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[Revue de presse] Les ministres européens de l'Agriculture trouvent un compromis sur la PAC

Revue de presse 21.10.2020 Noémie Galland-Beaune

Les ministres de l'Agriculture de l'Union européenne se sont entendus dans la nuit du 20 au 21 octobre sur la réforme de la politique agricole commune (PAC). L'accord du Conseil servira de base au dialogue avec le Parlement européen, qui vote également cette semaine sur le dossier.

La ministre de l'Agriculture allemande, Julia Klöckner, a annoncé tôt mercredi 21 octobre un accord des 27 sur la politique agricole commune (PAC)

La ministre de l'Agriculture allemande, Julia Klöckner, a annoncé tôt mercredi 21 octobre un accord des 27 sur la politique agricole commune (PAC) - Crédits : Conseil de l'UE

"Après une longue lutte, nous sommes arrivés à un accord crucial", a déclaré la ministre allemande de l'Agriculture Julia Klöckner tôt mercredi, à l'issue d'une réunion avec ses homologues européens à Luxembourg [Ouest-France]. Après deux jours de négociations, les 27 ministres de l'Agriculture se sont entendus sur les orientations de la nouvelle PAC, un vaste sujet sur lequel le Parlement européen s'apprête lui aussi à voter.

Changement de philosophie

"Lourd dossier sur la table depuis plus de deux ans", la réforme de la PAC proposée par la Commission en 2018 a pris du retard : elle n'entrera en vigueur qu'en 2023, notent Les Echos. "Car les enjeux sont importants – assurer au continent sa souveraineté alimentaire, permettre aux agriculteurs de vivre décemment de leur métier, participer à la lutte contre le réchauffement climatique et la baisse de la biodiversité, offrir au consommateur des aliments de qualité", énumère Le Monde.

Le projet représente, à plusieurs égards, un "changement de philosophie" par rapport à la PAC actuelle, poursuit le journal. Pour "mieux prendre en compte les différents types d’agricultures et les spécificités des territoires", chaque pays doit présenter "un plan national stratégique" leur laissant "une certaine latitude, dont l’ampleur reste à délimiter" [Le Monde].

Concilier agriculture et environnement

Autre débat de taille, le difficile équilibre entre production agricole et environnement. La future PAC doit ainsi donner naissance à des "éco-régimes", qui "réserveraient une part des aides directes ([qui constituent] deux tiers du budget de la PAC)" aux pratiques écologiques des agriculteurs, soulignent Les Echos. "Le problème clé est de trouver l'équilibre entre soutien aux revenus et éco-régimes", résume le ministre espagnol Luis Planas, cité par le média.

"Le Conseil a fini, non sans mal, par se mettre d’accord (...) sur le chiffre de 20 %" d'aides conditionnées au respect de l'environnement, rapporte Le Monde. La France, elle, "militait pour 30 %, quand d’autres pays imaginaient [ces écorégimes] aussi peu contraignants que possible", continue le quotidien. Le texte prévoit aussi de nombreuses exemptions, permettant d'utiliser ces fonds pour des "projets agricoles non écologiques à l'ancienne" [Politico]. Les petites exploitations seraient par ailleurs soumises à des contrôles simplifiés pour réduire "la charge administrative, tout en garantissant en même temps leur contribution aux objectifs environnementaux et climatiques", poursuit Euractiv.

Débat houleux au Parlement européen

Le débat va se poursuivre toute la semaine au Parlement européen, avant un vote en première lecture vendredi. "Autant dire que le sujet donne lieu à de nombreuses passes d’armes (…) entre les différents groupes politiques de l’Assemblée législative, qui, en quatre jours, doit examiner plus de 2 000 amendements sur la PAC", souligne Le Monde.

Là aussi, les controverses portent essentiellement sur le niveau d'ambition environnementale. Les groupes PPE (conservateurs), S&D (socialistes) et Renew Europe (libéraux) se sont accordés sur un compromis réservant 30 % d'aides directes aux éco-régimes. Un accord salué par le commissaire européen Janusz Wojciechowski qui, tout en qualifiant l’accord du Conseil de "bon point de départ" pour les négociations, s'inquiète que certaines orientations "ne rencontrent pas notre ambition pour une PAC plus verte et équitable" [RTBF].

Mais "pour les Verts et la GUE (extrême gauche), la PAC n'est pas encore assez respectueuse de la biodiversité et utilise trop de pesticides", explique Le Point. "La future PAC n’intègre pas les objectifs du 'green deal' que s’est pourtant fixés la Commission. Et les mesures prévues dans les éco-régimes ne sont pas sérieuses, c’est du 'green washing'", regrette ainsi Benoît Biteau (Verts / ALE) [Le Monde]. Le groupe écologiste a déposé un amendement de rejet qui, s'il était adopté, "forcerait la Commission à présenter une nouvelle proposition, sachant qu'un régime de transition maintenant les effets de la PAC actuelle est prévu jusqu'en 2023", explique la RTBF.

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