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Royaume-Uni : le ministre chargé du Brexit démissionne

Revue de presse 09.07.2018

Dimanche 8 juillet, David Davis, ministre britannique en charge de la négociation de la sortie de l'UE avec Bruxelles, a démissionné pour signifier son désaccord avec le "Brexit doux" de Theresa May. Cette nouvelle défection affaiblit davantage la position de la Première ministre.

David Davis, l'ex-ministre du Brexit

David Davis, l'ex-ministre du Brexit. Photo: Commission européenne - Crédits : Mauro Bottaro.

"David Davis a démissionné en expliquant qu’il ne pouvait plus soutenir la vision du Brexit de Theresa May", relate ce matin  The Times [Courrier international]. Une décision qui "provoque la pire crise depuis que la Première ministre a perdu sa majorité” en juin 2017, poursuit le quotidien britannique. Le Figaro explique que le ministre en charge du Brexit "marque ainsi son désaccord avec le projet de partenariat commercial et douanier avec l'Union européenne, que la Première ministre a présenté".

Theresa May en faveur d'un "Brexit doux"

Libération note que vendredi 6 juillet, la réunion au sommet organisée par Mme May dans sa résidence de campagne "s’était achevée dans le calme" : celle-ci "avait alors affirmé que son cabinet était désormais uni derrière sa proposition de négociations avec l’UE". La Première ministre devait présenter jeudi 12 juillet "son plan dans un 'white paper' qui devait servir de base aux futures négociations avec l’UE". Elle avait finalement "choisi de suivre les recommandations de la plupart des acteurs économiques qui l'ont mis en garde contre les conséquences désastreuses d’une sortie trop radicale de l’UE" [Libération].

D'autant que la pression du monde des affaires se fait de plus en plus pesante pour éviter la sortie du Royaume-Uni de l'union douanière. Dans une lettre ouverte au gouvernement, plusieurs poids lourds du secteur économique condamnent ainsi le "coût, la complexité et la bureaucratie engendrés par la sortie de l'union douanière (…), l'adoption d'arrangements alternatifs est la dernière chose dont nos entreprises ont besoin" [Challenges].

Selon Le Figaro, la solution présentée vendredi 6 juillet par Theresa May prévoit que le Royaume-Uni se maintienne "au sein du marché unique européen" pour le commerce, qu'il s'aligne sur "les réglementations européennes" et qu'un "partenariat douanier" soit mis en place. Mais "pour les Brexiters, il s'agit d'une trahison du vote des Britanniques de juin 2016".

Une "position intenable" pour David Davis

Parmi eux, le ministre David Davis accuse Theresa May, dans sa lettre de démission, "d’affaiblir la position de négociation du pays" [Libération]. Pour David Davis, le Brexit doux tel que proposé par la Première ministre, laisse "le contrôle de larges parts de notre économie à l’UE" [Le Monde].

Challenges rapporte les propos de l'analyste politique de la BBC Laura Kuennsberg : "son insatisfaction au sein du gouvernement n'était un secret pour personne, mais après l'accord de vendredi pour garder avec l'UE des liens plus étroits qu'il ne le souhaite, sa position était intenable". Le Monde explique que David Davis va probablement "rejoindre les rangs des responsables tories torpillant la stratégie conciliatrice de la Première ministre". Pour le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn, "la démission de David Davis à un moment si crucial montre que Theresa May n'a plus d'autorité et est incapable de mener à bien le Brexit" [Le Figaro].

Theresa May isolée

L'étau se resserre pour Theresa May. D'après Le Figaro, "plusieurs députés tories ont ouvertement annoncé qu'ils cessaient de la soutenir et appelé de leurs vœux un vote de défiance pour la remplacer par un ardent Brexiter". Le Monde rapporte les différentes réactions des députés britanniques en soutien à David Davis : pour Andrea Jenkyns il s'agit d'une "nouvelle fantastique", tandis que Peter Bone a déclaré que les propositions de Mme May "n’avaient de Brexit que le nom et n’étaient pas acceptables". Quant à Nigel Farage, ancien dirigeant du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni, il a salué ce départ : "bravo David Davis (…), pour que le Brexit réussisse, nous devons nous débarrasser de cette horrible et fourbe Première ministre".

La situation est très délicate pour la Première ministre. The Daily Telegraph remarque que "quarante-huit heures tout juste après que Mme May eut semblé avoir unifié son cabinet derrière sa vision du Brexit, ses projets sont en lambeaux, avec le danger réel de voir son leadership contesté dans les prochains jours" [Courrier international].