigrés sont à l'origine du mauvais résultat de son parti.

Alors que les sondages étaient de plus en plus faibles pour le candidat du SPÖ, celui-ci a du faire des annonces de la dernière minute pour séduire l'électorat jeune. Ainsi Michael Häupl a promis en fin de campagne vouloir se battre pour l’abolition du service militaire obligatoire.

Pour le ÖVP (centre-droit), le recul est encore plus fort. Le "Parti du peuple" a perdu plus de cinq point. Il n'a recueilli que 13,2% des voix contre 18,8% en 2005. Le parti passera donc de 18 à 13 sièges au parlement de la ville.

Même si la bataille électorale de Vienne est souvent difficile pour ce parti, ce résultat montre à quel point il a du mal à exister face à un FPÖ aux méthodes de campagne très agressives.

Le "Parti de la Liberté" a ainsi envoyé à tous les électeurs une bande dessinée consacrée à la bataille de Vienne de 1683. Cette date à laquelle les Turcs abandonnent le siège de la capitale marque en effet le début de leur déclin sur le continent européen. Des méthodes de communication originales sur une thématique qui prône toujours l'exclusion.