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Sommet européen : l’UE débloque 160 milliards d’euros pour sauver la Grèce

Actualité 22.07.2011

Réunis jeudi 21 juillet pour un sommet européen crucial, les dirigeants européens de la zone euro ont reconnu les efforts fournis par le gouvernement grec pour stabiliser ses finances publiques et réformer son économie. Après 10 heures de discussions, les 17 chefs d'Etat ou de gouvernement de la zone euro ont trouvé un accord sur un ultime plan de sauvetage de la Grèce. Le volume de la dette devrait être réduit de 26 milliards d’euros d’ici la fin de l’année 2014.

Un nouveau plan d'aide pour la Grèce

Sous une forte pression, les membres de la zone euro ont décidé d'aider la Grèce à faire face à la crise qui la frappe, en allégeant notamment la charge de sa dette (qui représente 160 % du PIB).

Après le prêt d’un montant de 110 milliards d'euros sur trois ans octroyé par les pays de la zone euro et le FMI en mai 2010, les chefs d’Etat ont décidé de frapper fort avec un sauvetage d’un montant supérieur aux attentes.

Pour ce faire, les taux des prêts consentis à la Grèce, tant par le Fonds Européen de Stabilité financière (FESF) que par le secteur privé, vont être réduits.

D’un montant de 158 milliards d'euros, ce nouveau plan d’aide sera financé à hauteur de 109 milliards par l'Union européenne et le FMI. Le nouveau programme d’aide vise, grâce à une réduction des taux d'intérêt et à un allongement des délais de remboursement, à ramener l'endettement à un niveau bien plus supportable et à améliorer le profil de refinancement de la Grèce.

En accord avec les exigences de l’Allemagne, le reste du financement sera assuré par des banques, assureurs et fonds d’investissement qui ont prêté de l’argent à la Grèce.

Les chefs d’Etat de la zone euro ont choisi d’allonger de sept ans et demi à quinze ans au minimum la durée de prêts de la zone euro aux pays en difficulté comme la Grèce, l'Irlande et le Portugal.

En échange, les prêts sont accordés à des taux d'intérêt équivalents à ceux prévus par le mécanisme de soutien à la balance des paiements (environ 3,5 % actuellement), proches du coût de financement du FESF, sans descendre en dessous.

Accélérer la réforme de la gouvernance économique

Le texte final présenté par le Conseil européen traite à la fois du plan de sauvetage de la Grèce, présente de nouveaux outils de stabilisation de la monnaie unique, mais annonce également des mesures rapides pour améliorer la gouvernance.

Les chefs d’Etat demandent la mise au point rapide du paquet législatif sur le renforcement du Pacte de stabilité et de croissance et sur la nouvelle surveillance macroéconomique. Les membres de la zone euro devraient appuyer sans réserve la présidence polonaise afin de parvenir à un accord avec le Parlement européen sur l'adoption de règles de vote dans le volet "prévention" du pacte.

Par ailleurs, les dirigeants de la zone euro se sont engagés à mettre en place, d'ici la fin 2012, des cadres budgétaires nationaux, comme prévu dans la directive relative à ce sujet.

Selon la Présidence de la République, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel formuleront d'ici la fin août des propositions communes en faveur d'une meilleure gouvernance économique de la zone euro.

Après une pause estivale, la rentrée devrait démarrer sur les chapeaux de roue. D’ici le mois d'octobre, des propositions concrètes sur la manière d'améliorer les méthodes de travail et de renforcer la gestion des crises dans la zone euro devront être présentées par le président du Conseil européen, en concertation étroite avec le président de la Commission européenne et le président de l'Eurogroupe.



En savoir plus

La déclaration des chefs d'Etat ou de gouvernement de la zone euro et des institutions de l'UE - Conseil de l'Union européenne

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