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Ukraine : l'Union européenne propose son aide, mais pas sans conditions

Actualité 26.02.2013

Lundi 25 février se tenait à Bruxelles le 16e Sommet UE-Ukraine, en présence du président ukrainien Viktor Yanukovych, du président du Conseil européen Herman Van Rompuy et du président de la Commission européenne José Manuel Barroso. Des échanges "très constructifs" selon M. Van Rompuy qui ont permis d'esquisser les contours d'un accord d'association entre l'Union et le pays, qui pourrait être signé avant le sommet du Partenariat oriental de novembre 2013, mais aussi d'une aide financière européenne, le tout sous conditions.

L'Ukraine se rapproche de l'Union européenne ...

L'accord d'association devrait bel et bien être signé entre l'Union européenne et l'Ukraine d'ici novembre 2013, date envisagée du prochain sommet du partenariat oriental qui aura lieu à Vilnius. C'est ce qui ressort des conclusions du 16e Sommet organisé lundi dernier à Bruxelles.

Le Partenariat oriental est un forum multinational formé par les Etats membres de l'UE et six Etats d'Europe orientale et du Caucase du Sud: l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie, la République de Moldavie et l'Ukraine. Sans prévoir de perspectives d'adhésion, ce projet qui suppose un rapprochement politique et économique a été officiellement lancé le 7 mai 2009 à Prague, lors d'un sommet européen.

Cet accord, document crucial en vue d'une possible adhésion à l'Union comme l'a souligné Herman Van Rompuy, prévoit, entre autres, la création d'une zone de libre-échange et un assouplissement du régime des visas. La signature de cet accord rapprocherait un peu plus l'Ukraine de l'Union. Certains pays, comme la Pologne, sont très favorables à son entrée alors que d'autres, comme l'Allemagne, doutent fort de la capacité du pays a remplir les conditions exigées.

Il faut dire que l'Ukraine doit aujourd'hui trancher et choisir de se tourner vers l'Ouest, ou vers l'Est. Elle subit en effet la pression de Moscou qui souhaite la voir intégrer son union douanière avec le Bélarus et le Kazakhstan. Ancienne république soviétique, l'Ukraine avait pris une orientation pro-occidentale lors de la Révolution orange de 2004.

Selon plusieurs médias britanniques, l'Union européenne se serait également engagée à soutenir économiquement l'Ukraine, à hauteur de 610 millions d'euros d'aide macro-financière, dont on ignore encore la forme définitive. L'Union exigerait cependant que l'Ukraine réponde aux conditions du Fonds monétaire international (FMI) pour obtenir cette aide. Une condition qui vient s'ajouter à celles exigées dans le cadre de l'accord d'association, et que l'Ukraine va devoir satisfaire rapidement.

... mais doit d'abord faire ses preuves

Le délai accordé par l'Union européenne à l'Ukraine est en effet court : d'ici mai, elle devra faire preuve de progrès concrets dans le respect de l'État de droit pour espérer signer cet accord, qui comprend un ambitieux volet commercial, avant la fin de l'année. Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a déclaré au président Viktor Ianoukovitch que "le temps est limité pour que Kiev puisse convaincre les 27 des progrès réalisés". "Quelques pas ont été faits, mais nous attendons des progrès plus importants et plus concrets. De tels progrès sont réalistes et réalisables, mais le temps presse", a-t-il ajouté.

Parmi les progrès visés, sont en particulier attendues des mesures concrètes pour remédier aux problèmes de "justice sélective". Une façon d'évoquer sans le citer le cas de l'ex-Première ministre Ioulia Timochenko, condamnée en 2011 à sept ans de prison pour abus de pouvoir, et dont la condamnation a jeté un froid entre Bruxelles et Kiev.

La capitale ukrainienne a d'ailleurs été le théâtre de manifestations lundi, plusieurs milliers d'Ukrainiens ayant saisi l'occasion du sommet pour manifester leur soutien à l'ex-Première ministre emprisonnée.

L'autre sujet sensible, bien que non visé par les conclusions de la rencontre, est celui du gaz russe. Le commissaire européen à l'Energie Günther Oettinger a rencontré la semaine dernière le ministre ukrainien chargé de l'Energie Eduard Stavitsky pour envisager une coopération plus approfondie dans le domaine. En jeu notamment, l'utilisation des infrastructures gazières qui pourraient être utilisées par les entreprises européennes. Or, sur ce dossier également la Russie fait jouer la concurrence en proposant à l'Ukraine des prix extrêmement bas pour la fourniture de gaz russe dont le pays, et une partie de l'Europe de l'Est, est fortement dépendante.

M. Stavitsky a évoqué sur ce sujet des négociations qui, si elles aboutissaient, pourraient conduire l'Ukraine à ne plus importer son gaz de Russie, mais exclusivement de l'Union européenne. Sur ce point également, le pays va devoir, rapidement, décider si son coeur balance vers l'Est, ou vers l'Ouest.

 

En savoir plus

Press remarks by Herman Van Rompuy following the EU-Ukraine summit (pdf) - 25/02/13 - Conseil européen

La Politique européenne de voisinage - Touteleurope.eu