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Sandrine Bélier : "les Verts voteront contre l'élection de M. Barroso"

Actualité 09.09.2009

Sandrine Bélier est, depuis juin dernier, députée européenne au sein du groupe des Verts. Quelques minutes seulement après la présentation par José Manuel Barroso de son programme pour les cinq ans à venir à ce groupe, elle a accepté de répondre, à chaud, aux questions de Touteleurope.fr. Et visiblement, cette heure et demie de débat avec le Président de la Commission européenne n'a pas changé grand chose pour les Verts : le front anti-Barroso est toujours debout. 

La présentation de son programme par José Manuel Barroso au groupe des Verts a-t-elle fait évoluer votre position concernant sa réélection ?

José Manuel Barroso n'a pas été beaucoup plus précis que les grandes orientations de son programme. Il a surtout conforté les craintes qui étaient celles des députés verts au Parlement européen. Il prône le libéralisme, l'économie de marché, et la politique qu'il défend depuis cinq est une politique a minima en terme d'interventionnisme, et ce sera celle qu'il nous réserve pour les cinq prochaines années !

 

Allez-vous tenter de reporter le vote du 16 septembre, date de la prochaine session parlementaire ?

Nos coprésidents, Daniel Cohn-Bendit et Rebecca Harms, le souhaitent. La conférence des présidents a lieu demain et ils défendront l'incohérence, à quinze jours du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, à trois mois de la mise en application de ce traité, d'élire le président de la Commission européenne sous le traité de Nice.

Si M. Barroso est cohérent avec sa position en faveur du traité de Lisbonne, son mandat prenant fin le 31 octobre, il ne devrait pas être à trois semaines près.

Etes-vous satisfaite de ses propositions sur les questions environnementales ?

Je regrette que lors de cette audition M. Barroso n'ait abordé que des points d'ordre général. En principe cette réunion devait permettre de l'interroger sur des questions précises.

Sur les questions environnementales notamment il est resté dans les généralités. Nous n'avons abordé que les questions du changement climatique, dossier important notamment aux vues des rendez-vous de la fin de l'année. Mais il y a de nombreux autres domaines qui sont totalement absents, que je n'ai pas retrouvés dans son programme.

Et manifestement il ne présente toujours pas une approche intégrée de la transformation de l'économie par l'écologie. Donc d'un point de vue environnemental c'est très en deçà de ce qu'on est en droit d'attendre de la Commission européenne.

Que souhaitez-vous : une vraie campagne, avec plusieurs candidats ?

La campagne et le programme nous les demandons depuis six mois ! On évoque trop souvent le déficit démocratique en Europe, notamment au regard du taux d'abstention record lors des élections. Or je suis la première surprise : je ne comprends pas qu'on ait un seul candidat !

Aujourd'hui c'est le Conseil européen qui propose un candidat. On aurait tout à y gagner à avoir un système plus démocratique. Après une heure et demie d'audition on voit bien que les députés verts ont, sur le projet de société, sur les questions sociales, environnementales, ou sur la crise financière, une vision totalement différente de celle de M. Barroso.

Je pense de plus, et c'est ce que nous tenterons de défendre demain lors de la conférence des présidents, qu'élire le président de la Commission avant le référendum sur le traité de Lisbonne est un mauvais signal envoyé aux Irlandais.