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Stratégie de Lisbonne : une réponse à la mondialisation ?

Actualité 28.09.2007

Fondation Robert SchumanLancée lors du Conseil européen de mars 2000, la Stratégie de Lisbonne fixait à l'Union européenne un objectif stratégique ambitieux : devenir "l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique au monde" à l’horizon 2010. Peu connue du grand public, cette stratégie résume pourtant toutes les grandes orientations économiques des Etats membres de l'Union. Dans une note de la Fondation Robert Schuman, Yves Bertoncini et Vanessa Wisnia-Weill, chargés de mission au Centre d’Analyse Stratégique, reviennent sur cette spécificité européenne au regard des défis posés par la mondialisation.

Une stratégie, une méthode

La note revient dans un premier temps sur la manière dont on doit comprendre cet objectif stratégique. Celui-ci résulte d’un diagnostic : décrochage européen en matière de richesse et de productivité, déficit européen en matière d’innovation. La Stratégie de Lisbonne préconise donc des réformes à entreprendre par les Etats membres : poursuite de la libéralisation des marchés, soutien à la recherche et au développement et aux autres facteurs de croissance endogène…

 

La Stratégie de Lisbonne repose sur une méthode : la méthode ouverte de coordination (MOC), qui implique la définition de lignes directrices intégrées au niveau européen et la mise en œuvre de programmes d’action au niveau national. Si la méthode communautaire "classique" est jugée souvent trop coercitive, la MOC, au contraire, est souvent critiquée en raison de son aspect "ouvert" et de la prééminence du rôle des Etats membres au détriment de celui de l’Union. Si la méthode communautaire est parfois accusée d’être responsable d’une inertie des politiques communautaires, la MOC est-elle plus efficace pour autant ?

Des résultats encourageants et contrastés

Pour finir, Yves Bertoncini et Vanessa Wisnia-Weill s’attardent longuement sur les résultats de cette stratégie, chiffres à l’appui. La MOC est généralement critiquée au regard des deux objectifs principaux de croissance et de taux d’emploi fixés par la Stratégie de Lisbonne. Les auteurs soulignent toutefois qu’au regard des autres objectifs les résultats sont encourageants bien que contrastés, la France enregistrant des résultats plutôt négatifs. La prochaine révision des lignes directrices intégrées pour la croissance et l’emploi et la présentation des nouveaux programmes d’action (prévues en 2008) seront donc des rendez-vous décisifs.

Lire l'analyse

Yves Bertoncini et Vanessa Wisnia-Weill, "La stratégie de Lisbonne : une voie européenne dans la mondialisation", Fondation Robert Schuman, septembre 2007