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Vers un observatoire sur l'enseignement de l'histoire en Europe

Actualité 10.12.2019 Baptiste Roman

A l'initiative de la France, le projet vise à améliorer l'enseignement de l'histoire sur l'ensemble du continent.

L'ancien eurodéputé Alain Lamassoure est l'un des initiateurs du projet. Le 26 novembre 2019, il était présent à Paris pour appuyer les négociations entre 47 ministres européens de l'Education - Crédits : Baptiste Roman / Toute l'Europe

L'ancien eurodéputé Alain Lamassoure est l'un des initiateurs du projet. Le 26 novembre 2019, il était présent à Paris pour appuyer les négociations entre 47 ministres européens de l'Education - Crédits : Baptiste Roman / Toute l'Europe

Mardi 26 novembre, 47 ministres de l'Education se sont réunis à Paris. Leur objectif : travailler à la création d'un observatoire dont le but serait d'analyser l'enseignement de l'histoire sur le continent. Et ainsi, de dégager des pistes communes d'amélioration. C'est lors de sa présidence du Conseil de l'Europe, qui s'est achevée en novembre, que la France a lancé le projet.

Créé en 1949, le Conseil de l'Europe regroupe aujourd'hui 47 Etats. Organisation distincte de l'Union européenne, elle a pour but de promouvoir les droits de l'Homme, la démocratie et l'Etat de droit.

Autant d'histoires que de pays

"Un état des lieux inquiétant" : lors de la présentation de ses travaux à la presse ce jour-là, Alain Lamassoure ne mâche pas ses mots. Missionné en janvier 2019 par le gouvernement français pour créer un observatoire sur l'enseignement de l'histoire en Europe, l'ancien député européen déplore les nombreuses différences d'un pays à l'autre en la matière.

La discipline est par exemple facultative dans plusieurs d'entre eux. Aux Pays-Bas, elle n'est choisie que par un tiers des candidats à l'examen de fin de secondaire, équivalent du bac français. Autre sujet de préoccupation, le contenu des cours proposés aux enfants. "L'histoire qu'ils apprennent inciterait parfois plutôt à exacerber les tensions", relève Amélie de Montchalin, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes. Et M. Lamassoure de citer le cas d'une loi votée en 2018 au Parlement polonais "qui interdit d’attribuer des crimes nazis à la nation ou à l’Etat polonais… au mépris de la réalité". Eviter que les nouvelles générations ne deviennent "pour moitié nationaliste et pour moitié amnésique", telle est ainsi la mission qui guide l'ancien eurodéputé.

La réconciliation des peuples

Un observatoire européen permettrait de comparer les méthodes et les programmes en vigueur dans les Etats membres. Il rendrait ainsi régulièrement des rapports, puis des recommandations, afin que les pays s'entendent sur un socle commun d’enseignement. "On peut espérer que chacun s'inspirera de ce qui fonctionne le mieux chez les autres", poursuit l'ancien eurodéputé.

Autre piste de réflexion : favoriser l'enseignement sur l'Europe elle-même et "la réconciliation de nos peuples" à travers l'histoire. "L'idée n'est pas d'écrire une histoire européenne", prévient Amélie de Montchalin. "Mais de nous assurer que nous connaissons bien l'histoire de nos voisins". Et de conclure : "Enseigner l'histoire c'est, au fond, créer les conditions d'une paix durable".

Le projet a reçu le soutien formel de 22 autres pays, auxquels pourraient s'en ajouter quelques-uns comme les Pays-Bas.

Parmi les signataires figurent l'Espagne, l'Irlande et l'Italie, mais aussi la Russie et la Turquie. Ceux-ci travaillent désormais à l'élaboration des statuts, pour un lancement du futur observatoire en novembre 2020. Un conseil scientifique pourrait être mis sur pieds. Une fois les premières observations publiées, l'un des objectifs serait d'organiser une rencontre académique avec des historiens.

En Europe, une vision partagée de l'Histoire pour avancer ?