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Une première gaffe internationale pour Mario Monti ?

Actualité 06.08.2012

Dans un entretien publié le 5 août par le quotidien Der Spiegel, le président du Conseil italien a déclaré être "inquiet" au sujet de la germanophobie de plus en plus répandue dans son pays. Il a ainsi appelé Berlin à être plus "flexible" pour ne pas encourager les critiques de ses opposants. Enfin, il a souhaité que les parlements nationaux ne brident pas la liberté de négociation des gouvernements. Un événement qui a suscité de vives réactions en Allemagne et à Bruxelles.

L'Allemagne, mise en garde



La "une" du quotidien italien Libero le lendemain de la victoire de l'Italie contre l'Allemagne à l'EURO 2012.

Ce n'est pas la première fois que la presse européenne parle de "germanophobie" depuis le début de la crise économique. Alors qu'il y a quelque mois ce sentiment anti-allemand préoccupait les leaders français, c'est aujourd'hui au tour de l'Italie de s'y confronter.


En effet, depuis quelques mois la presse italienne, notamment conservatrice, a fait d'Angela Merkel la cible de ses attaques. Le lendemain de la demi-finale de l'Euro 2012, quand la sélection italienne a gagné 2-1 contre l'équipe allemande, le journal Il Giornale s'est adressé à Mme Merkel avec le titre "Ciao ciao gros cul". Libero, un autre quotidien de droite, avait titré "Vaffanmerkel". Plus récemment, Il Giornale, cinquième quotidien italien, s'est adressé à l'Allemagne en parlant du "quatrième Reich".

Mario Monti s'est donc dit inquiet au sujet de la progression du sentiment anti-allemand en Italie et dans toute l’Europe. En outre, il a évoqué une "rupture psychologique" au sein de l’Europe, "sous-entendu entre le Nord et le Sud du continent", commente le quotidien français La Tribune. Selon le président du Conseil italien, la réticence de Berlin à mettre en place les décisions du Conseil européen de fin juin ne feraient qu'alimenter ces critiques.

Les parlements nationaux "brident" les gouvernements

"Si les gouvernements devaient se laisser complètement brider par les décisions de leurs parlements sans préserver leur marge de négociation, l'Europe risque davantage d'éclater que de renforcer son intégration", a déclaré Mario Monti aux journalistes de Der Spiegel. Le président du Conseil italien visait notamment le Bundestag et la Cour constitutionnelle allemande qui pourraient retarder, voire empêcher, la mise en place du Mécanisme européen de Stabilité.

Les déclarations de Mario Monti ont suscité de dures réactions à Berlin, rapporte le quotidien italien La Repubblica. Pour le secrétaire général de la CSU (parti conservateur), Alexander Dobrindt, les propos de M. Monti constituent "une attaque à la démocratie". Le porte-parole du gouvernement allemand, Georg Streiter, a affirmé aujourd'hui que "les décisions des gouvernements doivent avoir une légitimité démocratique" [Le Nouvel Observateur].

Enfin, le quotidien italien Il Fatto quotidiano rapporte également les déclarations du porte-parole de la Commission européenne, Olivier Bailly : "nous respectons pleinement les compétences des parlements nationaux".