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[Revue de presse] UE – Russie : nouvelles provocations et trouble-fête grec

Revue de presse 29.01.2015

Alexis Tsipras, nouveau Premier ministre grec, remet en cause la ligne européenne répressive à l'encontre de la Russie au sujet du conflit ukrainien, exprimée dans une déclaration commune de l'Union européenne. Fort de ce nouvel allié, le voisin russe provoque une fois de plus en affirmant que la RDA a été annexée par la RFA.

Vladimir Poutine

"On l'attendait sur la dette, mais le nouveau pouvoir grec a choisi la politique étrangère pour son premier clash avec l'Union européenne", affirme Le Figaro. Alexis Tsipras s'est déclaré opposé à l'élargissement à de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie en raison du conflit ukrainien. Le site du quotidien rappelle que "le parti d'extrême gauche Syriza a toujours défendu Moscou", mais que "l'esclandre grecque auprès de l'UE pourrait bien n'être qu'une diversion, un bruit destiné à détourner l'attention du but principal de Syriza, la renégociation de la dette". 

"De quoi ruiner la politique de l’Union européenne visant à faire pression sur le Kremlin pour qu’il cesse de déstabiliser l’Ukraine", alors que les sanctions "semblent pourtant modestes", estiment Les Échos. L'UE ne souhaite pourtant que rallonger la liste noire des Russes et Ukrainiens sanctionnés individuellement. Ce ne devait être qu'une "formalité, "sauf qu’Athènes dispose d’un droit de veto sur cette formalité. Elle peut offrir une victoire diplomatique à Moscou ... et un camouflet aux européens", explique le site du quotidien. Les chefs d’Etat et de gouvernement européens se réuniront le 12 février, ce qui sera l'occasion de mesurer les rapports de force sur ce sujet.

EurActiv explique que la fermeté de la déclaration commune de l'UE contestée par Alexis Tsipras "découle des conclusions adoptées unanimement par le Conseil le 18 décembre, qui indiquent clairement que 'l'UE maintiendra le cap' en ce qui concerne la Russie et est 'prêt[e] à prendre des mesures supplémentaires si nécessaire', alors que le chef de Syriza n'était pas encore au pouvoir. Le journal en ligne souligne que "d'autres États européens, dont Chypre, se sont également opposés au communiqué, mais ne sont pas parvenus à modifier la formulation".

En réaction aux sanctions européennes, "Vladimir Poutine a validé le 'plan anticrise' du gouvernement qui laisse certains observateurs russes sceptiques", explique le Courrier International. Le site de l'hebdomadaire cite le quotidien en ligne Gazeta.ru, qui "exprime son scepticisme vis-à-vis d'un tel plan, estimant qu'il aurait été adéquat en temps de crise 'classique', comme celles de 1998 ou 2008, mais que le problème clé aujourd'hui est 'la confrontation entre la Russie et l'Occident', lequel veut 'châtier le Kremlin pour sa politique à l'égard de l'Ukraine'. 

"Le président Poutine, tout en maintenant le contact avec la chancelière Angela Merkel et le président François Hollande, se montre de plus en plus dur et n’est visiblement pas intéressé par un dialogue sérieux avec l’Ukraine", estime Le Monde. Ainsi, "le président de la chambre basse du Parlement russe, Sergueï Narychkine, a demandé mercredi d’étudier la possibilité d’une résolution condamnant 'l'annexion' de l'Allemagne de l'Est par l'Allemagne de l'Ouest", rapportent Les Échos. Pour l'élu russe, "si le rattachement de la Crimée par la Russie est considéré comme une annexion, alors 'on peut dire que la RDA a été annexée par la RFA', explique le site du quotidien. Le Monde note que "Moscou accuse l’Occident d''hystérie antirusse'", mais que cela correspond plutôt à "une hystérie antioccidentale grandissante relayée par les médias russes qui font feu de tout bois".