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Revue de presse : Rencontre entre Barroso et des réalisateurs européens à Strasbourg, grève générale en Grèce contre l'arrêt d'ERT, uniformisation des règles du droit d'asile

Revue de presse 13.06.2013

Accord UE-US et services audiovisuels : le débat s'envenimeInterrogée hier par Libération, la ministre française du Commerce extérieur, Nicole Bricq, a inlassablement répété le même message : la France ne se laissera pas faire et mènera jusqu'au bout la bataille pour l'exclusion des services audiovisuels des négociations commerciales entre l'UE et les Etats-Unis. La ministre brandit même la menace d'un veto, qui sera utilisé si la Commission européenne "persiste à mettre la culture et l'audiovisuel dans le champ de la négociation". "Il y a un risque que les services culturels deviennent les otages de la Commission, une sorte de monnaie d'échange", s'inquiète Nicole Bricq.


Mardi, une délégation de cinéastes s'est rendue à Strasbourg pour discuter de cette question cruciale pour le cinéma européen avec le président de la Commission européenne. Clarisse Fabre raconte pour Le Monde cette journée particulière, durant laquelle Bérénice Bejo et les réalisateurs Costa Gavras, Lucas Belvaux, Radu Mihaileanu et Cristian Mungiu ont obtenu certaines concessions auprès de M. Barroso. Ce dernier a ainsi affirmé que le "tissu de mesures protectrices" existant serait préservé, tout comme la possibilité pour les Etats membres de conserver "leur faculté d'adapter leurs réglementations ou législations à l'environnement numérique". A l'issue de la réunion, la délégation s'est néanmoins scandalisée du manque de prise de conscience de l'exécutif européen. Lucas Belvaux a accusé José Manuel Barroso de "mauvaise foi", tandis que Radu Mihaileanu a estimé que le président de la Commission européenne souhaitait quitter son poste en "effectuant un grand coup", afin de gagner des points en vue de l'élection du prochain secrétaire général de l'ONU.


Entre grève générale et incompréhensions, la fermeture de la télévision publique grecque créé la polémique

"Les Grecs se révoltent contre le black-out de la télévision publique". Alexia Kefalas, correspondante du Figaro à Athènes, décrit la mobilisation créée à la suite de l'arrêt de la diffusion des chaînes publiques du pays, effectué par la police mardi soir. Une grève générale est prévue jeudi pour protester contre cette fermeture brutale et "autoritaire". Beaucoup dénoncent une décision et des méthodes "que l'on n'avait pas vues depuis la chute de la dictature des colonels en 1974". Certains accusent la "troïka" européenne d'avoir ordonné la coupure. Hier, l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit a demandé des éclaircissements auprès d'Olli Rehn, commissaire européen aux affaires économiques et monétaires. Celui-ci a dénié toute responsabilité dans cette affaire, précisant qu'il s'agissait d'une "décision autonome" [Le Monde/AFP].


Dans La Tribune, Romain Renier reprend les propos du porte-parole du gouvernement, et ancien journaliste d'ERT, qui affirme que "le groupe de télévision publique était un paradis du gaspillage". Une journaliste grecque du groupe confirme ces allégations, mais estime que les politiciens au pouvoir sont d'une hypocrisie totale. "Durant trois décennies, ce sont eux qui y ont fait embaucher leurs proches", affirme-t-elle. Selon elle, plus d'un million d'euros par an serait utilisé pour des salaires de "conseillers fantômes". Jean Quatremer, de Libération, publie de son côté les propos de l'éditorialiste Yannis Pretenderis, qui estime que "la démocratie survivra" à cet arrêt des programmes. "L'ERT exposait le seul point de vue du gouvernement en place. Je suis très content de ne plus payer pour ce machin", ajoute Nikolas Bloudanis, historien. Le journaliste s'étonne que les employés du groupe ERT avaient pour la plupart été embauchés par copinage politique, et non par véritable besoin de l'entreprise.


Droit d'asile : vers une harmonisation des règles européennes


Réunis en session plénière hier, les députés européens ont approuvé la mise en place d'un régime commun européen d'asile. En 2012, 330 000 demandeurs d'asile sont venus frapper aux portes de l'Union européenne. Toutefois, les disparités des taux d'accueil entre Etats membres sont béantes : en Grèce moins de 1% des demandes d'asile aboutissent, contre 14,5% en France et 30% en Allemagne. Afin d'y remédier, le Parlement s'est prononcé en faveur d'une harmonisation des règles de droit d'asile [Le Monde]. "Après quatre ans de discussions acharnées, nous pouvons être satisfaits des avancées obtenues", a déclaré la députée Sylvie Guillaume, rapporteur au Parlement européen d'un des textes sur le droit d'asile [NouvelObs].

La réforme prévoit la mise en place d'un délai commun, de trois à six jours, nécessaire au traitement de la demande d'asile. L'examen du dossier ne pourra excéder les six mois, vingt-et-un en cas de circonstances exceptionnelles. Logement, allocation, santé, tous les demandeurs d'asile seront désormais logés à la même enseigne. Ces derniers n'auront dorénavant plus besoin d'attendre les douze mois règlementaires pour exercer un emploi, ce délai ayant été réduit à neuf. Les députés européens demandent également une prise en charge adaptée des demandeurs d'asile les plus vulnérables (femmes enceintes, victimes de torture,…). Toutefois, le Parlement européen n'a pas apporté de réponse favorable à la demande grecque d'"une meilleure répartition du fardeau" des demandes d'asile entre Etats membres de l'UE [Libération].

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