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Semih Vaner : "Il serait sans doute injuste de faire endosser la responsabilité du blocage à la Turquie seule"

Actualité 11.12.2006

Semih Vaner est Politologue, spécialiste de la Turquie, chercheur au centre d'Études et de Recherches Internationales (CERI), Directeur des Cahiers d'Etude sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien (CEMOTI) et président de l'Association française pour l'étude de la Méditerranée orientale et du Monde turco-iranien (AFEMOTI).



En cette période pré-électorale en Turquie, peut-on raisonnablement espérer une évolution de la position d'Ankara vis-à-vis de Chypre ? Selon vous, faudra-t-il attendre la fin des élections pour assister à un changement éventuel de l'attitude turque vis-à-vis de la question chypriote ?

Non, le dossier chypriote fossilisé, bien plus complexe, ne relève nullement des dynamiques électorales, mais du positionnement géopolitique de la Turquie, qui, lui, renvoie à la profondeur stratégique du pays, de façon générale, et en Méditerranée orientale plus particulièrement. Il serait sans doute injuste de faire endosser la responsabilité du blocage à la Turquie seule. Un changement éventuel de l'attitude turque ne peut suivre que de la levée des enclavements frappant la partie Nord.


Si la Turquie ne devait finalement pas adhérer à l'UE, croyez-vous en la possibilité d'un partenariat privilégié avec l'UE ? Le pays ne risque-t-il pas de tourner le dos à l'Europe ?

Le partenariat privilégié existe déjà. L'union douanière en témoigne. La Turquie figure déjà dans la politique de voisinage de l'UE. Je ne vois pas vraiment ce que l'on peut rajouter de plus. En cas d'un refus européen, la Turquie ne tournera probablement pas le dos à l'Europe; les liens économiques, politiques mais aussi culturels sont trop forts. Ceci dit, on peut tout de même prévoir une crispation du côté turc, qui peut se traduire par une réaction politique de repli et de recherche d'alliance ailleurs.

 

Propos recueillis le 11/12/06