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Serbie : réelection du président proeuropéen Boris Tadic

Actualité 06.02.2008

Les Serbes ont réélu le président sortant, Boris Tadic, favorable à l'Union européenne, au second tour des élections présidentielles le dimanche 3 février 2008. Il était opposé au candidat ultranationalistes, Tomislav Nikolic. Alors que l'Europe a été au cœur du débat, les Serbes ont ainsi exprimé la volonté de voir leur pays se rapprocher de l'Union des Vingt-Sept.


Contexte

Au premier tour de l'élection présidentielle, le 22 janvier, Tomislav Nikolic (Parti radical serbe) est arrivé en tête avec 39,99 % de voix contre 35,39 % pour Boris Tadic. Pendant sa campagne, Tomislav Nikolic a estimé que la Russie, qui a accordé à la Serbie un soutien sans faille à son opposition à l'indépendance du Kosovo, était un partenaire stratégique plus fiable que l'Union européenne. Le candidat ultranationaliste s'est dit prêt à renoncer à l'intégration européenne en cas d'indépendance du Kosovo.

Boris Tadic, président sortant démocrate, est également opposé à l'indépendance du Kosovo mais contrairement à son adversaire, il est convaincu que la Serbie doit se rapprocher de l'Union européenne. Boris Tadic estimait qu'une victoire de Tomislav Nikolic risquait de replonger la Serbie dans l'isolement qu'elle a connu sous Milosevic en raison des guerres et des sanctions internationales. Cette élection a pris une réelle dimension de référendum pour ou contre l'Europe.

Vers un avenir européen

Dimanche 3 janvier, les électeurs serbes se sont massivement rendus aux urnes afin d'élire leur nouveau président. Le taux record de participation, nettement supérieur à 60 %, a traduit l'importance de ce scrutin, le plus incertain depuis la chute de Milosevic en 2000. Elu une première fois en 2004, Boris Tadic est sorti vainqueur avec 50,5 % des voix.

L'Union européenne a très vite réagi à cette réélection alors qu'entre les deux tours, elle avait décidé de reporter la signature de l'Accord de stabilisation et d'association (ASA) avec la Serbie. Première étape vers une adhésion à l'Union européenne, la signature de cet accord a été suspendue à une "pleine" coopération entre Belgrade et le Tribunal pénal international de La Haye et remplacée par un accord politique intermédiaire.

Dès l'annonce des résultats, le Premier ministre slovène et actuel président du Conseil de l'UE, Janez Janša, a aussitôt félicité Boris Tadic pour sa victoire en lui souhaitant beaucoup de succès dans le futur exercice de ses fonctions. Il a souligné que l'invitation à signer un accord politique, lancée récemment par l'UE, signifie clairement que l'UE compte sur une Serbie européenne, elle-même facteur de stabilité et de bonne coopération dans la région.

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s'est, quant à lui, réjoui de la "volonté ainsi exprimée de voir la Serbie avancer vers son avenir européen". Il a ajouté que "la France agira au sein de l’Union européenne pour permettre à la Serbie de progresser sur cette voie notamment en signant le 7 février l’accord intérimaire".

Le ministre a toutefois rappelé que l'Union attendait "du Président réélu et du gouvernement serbe des actions concrètes pour ancrer la Serbie dans l’Union européenne, à commencer par une pleine coopération avec le Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie".


Sources :

Le Premier ministre slovène Janez Janša a félicité Boris Tadic pour sa victoire aux élections présidentielles serbes - Présidence de l'Union européenne
Election de M. Boris Tadic à la présidence de la République serbe : déclaration de M. Bernard Kouchner - Ministère des Affaires étrangères


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