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S.E. M. de la Kethulle : "La Belgique est connue pour la présence d’un consensus européen entre ses différentes familles politiques"

Actualité 09.07.2010

L'ambassadeur de Belgique, son Excellence M. de la Kethulle, revient pour Touteleurope.fr sur la programme et les ambitions de la présidence belge du Conseil de l'Union européenne, à l'occasion d'une conférence de presse donnée Centre d'Accueil de la Presse Etrangère en commun en compagnie de ces homologues espagnol et hongrois. Pour le représentant de la Belgique en France, les difficultés internes que connaît son pays n'auront pas d'incidence sur le semestre de présidence.

Touteleurope.fr : Le 1er juillet 2010 la Belgique a pris la tête de la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne avec un gouvernement démissionnaire. M. Leterme a parlé d'une présidence qui doit jouer un rôle de facilitateur dans le dialogue institutionnel et dans le processus décisionnel. En quoi pensez-vous que ces deux éléments pourront déterminer le parcours de ce semestre belge ? 

S.E. M. de la Kethulle : La crise belge n'est pas permanente puisque nous pensons avoir un gouvernement au mois d’octobre, grand maximum. Par ailleurs, l’activité des présidences tournantes du deuxième semestre démarre vraiment à l'automne : ce constat nous permet de croire que nous pourrons gérer la présidence avec vigueur et volontarisme. La seule chose qui pourrait changer ce sont les portefeuilles.

Sinon la Belgique est connue pour la présence d’un consensus européen entre ses différentes familles politiques et donc  même si un nouveau parti nationaliste a gagné les élections en Flandres, cela ne change pas la donne puisque ce parti-là est également pro-européen. Donc, quelle que soit la coalition gouvernementale qui guidera la présidence, elle agira toujours en faveur de l'Europe. 


Touteleurope.fr : L'entrée en vigueur du traité de Lisbonne a déterminé la création d'une présidence stable à côté d'une présidence tournante, uniquement en charge de l'organisation de Conseils sectoriels entre les ministres des différents pays. Or, en Belgique certains domaines de compétence sont traités au niveau régional. Quel sera le rôle des régions tout au long de la Présidence ?

S.E. M. de la Kethulle : Il existe un accord entre le gouvernement fédéral et les régions pour représenter au mieux le Royaume de Belgique au sein du Conseil.

Nous avons dû trouver une solution de contournement car les institutions européennes ne reconnaissent pas les régions. Mais quel que soit le représentant qui siège au Conseil, c'est toujours au nom du Royaume de Belgique qu’il agit. Donc il y a quatre catégories de Conseil, traitant des matières fédérales, avec prépondérance fédérales, principalement régionales et exclusivement régionales.

Dans le premier cas de figure c’est un ministre fédéral qui siège, dans le deuxième un ministre fédéral qui aura dans sa délégation un représentant des régions, dans le troisième un ministre d'une région assisté d'un conseiller technique fédéral et dans le quatrième un ministre régional, tout court.

Or,  comme il y a trois régions, un tournant de présidences régionales est organisé, à l’instar des présidences nationales. Cependant quand il y a un ministre régional qui siège, il oublie qu'il est un ministre de la région : il ne représente que le Royaume de Belgique et il ne défend que les positions harmonisées, négociées au préalable avec les deux autres régions.


Touteleurope.fr : La mise en place d'un service pour l'action extérieure figure parmi les priorités de la présidence belge. Quel sera le rôle de la présidence et comment prévoit-elle de se concerter avec Mme Ashton, haute représentante de l'UE ? 

S.E. M. de la Kethulle : Le Service européen pour l’action extérieure sera prêt d’ici la fin de l'année. Dans l’attente, Mme Ashton fait appel au service diplomatique de la présidence pour l'assister et pour assurer les tâches qui seront ensuite garantie par le SEAE.

La Belgique présidera également les groupes à Bruxelles et représentera les services de Mme Ashton à l'étranger. Tout cela  jusqu'à la fin de l'année, le temps nécessaire pour organiser le recrutement qui se fera par les services de Mme Ashton.


Touteleurope.fr : Concernant le programme commun du trio. Quels sont les apports du programme belge par rapport au programme convenu d'un commun accord ?

S.E. M. de la Kethulle : Chaque pays met son empreinte. Nous avons mis l'accent sur le citoyen pour faire en sorte qu’il soit le moteur de l'intégration européenne. Pour cette raison nous avons décidé de conférer une importance toute particulière au social, ainsi qu’à toutes ces questions qui touchent de près les citoyens : environnement, justice et espace intérieur, reconnaissance mutuelles des questions judiciaires, lutte contre le crime organisé, coopération en matière de divorce transfrontalier, procédure européenne d'asile.

De plus notre programme a été organisé suite à une écoute de la société civile et de la population, qui ont exprimé les priorités de la présidence. Du fait de ces consultations, nous avons pris deux ans pour rédiger le programme. Mais en Belgique aucune politique n'est menée sans la concertation de la population. Cela fait partie de la tradition belge.


Touteleurope.fr : Quel sera votre rôle dans les six mois qui viennent ?

S.E. M. de la Kethulle : En tant que représentant belge je suis bien évidemment un interlocuteur privilégié pour le gouvernement français.

Certes les ministres se parlent à Bruxelles, néanmoins il y aura des consultations et des concertations plus intenses dans certains domaines à l’échelle nationale que je mènerai dans ce cas avec le gouvernement français : cela nous permettra d’aller plus en profondeur dans certains domaines où cela est estimé nécessaire.

 

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