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VENOMICS, un exemple de projet de recherche et d'innovation en Europe

Actualité 29.09.2017

Le programme Horizon 2020 soutient la recherche et l'innovation en Europe grâce à un budget de 80 milliards d'euros pour la période 2014 - 2020. Parmi les projets financés, VENOMICS, une ambitieuse étude visant à transformer le venin de serpent en remèdes médicaux.

Recherche et innovation en Europe

Le programme Horizon 2020 soutient la recherche et l'innovation en Europe grâce à un budget de 80 milliards d'euros pour la période 2014 - 2020. A elle-seule, la France a déjà obtenu plus de 10% des financements de recherche attribués via ce programme. Parmi les 3242 projets à participation française financés, le projet VENOMICS, dédié à la recherche fondamentale sur les venins et leurs potentielles propriétés médicales.

Le programme Horizon 2020

Détails du projet VENOMICS

•    Pays participants : France (coordinateur), Espagne, Portugal, Danemark, Belgique
•    Coût total : ~ 9 millions €
•    Contribution de l’UE : ~ 6 millions €
•    Durée : Novembre 2011 - Octobre 2015

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Les animaux très venimeux tels que les serpents sont souvent craints et exterminés. Pourtant, si leur venin peut nous tuer, il permet aussi de soigner le diabète, certaines maladies cardiovasculaires, les allergies ou encore l'obésité. C'est dans une ferme inhabituelle au sud de la Belgique que des chercheurs élèvent 200 espèces extrêmement venimeuses afin d'étudier les propriétés médicales de leur venin.

Rudy Fourmy dirige une entreprise du nom d’ALPHA Biotoxine. "Actuellement, nous utilisons la recherche fondamentale pour identifier les substances dans ces venins et découvrir des propriétés toxiques que nous pourrions transformer en un remède potentiel", dit-il. "Ce venin vient d’une  dangereuse vipère d’Amérique du Sud. C’est un venin très actif et dangereux ; un cocktail chimique complexe. Nous voulons identifier lesquels de ses composants ont un bon potentiel pour se développer en de nouveaux médicaments", dit Loïc Quinton, biologiste chimiste à l’Université de Liège.

Les scientifiques du projet européen ont utilisé des spectrométries de masse et d’autres techniques complexes pour identifier les toxines de 203 espèces venimeuses. Une fois identifiées, ces toxines sont alors produites par des processus biologiques et synthétiques très complexes puis testées par projection contre des cibles moléculaires sélectionnées. Les résultats étant prometteurs, les chercheurs affirment que les médicaments contre certaines maladies basés sur des venins ne relèvent désormais plus de la science-fiction.

"Nous avons choisi de nous concentrer sur les maladies comme le diabète ou l’obésité. Dans ces deux domaines, il y a encore grand besoin de développer de nouveaux traitements", explique Nicolas Gilles, coordinateur du projet VENOMICS au CEA Saclay et pharmacologiste. "Le processus de découverte et de caractérisation prend environ 2-3 ans. Ensuite, il faut 10 à 15 ans pour développer, tester et certifier les nouveaux médicaments, avant leur éventuelle commercialisation".

En plus des bénéfices pour la santé, les chercheurs espèrent que leur  travail mènera à un changement de comportements envers les serpents. "La plupart de ces animaux sont en voie de disparition, ils sont les victimes de chasses illégales et leurs écosystèmes naturels sont détruits. Si nous pouvons démontrer que ces animaux peuvent aussi nous être utiles, peut-être prendrons nous mieux soin d’eux, afin qu’ils puissent à terme nous aider à améliorer la santé dans le futur", conclut Rudy Fourmy.

Le projet en vidéo