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Sommet informel : les 27 s'accordent face à la crise

Actualité 02.03.2009

Réunis en sommet informel à Bruxelles le dimanche 1er mars à la demande de la Présidence tchèque de l'Union européenne, les 27 chefs d'Etat et de gouvernement se sont accordés sur un rejet d'un retour au protectionnisme en Europe, mais également contre un plan de sauvetage spécifique pour les pays de l'Est. Cette rencontre a également débouché sur un accord sur la gestion des actifs toxiques des banques.

Les 27 disent "non" au protectionnisme ...

Mirek Topolánek, Premier ministre tchèque et président du Conseil européen

"Le protectionnisme et la violation des règles de la concurrence équitable peuvent conduire à de plus grands dommages économiques et politiques dans l’avenir que la crise elle-même"
La Présidence tchèque du Conseil de l'Union européenne l'avait annoncé fin janvier : elle souhaitait que les 27 se réunissent début mars pour envisager les solutions à la crise financière avant le Conseil européen de juin.

Réunis le 1er mars à Bruxelles, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se sont accordés sur un rejet total de toutes formes de protectionnisme, alors que la question semblait faire débat au sein de l'UE ces dernières semaines, notamment suite à l'annonce du plan français d'aide à l'automobile.

Les 27 ont en effet unanimement reconnu que "le protectionnisme n'est pas une réponse à la crise actuelle".

Le premier ministre tchèque et président du Conseil européen, Mirek Topolánek, a ainsi invité les Etats membres à une démarche commune univoque et clairement déclarée visant à amortir les impacts de la crise financière.

... alors que la Commission européenne valide le plan français d'aide au secteur automobile

Hasard ou coïncidence, alors que le protectionnisme a occupé la majeur partie des débats du Conseil informel du 1er mars, la Commission européenne a validé samedi 28 février le plan français d'aide au secteur automobile.

C'est en effet ce plan, qui prévoyait, parmi diverses mesures, l'accord aux deux principaux constructeurs automobiles français, Renault et Peugeot PSA, d'un prêt préférentiel qui aurait pu être assimilé à une aide d'Etat déguisée, qui avait lancé début février le débat sur le protectionnisme.

La Commission, qui a analysé avec précision ce plan, a donc mis fin au débat en le validant. A l'occasion du sommet informel des 27, Nicolas Sarkozy a réaffirmé être farouchement opposer au protectionnisme.

La République tchèque, de son côté, a également reconnu que ce plan "n'est pas du protectionnisme", alors même que l'Etat membre, qui préside actuellement le Conseil de l'UE, avait été l'un des plus critiques envers la France.

Mirek Topolánek a tout de même appelé les Etats membres à coordonner leurs plans de relance,  "c’est-à-dire eu égard aux positions de départ nationales différentes et aux diverses formes des effets de la crise économique, mais tout en respectant les règles communes du marché unique".

Pas de plan de sauvegarde spécifique pour les pays de l'Est

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C’est, en milliards d’euros, le montant de l’aide massive qu’ont décidé d’accorder la Banque mondiale, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Banque européenne d’investissement (BEI) aux banques de l’Europe de l’Est. C’est en effet ce qu’ont annoncé les trois institutions financières le 27 février, quelques jours avant le Sommet informel des 27. Au sein de l’Union européenne, le projet bénéficiera aux banques de la Lettonie, de la Lituanie, de l’Estonie, de la Bulgarie et de la Roumanie. Hors de l’Union, il s’adressera à l’Ukraine et à la Serbie.
Centré initialement sur les dérives protectionnistes de certains Etats membres, le sommet informel des 27, convoqué par la République tchèque, a également porté sur un sujet d'actualité : la situation économique désastreuse des pays de l'Europe de l'Est, dont certains sont membres de l'Union européenne.

Ainsi, quelques heures avant le début du conseil informel, le Premier ministre tchèque Mirek Topolánek, a rencontré à Bruxelles ses homologues polonais, Dontald Tusk, slovaque, Robert Fico, et hongrois, Ferenc Gyurcsány, soit les représentants des pays dits du "Groupe de Visegrád".

A ce groupe se sont joints ensuite les représentants des trois républiques baltes et ceux des deux pays membres les plus récents de l’Union européenne, la Roumanie et la Bulgarie, ainsi que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.  

Le but des discussions a été d’échanger les points de vue et les expériences en ce qui concerne la gestion des conséquences de la crise financière, le même sujet figurant à l’ordre du jour de la réunion des plus hauts représentants de tous les pays de l’Union européenne.

Conscients de la tempête économique que doivent affronter aujourd'hui les Etats membres d'Europe centrale et orientale, les 27 se sont pourtant mis d'accord pour refuser qu'un plan de sauvegarde spécifique leur soit accordé.

La Commission européenne a pourtant promis à ces pays que l'Union européenne ferait preuve de solidarité, d'autant plus que la situation à l'Est risque fort de se propager vers l'Ouest.

Dès le lendemain de cette annonce, l'absence de plan d'aide fait d'ailleurs déjà chuté l'euro.

Les 27 s'accordent sur la gestion des actifs toxiques bancaires

Les 27 sont parvenus dimanche 1er mars à un accord-cadre sur les actifs toxiques bancaires.

Il s'agit d'actifs financiers que l'on ne peut plus vendre, dont personnes ne veut, du fait qu'ils n'ont plus aucune valeur sur le marché. Le terme d'actif toxique a été particulièrement utilisé pour qualifier les "subprimes". Aujourd'hui encore, ils sont jugés responsables de la paralysie persistante du crédit.

José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a parlé d'un "accord global" des 27 sur ce sujet, mais a souligné qu'il faudrait attendre, pour avoir une décision  finale des Européens, le prochain sommet des dirigeants européens les 19 et 20  mars.

 

 

Sources

Mirek Topolánek : "La solidarité européenne n’est pas imaginable sans la responsabilité nationale" - 01/03/09 - Présidence tchèque de l'Union européenne

Rencontre précédant la réunion informelle des chefs d’État et de gouvernement - 01/03/09 - Présidence tchèque de l'Union européenne

Informal meeting of Head of State or Government of 1 March 2009 - Joint press lines [en] - 01/03/09 - Conseil de l'Union européenne

 

En savoir plus

Revue de presse : Conseil européen : les 27 s'entendent sur les actifs toxiques et rejettent le protectionnisme - 02/03/09

 La Commission surveille le plan français d'aide à l'industrie automobile

Prague convoque un sommet informel des 27 le 1er mars