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Sport : vers des pratiques plus écoresponsables

Actualité 09.12.2014

Sport et environnement : deux thématiques liées, mais parfois contradictoires. Le sport participe à la promotion du développement durable, mais porte souvent atteinte à l’environnement, notamment dans le cadre des grands événements sportifs dont l’empreinte carbone est importante. En France et en Europe, quelles sont les politiques mises en places pour rendre le sport plus écoresponsable ? Quelle place aura le sport dans le cadre de la Conférence Climat de 2015 organisée à Paris ?

Maël Besson, chargé de la mission Sport et Développement durable au ministère français de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, rencontré à l’occasion de la conférence "Sport, Santé, Environnement", organisée par le think tank Sport et Citoyenneté, a répondu aux questions de Touteleurope.eu.

 

Sport et environnement

Qu’est que la stratégie nationale du développement durable du sport ?

Maël Besson : Tout d’abord, il ne s’agit pas d’une stratégie ministérielle classique. On a voulu que ce soit une stratégie partagée avec l’ensemble des acteurs du sport. Pour cela, on a organisé 10 assises territoriales partout en France et en Outre-mer pour permettre la création de ce document-cadre à l’origine de la connexion entre sport et environnement en France. Cette stratégie a été en vigueur de 2010 à 2013. Depuis cette année, nous travaillons à réactualiser cette stratégie dans le cadre de la stratégie nationale de transition écologique vers un développement durable.

Comment la France lutte-t-elle pour limiter l’impact négatif du sport sur l’environnement ?

Pour le moment, nous sommes plutôt dans le domaine de l’incitatif et du préventif. La France a par exemple été le premier pays à créer un bilan carbone spécifique aux événements sportifs. Nous avons adapté cet outil de référence qu’est le bilan carbone pour aider et accompagner les acteurs du sport, les organisateurs, à intégrer cette démarche.

Maël Besson

Maël Besson est en charge de la mission Sport et Développement durable au sein du ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.

Autre exemple : nous élaborons actuellement un outil d’aide à l’optimisation des déplacements dans des rencontres sportives. Nous nous sommes en effet rendu compte que si l’on s’affranchit des limites administratives d’un département ou d’une région, ou que l’on rationalise le nombre de rencontres entre clubs en fonction du nombre de kilomètres à parcourir, on peut supprimer entre 5 et 15 % des déplacements. Il s’agit d’un enjeu d’autant plus crucial qu’environ 80 % de l’empreinte carbone d’un événement sportif est dû aux déplacements.

Dans le cas d’un événement international comme l’Euro 2016 de football, que peut faire la France pour limiter l’impact négatif des déplacements de supporters ?

Dans le cas de l’Euro 2016, la candidature a été posée il y a longtemps : l’événement est déjà intégralement conçu. Ce qui veut dire que nous abordons les questions relatives au tri des déchets, aux solutions de transports en commun écoresponsables etc… par le prisme de l’éco-gestion. Nous devons à terme concevoir des événements les plus éco-conçus possible, c’est-à-dire des événements qui, par leur conception même, génèrent le moins possible d’impacts, de déchets, de transports… Le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, en partenariat avec le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, sous la direction du délégué interministériel aux grands événements sportifs, est à cet égard en train de rédiger un carnet de préconisations environnementales à destination des organisateurs de grands événements sportifs internationaux.

Sport et Citoyenneté

Le think tank européen Sport et Citoyenneté est un lieu de réflexion visant à promouvoir les valeurs du sport et de militer pour leur meilleure implantation dans la société.

L’écoconception est de plus en plus prise en compte par les instances sportives internationales. Ces événements ont un rôle à jouer en termes d’exemplarité et de sensibilisation, car ils permettent de capter toute l’attention médiatique et l’énergie humaine.

Existe-t-il une réelle impulsion européenne pour lier les thématiques du sport, de la santé et de l’environnement ?

Tout à fait. La présidence grecque de l’Union européenne [1er semestre 2014, ndlr] a par exemple mis l’impact environnemental des grands événements sportifs à l’ordre du jour. Une initiative prolongée par le ministère français en charge des Sports, qui a organisé un séminaire européen sur ce sujet. D’une manière générale, la dimension européenne est incontournable dans la mesure où les enjeux relatifs aux grands événements sportifs dépassent largement le cadre national. Il s’agit d’une thématique mondiale.

Dans quelle mesure le ministère français de la Ville, de la Jeunesse et des Sports est-il impliqué dans la Conférence Climat 2015 organisée à Paris ?

La Conférence Climat 2015 est un processus onusien, donc on n’est pas à l’étage des ministères, mais à l’étage des Etats. Et c’est à eux de discuter, de négocier et de trouver un accord. Après, dans la mobilisation de la société civile, l’ensemble des pouvoirs publics est impliqué, et le ministère auquel j’appartiens essaie naturellement d’insuffler une dynamique. On cherche à rassembler tous les acteurs du sport et nous avons prévu, tout au long de l’année 2015, une série d’événements et de publications pour définir comment nous voulons organiser et pratiquer le sport au XXIe siècle.