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Syrie : de nouvelles sanctions européennes contre le régime

Actualité 05.09.2011

Représentant 95% des exportations et près d'un cinquième du budget du pays, le pétrole en provenance de Syrie et destiné à l'Union européenne a été soumis vendredi 2 septembre à un embargo. Après de nouvelles répressions faisant plusieurs dizaines de morts parmi les manifestants syriens, les 27 ont réussi à imposer ensemble des sanctions contre le régime, et pourraient en décider de nouvelles dans les jours à venir.

95 %
C'est la part des exportations de pétrole syrien que représente le marché européen. Par ailleurs, près de 30 % des revenus syriens (4,5 milliards de dollars) proviennent de la vente du pétrole et du fuel à la France, l'Allemagne, l'Italie et les Pays- Bas. Total (France) et Shell (Grande-Bretagne) possèdent les plus grands investissements pétroliers en Syrie.

Décidé vendredi et entré en vigueur samedi 3 septembre, l'embargo européen concerne les importations, l'achat et le transport de pétrole brut ou de produits pétroliers originaires ou exportés de Syrie.

Cependant, à la demande de l'Italie à qui sont destinées 30% des importations européennes de pétrole syrien, et qui a insisté sur la nécessité d'un délai "technique", il ne sera totalement mis en oeuvre que le 15 novembre pour les contrats en cours.

En outre, les soutiens financiers au régime syrien ont également fait l'objet de nouvelles sanctions : quatre responsables économiques et trois sociétés (la banque publique Real Estate Bank, la société d'investissement Cham Investment Group et la compagnie de transports Mada) sont désormais inscrits sur la liste des individus et entités visés par les gels d'avoirs et les interdictions de visa de l'UE, rejoignant ainsi plusieurs dizaines de responsables syriens.

L'Union avait par ailleurs déjà interdit les relations commerciales avec les entreprises militaires liées aux violences dans le pays, et imposé un embargo sur les armes le 9 mai dernier, toujours en vigueur.

Plusieurs responsables européens, dont les ministres français et allemand des Affaires étrangères et la haute représentante de l'UE pour l'Action extérieure, Catherine Ashton, ont indiqué que de nouvelles pressions sur Damas pourraient s'avérer nécessaires. Outre les importations, l’UE envisage une interdiction de tout investissement des entreprises européennes dans le secteur pétrolier syrien.

Les 27 travaillent également à une nouvelle résolution à l'ONU, mais jusqu'à maintenant la Russie et la Chine se sont systématiquement opposé à toute sanction contre le pays. Moscou a en particulier critiqué la décision d'embargo, jugée improductive. De leur côté, les Etats-Unis ont déjà imposé un embargo sur les importations de pétrole syrien.

Selon l'ONU, les violences en Syrie ont fait depuis mars dernier au moins 2200 morts, dont une majorité de civils. Plus de 10 000 personnes auraient également été arrêtées selon les militants.


L'UE espère ainsi stopper la violente répression qui se poursuit depuis la mi-mars et qui connaît depuis vendredi un nouveau pic : au moins 27 personnes ont été tuées depuis la fin du Ramadan, alors que des dizaines de milliers de personnes ont manifesté aux quatre coins de la Syrie.