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Tübingen, capitale allemande du cinéma francophone pendant une semaine

Actualité 30.10.2012

Le Festival du Film francophone se déroulera du 31 octobre au 7 novembre à Tübingen, en Allemagne. Pendant une semaine, les spectateurs pourront découvrir de nombreux films sélectionnés avec soin pour faire connaître au public allemand la toile francophone. Destiné au grand public, ce festival a pour vocation de jeter des ponts culturels non seulement vers la France, mais également vers l’ensemble des pays francophones, comme le Canada, la Belgique, la Suisse et les pays d’Afrique. Il s’inscrit tout naturellement dans le contexte des célébrations du 50ème anniversaire du traité de l’Elysée. L’occasion pour Toute l’Europe de s’entretenir avec son directeur, Christopher Buchholz, un Européen convaincu.

Des films et un invité d’honneur pour fêter l’amitié franco-allemande  

Depuis sa création en 1984, le festival international du film de Tübingen-Stuttgart propose chaque année une centaine de films diffusés dans plus de neuf salles de cette région du Bade-Wurtemberg. Ce festival compétitif présente aussi bien des long que des court métrages (à la fois fictions et documentaires).

Cette année, pour la 29ème édition, quatre films illustrent l’amitié franco-allemande alors que Paris et Berlin célèbrent les 50 ans du traité de l’Elysée. Pour le directeur du festival, Christopher Buchholz, lui-même acteur dans l’un des films, cette sélection s’est faite tout "naturellement" ; il s’agit essentiellement de films "de co-productions ou bien de films où il y a un échange particulier entre les deux pays".

Voici la sélection commentée par le directeur du festival :

La mer à l’aube - France, Allemagne - 2011, de Volker Schlöndorff

Invité d'honneur du festival, ce réalisateur allemand est "une très belle rencontre". "Il représente, plus que tout le monde, un pont entre la France et l’Allemagne (...). Après la guerre, il a été à l’université en Bretagne et fût l’assistant de réalisateurs français", explique Christopher Buchholz qui joue également dans ce film. L'histoire "montre les Français pendant la deuxième guerre mondiale sous un autre jour".

La terre outragée - France, Allemagne, Pologne - 2011, de Michale Boganim. "Un film incroyable et assez magique, tourné en russe et en français à Tchernobyl".

Mike - France - 2010, de Lars Blumers - "Un film très drôle, même s’il finit en drame, tourné en Alsace"

Sport de filles - France - 2011, de Patricia Mazuy. "Un très beau film tourné en Allemagne"


Outre cette sélection, de nombreux films seront présentés lors du festival. A chaque fois, "les spectateurs font un véritable voyage, il y a même une grande section africaine", explique Christopher Buchholz. Pour le directeur du festival, "il faut renforcer la culture du cinéma en Allemagne car ici c’est la culture de l’Entertainment alors qu’en France c’est le 7ème art, il y a donc un gouffre". Une mission qui lui va comme un gant.

Un festival dirigé par un Européen convaincu

"Fruit" de cette histoire franco-allemande, Christopher Buchholz explique lui même qu'il représente "tout ce qu’il y a de plus européen". Son histoire n'est pas banale et pourrait tout droit sortir d'un film. Ses parents, l'acteur allemand Horst Buchholz et l'actrice française Myriam Bru, "se sont rencontrés, en 1958, à une époque où il était impensable que deux personnes de ces deux pays se lient d’amour et se marient". Il s'agissait en ce temps là d'un "grand signe d’ouverture de la part des artistes", explique-t-il.

Enfant, Christopher Buchholz a eu "la grande chance de grandir avec le français, l’anglais, et l’italien aujourd’hui". Pour cet acteur et réalisateur qui a grandi aux Etats-Unis, "l’Europe a été fondée surtout sur un socle économique mais il aurait fallu le fonder d’abord sur la culture. Aujourd’hui, on est assis à table avec des Espagnols, des gens de l’Est, des Suédois, tout le monde se mélange, on n’est plus du tout isolés et cela enrichit la vie", explique-t-il.

Christopher Buchholz espère créer un jour, en France, un festival de films germanophones. "Il en existe très peu aujourd'hui", regrette-t-il.



En savoir plus

Festival du film Francophone de Tübingen-Stuttgart  

Dossier spécial - France-Allemagne : 50 ans d'amitié - Toute l'Europe