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Robert Toulemon présente son dernier livre, "Aimer l'Europe"

Actualité 31.05.2007

Robert Toulemon - DRRobert Toulemon a présenté son ouvrage "Aimer l'Europe" à la Maison de l'Europe de Paris le 31 mai 2007. Il s'est expliqué sur la colère qui l'a poussé à écrire ce livre au lendemain du 29 mai 2005, et a été invité par l'audience à livrer sa vision de certains points qui animent les débats européens du moment.

"Le mini-traité n'a pas le charme de la mini-jupe"

Pour Robert Toulemon, le "mini traité", proposé par Nicolas Sarkozy au cours de la campagne présidentielle "n'a pas le charme de la mini-jupe", pas plus que le "traité simplifié", "simpliste" selon certains, que défend le président de la République et qui placerait, selon l'ancien haut fonctionnaire, l'Europe "à mi-chemin entre le modèle scandinave et le fédéralisme belge ou italien". La France n'a aucun intérêt à être aussi ambiguë, explique Robert Toulemon : elle devrait être ambitieuse en Europe, surtout si elle entend ensuite négocier un gouvernement économique pour la zone euro. Pour la renégociation de juin, Robert Toulemon désire un "traité plus" et non un "traité moins".

Cet ardent défenseur du Traité constitutionnel reconnaît que le texte comportait des maladresses, mais "il faut toujours choisir la solution la moins pire en politique". Pour aller plus loin, Robert Toulemon aurait souhaité voir fusionner à terme les rôles de président de la Commission et celui de président du Conseil tel qu'il a été prévu par le Traité. Ce Président de l'Europe aurait été assisté d'un "gouvernement" de ministres, comme l'hypothétique futur ministre européen des Affaires étrangères.

Mieux penser l'Europe et le monde

Robert Toulemon est revenu sur le terme "fédéral" qui selon lui est la cause de plusieurs malentendus. Le fédéralisme européen ne serait pas synonyme du fédéralisme traditionnel car il respecterait les identités nationales, contrairement aux grandes fédérations d'aujourd'hui, telles les Etats-Unis, qui se réfèrent à une seule et même nation. Les exécutifs des Etats membres sont appelés à jouer un grand rôle dans le gouvernement d'une telle fédération.

L'ancien professeur à Sciences Po s'étonne que les intellectuels ne portent pas plus leur réflexion sur la nécessité d'une gouvernance mondiale. Lui préconise la mise en place d'une instance mondiale chargée de promouvoir l'intérêt général de l'humanité, à l'instar de la Commission qui défend l'intérêt général européen. Il propose pour cela de convertir le Conseil de Sécurité de l'ONU en lui confiant des compétences économiques.