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Teodor Baconschi : "Sur les Roms, on ne peut pas obtenir des résultats spectaculaires du jour au lendemain"

Actualité 12.04.2011

A l'occasion de sa venue au Cercle des Européens à Paris, Toute l'Europe a rencontré le ministre roumain des Affaires étrangères, Teodor Baconschi. Celui-ci fait part de la détermination de son pays et des progrès accomplis sur l'intégration des Roms. Il fait aussi le point sur la future adhésion de la Roumanie à l'espace Schengen, ainsi que sur les rapports qu'elle entretient avec les deux pays de l'Europe centrale et orientale qui détiennent la présidence du Conseil de l'UE cette année : la Hongrie et la Pologne.

 

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Toute l'Europe : Les relations entre la France et la Roumanie se sont tendues l'été dernier à cause du dossier Rom. Quels progrès ont été réalisés en Roumanie depuis ? Que pensez-vous de la stratégie pour les Roms actuellement en discussion au Parlement européen et au Conseil ?


Teodor Baconschi : Nous avons apprécié la directive européenne en la matière, et nous pensons qu'il y a un partage à faire entre la responsabilité nationale de chaque Etat et la dimension communautaire. Il nous faut des politiques plus actives dans le domaine de l'inclusion sociale, et générer au niveau des collectivités locales des projets d'inclusion qui devraient couvrir l'éducation, le logement décent et l'accès au marché du travail.

Récemment, le gouvernement roumain a adopté une stratégie nationale à ce propos qui couvre la période 2011-2020 : nous faisons des efforts de plus en plus intenses. On ne peut pas obtenir des résultats spectaculaires du jour au lendemain, mais on s'efforce d'aller dans cette direction.


Toute l'Europe : La Roumanie devait intégrer l'espace Schengen fin mars, mais ses contrôles aux frontières n'ont pas été jugés assez satisfaisants. Selon vous, quand sera-t-elle prête ?

T. B. : La Roumanie a investi près d'un milliard d'euro pour sécuriser ses frontières aériennes avec une technologie de dernière génération fournie par la France et l'Allemagne (groupe EADS). Nous avons des signaux de la part du Parlement européen, qui compte émettre un avis favorable à ce projet.

Il est vrai qu'en raison de l'opposition franco-allemande, la date a été repoussée. Mais c'était aussi l'ambition de ma visite à Paris : revenir sur l'ensemble des sujets dans l'agenda bilatéral, puisque énormément de choses nous unissent. Il faut trouver un compromis pour surmonter ce point d'irritation avec un calendrier clair. J'espère que la discussion à 27 à Bruxelles sur cette question fera la part des choses et que l'on pourra dégager une solution dès que possible.


Toute l'Europe : Aucune date n'est donc fixée pour l'instant ?

T. B. : Pas pour l'instant. Il y a une proposition allemande d'adhésion par étapes, graduelle, pour lever les contrôles aux frontières aériennes d'abord. Nous n'en sommes pas satisfaits mais le scénario semble plausible.


Toute l'Europe : En tant que pays de l'Est, quel regard la Roumanie porte-t-elle sur les présidences hongroise et polonaise de l'UE ?

T. B. : Les présidences successives exercées par la Hongrie et la Pologne nous montrent bien que les nouveaux Etats membres sont des Etats à part entière, capables d'exercer cette fonction sous le traité de Lisbonne.

La Roumanie a une politique régionale extrêmement active sur la mer Noire, la sécurité énergétique, l'élargissement aux Balkans occidentaux, la politique européenne de voisinage avec une attention particulière pour la république de Moldavie. Tout cela montre la contribution de chaque nouvel Etat membre à la construction européenne et au maintien d'un agenda qui reflète toutes nos ambitions communes.


En savoir plus :

Le Cercle des Européens