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[Revue de presse] Nathalie Loiseau et François-Xavier Bellamy à la conquête des électeurs de droite

Revue de presse 14.05.2019 Steven Kakon

Depuis le cercle Interallié à Paris et à l'initiative de l'Institut Montaigne, Nathalie Loiseau (LaREM) et François-Xavier Bellamy (LR) ont fait valoir leurs différences lors d'un débat houleux, lundi 13 mai. Un rare tête à tête dans cette campagne électorale, au cours duquel les deux têtes de liste ont tenté de convaincre les électeurs de droite encore indécis à quelques jours des élections européennes.

Nathalie Loiseau et François-Xavier Bellamy - Crédits : comptes facebook officiels

Nathalie Loiseau et François-Xavier Bellamy - Crédits : comptes facebook officiels

Invités à débattre, lundi 13 mai, par l'Institut Montaigne, groupe de réflexion, Nathalie Loiseau et François-Xavier Bellamy, têtes de liste pour La République en marche (LaREM) et Les Républicains (LR), se sont "opposés sur le projet européen", relate Le Figaro. Un rare échange en "tête-à-tête" [Les Echos] au cours de cette campagne électorale, "sans caméra ni micro, mais en présence d’une poignée de journalistes de la presse écrite", précise Le Parisien.

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Si les deux candidats sont installés à la même table, séparés uniquement par le journaliste Dominique Seux, directeur délégué de la rédaction des Echos, pour arbitrer les échanges, "ils n'ont quasiment jamais croisé leurs regards" notent Les Echos.

Capter l'électorat de droite

Les deux prétendants "guignent le même électorat, celui de la droite libérale et modérée", informe Le Monde. Crédité d'environ 15 % des intentions de vote, M. Bellamy tente en effet de ramener à lui les électeurs habituels de LR tentés par LaREM.

S'il a certes "réussi son entrée et est parvenu à pacifier la droite", le candidat, toujours situé loin derrière la liste Rassemblement national (RN) qui dispute la première place à la liste LaREM, "n’est pas encore parvenu à renverser la tendance", constate Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'institut de sondage Ifop, interrogé par Libération. "Cette frange de l’électorat hésitante entre LR et LaREM est la plus versatile. Elle peut donc encore basculer", explique-t-il.

Ainsi, quand LR "mise sur le début de campagne plutôt mauvais de Nathalie Loiseau et l’inflexion écolo du parti présidentiel pour dissuader l’électorat de droite de glisser un bulletin LaREM dans l’urne", du côté de la majorité présidentielle, "il s’agit évidemment de retenir cet électorat de droite, seul à même de permettre de devancer le Rassemblement national", poursuit le média. Et pour y parvenir, tous les moyens sont permis.

Un débat "sous tension"

Malgré leur "tempérament calme" [Le Monde], "le tapis moelleux du Cercle Interallié [qui accueille le débat] n’aura pas suffi à amortir les attaques" entre deux personnalités qui "ne sont pas épargnées", décrit Le Parisien. En effet, "face à un public de centre-droit qu’il veut attirer à lui, chaque candidat essaie de caricaturer les positions de l’autre", ajoute le quotidien. A cet égard, Nathalie Loiseau dépeint François-Xavier Bellamy en conservateur apôtre d’une France "en noir et blanc", quand ce dernier estime que le programme de son adversaire s'apparente à "un projet classiquement issu de la gauche" [Le Monde]. Sur le même ton, l'ancienne ministre des Affaires européennes a critiqué le positionnement "très très très à droite" de M. Bellamy sur CNews [La Croix].

Afin de se démarquer, le jeune philosophe a clamé dès le départ son refus de se laisser prendre au piège "du faux débat opposant les nationalistes aux progressistes" [Libération], dénonçant ainsi le refus de sa contradictrice de débattre avec lui sur un plateau télé alors qu'elle échangera avec le chef de file du RN Jordan Bardella mercredi soir sur BFMTV [Le Parisien]. "Le seul à qui j’ai dit oui, c’est Jordan Bardella parce que nous sommes à un moment dangereux de la construction européenne", s'est justifiée Nathalie Loiseau, "soucieuse de réimposer le match avec le RN" [Le Parisien].

Autre sujet épineux abordé : celui de la création d'un budget de la zone euro, défendue par Emmanuel Macron, mais critiquée par M. Bellamy. "A terme, il faut y consacrer deux à trois points du PIB européen", affirme Nathalie Loiseau. "Quand on est le dernier de la classe, on ne peut pas demander aux autres Etats de mettre [cet argent] sur la table", lui a objecté M. Bellamy [L'Express].

En difficulté sur les questions économiques, c'est plutôt le cas Viktor Orban qui a "sauvé" Nathalie Loiseau, ajoute L'Express. En effet si Nathalie Loiseau a donné raison à François-Xavier Bellamy s'agissant des quotas de réfugiés qui n'étaient, selon elle, "pas une bonne solution", elle a vivement dénoncé la proximité du candidat LR avec Viktor Orban et "les agissements du Premier ministre hongrois", évoquant sa campagne contre George Soros, ou encore "l'absence de liberté de la justice qui ne poursuit plus les cas de corruption et de détournement des fonds européens".

"Travailler ensemble"

En retour, Nathalie Loiseau a également été attaquée sur ses alliés européens par M. Bellamy, selon lequel LaREM serait obligée de "rejoindre" le groupe des libéraux au Parlement européen qui fait preuve de "naïveté économique" en matière de libre-échange [Le Parisien]. "Nous créerons un groupe centriste et central, sans lequel aucune majorité ne sera possible", a répondu la candidate de la majorité, ajoutant aussitôt que sa formation "ne siégera jamais avec un parti [le Fidesz de Viktor Orban] qui ferme des universités, qui poursuit des ONG, qui lutte contre les minorités et qui met en danger l’indépendance de la justice".

Notons toutefois qu'au-delà de leurs divergences, les deux chefs de file se sentent tout de même plus proches l'un de l'autre que du RN ou de Place publique. "Dieu merci, oui !", s’est ainsi exclamée Nathalie Loiseau, interrogée sur le sujet [Le Monde]. "A l’évidence nous aurons à travailler ensemble au Parlement européen". "On agira dans l’intérêt de la France", a répondu, du bout des lèvres, M. Bellamy.

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