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[Revue de presse] Législatives espagnoles : les socialistes en tête, poussée de l'extrême droite

Revue de presse 29.04.2019 Steven Kakon

Le Parti socialiste espagnol, dirigé par le Premier ministre sortant Pedro Sanchez, est arrivé largement en tête des élections législatives, dimanche 28 avril, avec 29% des voix. La constitution d'un gouvernement s'annonce toutefois délicate, les autres formations s'opposant frontalement sur de nombreux sujets clés, dont la question catalane. 

Le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, après l'annonce de la victoire de son parti aux élections législatives du 28 avril - Crédits : compte facebook

Le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, après l'annonce de la victoire de son parti aux élections législatives du 28 avril - Crédits : compte facebook

"Pour la troisième fois en trois ans et demi", les Espagnols se sont rendus aux urnes dimanche 28 avril, à l'occasion d'élections législatives anticipées [Le Point]. Ce scrutin a été organisé suite au rejet du projet de budget 2019 par le Parlement espagnol en février dernier, rappelle Franceinfo.

Le vote, qui revêtait un "fort enjeux" [L'Express], a été dominé par des "thématiques clivantes", incluant notamment l'identité nationale et l'égalité des sexes [Le Figaro]. Et il a fortement mobilisé les électeurs, avec 75,8 % de participation, correspondant à une augmentation de neuf points par rapport aux élections de 2016, informe Le Point.

Victoire des socialistes

Après "dépouillement de 90% des bulletins", le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) du Premier ministre sortant Pedro Sanchez arrive largement en tête avec 29,8% des voix, relate Franceinfo.

Le PSOE devance le Parti populaire (PP, droite) qui obtient 17 % des suffrages, le parti libéral de centre-droit Ciudadanos (C's) qui recueille quant à lui 16 % des voix et le parti de gauche radicale Podemos (14 % des voix) [Le Figaro]. "Le futur a gagné et le passé a perdu", a ainsi lancé Pedro Sanchez en proclamant sa victoire devant les militants au siège de son parti à Madrid [L'Express]. "La démocratie sociale a un grand avenir devant elle, grâce à son exceptionnel présent, et l’Espagne en est le reflet. Nous allons former un gouvernement pro-européen qui va renforcer et non pas affaiblir l’Europe", a ajouté le chef du gouvernement sortant, cité par Le Monde.

Longues négociations à venir

Si ce score permet au PSOE d'obtenir autour de 123 députés, il sera insuffisant pour atteindre la majorité à la Chambre, qui compte 350 sièges, et ainsi pouvoir gouverner seul, note Le Monde. Dans un paysage politique marqué par la fin du bipartisme entre conservateurs et socialistes depuis 2015 et un Parlement toujours plus fragmenté, Pedro Sanchez se voit contraint de "bâtir une coalition pour continuer à gouverner", relève L'Express. Or les négociations qui s'annoncent "longues" seront probablement "entravées par la campagne des européennes, régionales et municipales du 26 mai prochain", prévient Le Figaro.

Podemos, qui a récolté 42 sièges (contre 67 en 2016), s'est d'ores et déjà "dit prêt à discuter d’une coalition gouvernementale de gauche avec le PSOE", fait savoir Le Monde. Mais le compte serait toujours insuffisant pour obtenir la majorité (176 sièges). Une alliance entre le PSOE et Ciudadanos, qui obtient environ 57 sièges, est également "en théorie" possible, observe Le Figaro. A eux deux, ces partis dépasseraient de peu la majorité. Mais la concrétisation d'une telle coalition reste très hypothétique, le parti centriste dirigé par Albert Rivera n'ayant cessé de répéter que leur objectif était de "mettre Sanchez dehors", ajoute le journal. De fait, les deux formations s'opposent sur la question catalane, tandis que les socialistes reprochent à Ciudadanos d'avoir passé un accord avec l'extrême droite en Andalousie.

Premier succès national de l'extrême droite depuis Franco

Vox, le parti d'extrême droite, était "pratiquement inconnu jusqu'à son irruption en Andalousie". Y obtenant le premier résultat significatif de son histoire en décembre dernier lors des élections régionales, le parti ultranationaliste a "fait ressurgir l'extrême droite dans un pays où elle était insignifiante depuis la mort de Franco en 1975", écrit La Croix.

"Marginal il y a à peine six mois", Vox a créé un "séisme politique", renchérit Franceinfo. Hier, le parti a en effet décroché 24 sièges en recueillant 10 % des suffrages. "La gauche sait que la fête est finie", a fièrement déclaré Javier Ortega Smith, le numéro 2 du parti.

"Adoptant un virulent discours antiféministe et contre l’immigration, [Vox] a prospéré en particulier en prônant la manière forte en Catalogne", sujet qui cristallise la société espagnole, analyse Le Monde. Tout au long de sa campagne, le parti a en effet ciblé la "région sécessionniste", promettant de "se débarrasser du système actuel de dévolution des pouvoirs régionaux en Espagne", décrypte à son tour El País.

En France, la poussée de Vox a été saluée par Marine Le Pen, qui y voit une "entrée fracassante". La cheffe du Rasseblement National a déclaré être toujours "en quête d'alliés, si possible puissants" à l'approche des élections européennes [Huffington Post].

Progression des indépendantistes catalans

Toutefois, en obtenant 22 sièges, les indépendantistes catalans gagnent également du terrain, observe Le Parisien, et pourront aussi être entendus au Parlement. De manière assez spectaculaire, cinq séparatistes catalans, qui ont fait campagne depuis leur cellule de prison, ont été élu députés, rapporte le média. Il s'agit notamment d'Oriol Junqueras, principal accusé du procès qui a débuté le 12 février dernier contre lequel le parquet a requis 25 ans de prison pour rébellion et détournement de fonds, poursuit Le Parisien.

Qualifié de "traître" par Vox, très critiqué par le PP et Ciudadanos pour être aujourd'hui au pouvoir en partie grâce aux voix des séparatistes catalans et avoir "ensuite tenté de dialoguer avec eux", Pedro Sanchez pourrait de nouveau avoir besoin de ces derniers pour gouverner, même s'il préfèrerait éviter cette option [Le Point].

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