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Roms : Eric Besson et Pierre Lellouche à Bruxelles pour défendre la politique du gouvernement

Actualité 01.09.2010

Mardi 31 octobre les ministres Eric Besson (Immigration, Intégration, Identité nationale et Développement solidaire) et Pierre Lellouche (secrétaire d'Etat aux Affaires européennes) ont rencontré à Bruxelles les commissaires européens Viviane Reding (Justice, droits fondamentaux, citoyenneté) et Cecilia Malmström (Affaire intérieures). L'occasion pour les ministres français de justifier la politique menée par le gouvernement à l'égard des Roms.

Un droit à la libre circulation soumis à conditions ?

Au mois d'août 2010, la France a renvoyé près d’un millier de Roms en Roumanie.

Les ministres français ont ainsi confirmé l'orientation de la politique gouvernementale. Tout en saluant le "formidable acquis" que représente, selon lui, le droit à la libre circulation en Europe des 500 millions de citoyens européens, Eric Besson a souligné que ce droit "n'est pas inconditionnel" et que "cette liberté ne peut servir de prétexte à des activités illicites, en particulier le trafic d'êtres humains". M. Besson a ensuite qualifié de "grotesques" les accusations selon lesquelles la France mettait en œuvre des retours forcés de Roms en Roumanie et Bulgarie.

 

Pierre Lellouche a quant à lui déploré le fait que ses partenaires européens ne s'étaient pas saisi de la question, et que la Roumanie se "défaussait" de ses Roms au détriment des autres pays. M. Lellouche a estimé que sur les 4 milliards d'euros par an donnés au pays, seuls 80 millions sont consacrés à l'intégration des Roms.

 

De son côté le porte-parole de Mme Reding, Matthew Newman, avait auparavant déclaré que "les Roms sont des citoyens européens, ils ont les mêmes droits que tout le monde. L'intégration des Roms, c'est partout en Europe, les pays d'origine, les pays d'accueil…".


Après les critiques de l'ONU de l'Eglise et de plusieurs pays d'Europe, Mme Reding avait à son tour, le 25 septembre, exprimé une "certaine inquiétude" face aux expulsions de Roms par Paris, et lancé une enquête juridique afin de savoir si celles-ci s'effectuent, comme l'affirme le gouvernement français, en conformité avec le droit européen. Les conclusions de cette enquête devaient être présentées à la réunion plénière du collège des commissaires le 1er septembre, mais Mme Reding a demandé à la France de soumettre des informations supplémentaires.

 

Vives réactions en Roumanie

Trois ministres roumains se sont également rendu le 1er septembre à Bruxelles pour rencontrer Mmes Reding et Malmström. Le ministre des affaires étrangères Bogdan Aurescu a alors dénoncé le "jeu de statistiques" auquel se livrait la France, ajoutant que ce "ping-pong" ne pouvait continuer. "La responsabilité au sujet des Roms est partagée entre l'État d'origine et d'arrivée", a-t-il ajouté, remettant en cause l'aspect "volontaire" des expulsions de Roms : "Les personnes ont été menacées d'évacuation forcée s'ils n'acceptaient pas l'argent. "

 

Le nouveau ministre roumain dédié (conformément à une demande de la France) à la question des Roms, Valentin Mocanu, s'est quant à lui déclaré "stupéfait de constater que la bataille rhétorique n'avait pas pris fin, et risquait de tendre vers la xénophobie et le racisme."


Sans ajouter d'autre commentaire, Mme Reding a rappelé à la France qu'elle devait respecter la liberté de mouvement de l'UE. La commissaire doit s'exprimer sur ce sujet mardi 7 septembre devant le Parlement européen. Elle devrait demander à tous les États membres (et pas seulement la Roumanie) de participer plus activement à l'intégration des Roms sur leur territoire, et inscrire la question des Roms à l'ordre du jour des prochains Conseils des ministres.
Mme Malmström se rendra quant à elle lundi 6 septembre à la réunion des ministres de l'Immigration proposée par la France.

 

 

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[Revue de presse] Roms : Eric Besson et Pierre Lellouche justifient la politique française devant la Commission - Touteleurope.eu