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[Revue de presse] Postes clés de l'UE : les Vingt-Huit se séparent sans accord mais avec une nouvelle date

Revue de presse 21.06.2019 Steven Kakon

Réunis à Bruxelles le 20 juin pour un Conseil européen, les chefs d'Etat et de gouvernement ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur les noms des prochains présidents d'institutions européennes. Retour à la table des négociations dimanche 30 juin.

Donald Tusk au Conseil européen du 20 juin - Crédits : Dario Pignatelli / Conseil européen

Donald Tusk au Conseil européen du 20 juin - Crédits : Dario Pignatelli / Conseil européen

Lors de ce sommet du jeudi 20 juin, les Vingt-Huit étaient censés associer des noms aux fameux postes-clés de l'UE, susceptibles de l'incarner. Mais jeudi soir, "autant dire qu’on était loin d’un accord sur les noms pour les quatre grandes fonctions à pourvoir - les présidences de la Commission, du Conseil européen et du Parlement européen ainsi que la fonction de haut représentant des Affaires étrangères pour l’Union", rapporte Le Figaro.

Pas de consensus sur les "top jobs"

S'agissant notamment de la Commission européenne, dont le président dispose du "rôle le plus important" [BBC], les Vingt-Huit "ne s'accordent pas sur la succession de [Jean-Claude] Juncker", fait savoir Le Temps. "Après quatre heures de tractations", la sentence est tombée : "aucun des prétendants en lice ne fait consensus" [L'Express].

"Il n'y a eu de majorité sur aucun candidat. Je vais poursuivre les consultations", a annoncé le président du Conseil européen Donald Tusk à l’issue du sommet, cité par Le Temps. Mais l'impasse dans laquelle se trouvent les dirigeants européens s'apparente à un "nouveau message d’impuissance et de division", pour Le Figaro.

Dès lors, un nouveau sommet "de crise" doit se tenir le 30 juin, note Le Point. Soit "deux jours" avant la session inaugurale du nouveau Parlement européen du 2 juillet, au cours de laquelle il doit élire son propre président, note la BBC.

En toile de fond de ce blocage, le "bras de fer entre la France et l'Allemagne" [L'Express]. En effet, Emmanuel Macron "refuse la nomination du prétendant défendu par Angela Merkel, l’Allemand Manfred Weber, 46 ans, candidat désigné par le Parti Populaire Européen (PPE, droite)", relate Le Temps.

Manfred Weber écarté

Dans tous les cas, "la messe semble dite" pour le candidat conservateur, qui "n'a pas n’a pas la moindre chance de réunir une majorité d’au moins 376 voix sur son nom au Parlement européen" [Le Figaro], en plus du soutien d'au moins 21 des 28 Etats membres requis pour être élu. Déjà au Parlement européen, les deux nouveaux chefs des groupes social-démocrate et libéral, l’Espagnole Iratxe Garcia Perez et le Roumain Dacian Ciolos, "lui avaient fait savoir qu’ils ne voteraient pas pour lui", annonce également Le Figaro

"Le petit jeu de massacre de jeudi soir ne fait pas qu’une seule victime", observe Le Monde. Le social-démocrate néerlandais Frans Timmermans et la libérale danoise Margrethe Vestager semblent également avoir été éliminés par le Conseil, selon le quotidien. Tous deux étaient "Spitzenkandidaten", têtes de listes des partis européens également cités dans les négociations pour la succession de Jean-Claude Juncker.

Emmanuel Macron s'est de son côté dit satisfait de l'abandon de la candidature de Manfred Weber et du résultat du sommet. "Je n'ai pas le sentiment d'avoir vécu un échec", a-t-il déclaré. Pour lui, "les noms des trois Spitzenkandidaten ont été écartés".

"Les discussions doivent se poursuivre en marge du sommet du G20 à Osaka (Japon) vendredi et samedi [28 et 29 juin]", a indiqué Jean-Claude Juncker, cité par Le Temps. En effet, le calendrier est plutôt serré puisque le président de la Commission présenté par le Conseil européen devra être adoubé par le Parlement le 16 juillet. Par ailleurs, "il faut trouver rapidement un accord car nous devons avoir une Commission européenne opérationnelle pour gérer le Brexit, surtout si Boris Johnson devient Premier ministre du Royaume-Uni", insiste un diplomate de haut rang, également cité par le média suisse.

Fracture Est-Ouest sur le climat

Autre dossier à l'ordre du jour de ce Conseil européen : la stratégie de la Commission européenne pour une réduction à zéro émission nette de gaz à effet de serre (lorsque émissions et absorptions par les sols et les forêts se compensent) d'ici 2050. Sur ce sujet également, les pays n'ont "toujours pas" trouvé d'accord, fait savoir la RTBF. Bien que 24 Etats membres y soient favorables, l'unanimité du Conseil européen est cette fois requise pour ajouter cet objectif dans les conclusions du sommet et permettre à la Commission de s'en emparer.

"Après deux heures de débat intense", la décision a été rejetée par quatre Etats, à savoir la Pologne, la République tchèque, la Hongrie et l'Estonie "au dernier moment", note Libération. Pour Le Monde, cette incapacité à s'accorder sur un objectif pour 2050, ainsi que sur de nouvelles réductions des émissions d'ici à 2030, relève d'une "occasion manquée dans la bataille que mène l’Union européenne contre le dérèglement climatique". "Cela n’est pas la fin de l’histoire, notre ambition reste intacte et nous tenterons de nouveau de nous entendre à l’unanimité avant décembre", tempère un diplomate, cité par le journal.

A en croire Neil Makaroff, expert Europe pour le Réseau Action Climat France, "malgré un large ralliement européen autour de ce projet d’une société neutre en carbone d’ici le milieu du siècle, le blocage par quatre Etats révèle la fracture grandissante au sein de l’UE sur l’enjeu climatique". La raison de ce clivage ? Un objectif trop ambitieux pour "nombre de pays d'Europe de l'Est [qui] restent fortement tributaires du charbon et autres énergies fossiles", et craignent dès lors les conséquences sur leur économie, analyse pour sa part la RTBF.

Les Vingt-Huit ont toutefois adopté l’agenda stratégique de l’UE pour la période 2019-2024. Ce document, qui s'inscrit dans la continué des conclusions du sommet de Sibiu du 9 mai 2019, servira à planifier les travaux du Conseil européen et constituera une base pour les travaux des autres institutions.

Ce vendredi, un sommet de la zone euro réunit de nouveau Vingt-Sept chefs d'Etat et de gouvernement. "Parmi les neuf pays membres qui n'emploient pas la monnaie unique, seul le Royaume-Uni n'est pas représenté à cette réunion consacrée à l'approfondissement de l'Union économique et monétaire (UEM) " [La Libre].

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