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[Vidéo] Quelle réaction de l’Europe après le scandale Volkswagen ? Avec Karima Delli

Vidéo 06.10.2016

Il y a un an, éclatait le scandale Volkswagen. L'un des plus grands constructeurs allemands était reconnu coupable d'avoir installé un logiciel destiné à truquer les mesures de pollution lors des tests d'homologation.

Rencontrée à l'occasion de la session plénière du Parlement européen (3-6 octobre), Karima Delli, eurodéputée écologiste, candidate à la primaire des Verts pour l'élection présidentielle et vice-présidente de la commission chargée d'enquêter sur ce qui est également appelé le Dieselgate, répond aux questions de Touteleurope.eu.

Quel impact pour la commission d’enquête du Parlement européen dédiée au Dieselgate ?

"Les Etats membres n'ont encore rien fait" pour tirer les leçons du scandale Volkswagen, tonne Karima Delli. Alors que, nous apprend l'ONG Transport & Environment, près de 30 millions de véhicules roulent actuellement sur les routes européennes sans respecter les normes antipollution.

Satisfaite de la mise en place d'une commission d'enquête au Parlement européenne, Karima Delli se félicite des auditions d'experts, de représentants des constructeurs, ou encore de lanceurs d'alerte déjà menées. Ces derniers ont "unanimes", déclare-t-elle : "Volkswagen est l'arbre qui cache la forêt".


La France, coupable de complaisance à l’égard de Renault ?

Présente dans l'hémicycle du Parlement européen mardi, pour la ratification de l'accord de Paris sur le climat, Ségolène Royal a été convoquée par la commission d'enquête sur le Dieselgate pour témoigner.

Pour Karima Delli, virulente à l'égard de la ministre de l'Environnement, Mme Royal doit cesser "d'être la ministre de la communication". Selon l'eurodéputée écologiste, le gouvernement est en effet susceptible d'être davantage préoccupé par "défendre les intérêts privés de Renault" – dont l'Etat français est actionnaire à hauteur de 20% – que par la réduction de la pollution de l'air.


Comment changer les pratiques ?

Citant l'exemple de Peugeot, qui collabore avec l'ONG Transport & Environment, "il y a des constructeurs qui essaient d'arriver" à respecter les normes européennes antipollution, explique Karima Delli. Les technologies permettant de le faire existent depuis dix ans, rappelle-t-elle.

En outre, se doter d'une agence européenne indépendante de contrôle des émissions est une nécessité, poursuit la candidate à la primaire des Verts pour l'élection présidentielle. "Il faut rompre les liens incestueux entre l'industrie automobile et les Etats : la mascarade a trop duré".


Une ancienne commissaire européenne au Climat, intégrée au "Conseil international de la durabilité" de… Volkswagen

Après le recrutement de José Manuel Barroso, ancien président de la Commission européenne, par Goldman Sachs et les révélations concernant son ancienne commissaire à la Concurrence Neelie Kroes et son implication dans les Bahamas Leaks, l'annonce de l'intégration de Connie Hedegaard, ancienne commissaire du Climat – toujours de M. Barroso – chez Volkswagen offre, selon Karima Delli, un nouveau mauvais symbole de l'Europe.

"Si c'est pour réorienter Volkswagen (…), cela peut avoir un intérêt, mais sur le principe, je ne trouve pas ça très éthique", a-t-elle déclaré.