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[Revue de presse] La Commission européenne dévoile son projet d’Europe de la santé

Revue de presse 12.11.2020 Agnès Faure

La commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides a présenté mercredi 11 novembre son programme établissant une Europe de la santé. Tirant les leçons de la crise sanitaire actuelle, l’exécutif européen veut créer une nouvelle agence et renforcer les compétences de celles déjà existantes pour mieux faire face aux prochaines pandémies.

La commissaire européenne en charge de la Santé a présenté mercredi un projet visant à faire un premier pas vers une Union européenne de la santé

La commissaire européenne en charge de la Santé a présenté mercredi un projet visant à faire un premier pas vers une Union européenne de la santé - Crédits : Dati Bendo / Commission européenne

"Mercredi, la Commission européenne a commencé à exposer précisément ce qu'elle ferait avec plus de pouvoir sur la politique de santé, et le résumé est : beaucoup", écrit Politico. Le média bruxellois réagit à la présentation faite par la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides. Le 11 novembre, pendant que "la Commission s'engageait à acheter 200 millions de doses du vaccin [développé par Pfizer et BioNTech], avec une option pour 100 millions de doses supplémentaires" [Politico], la commissaire chypriote a dévoilé le projet de l’exécutif européen pour créer "une Union européenne de la santé" et "faire de la crise sanitaire une opportunité", estiment Les Echos.

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"Alors que les questions de santé relèvent de la compétence des États membres, […], l'UE entend ne pas se trouver désarmée à la prochaine pandémie" et propose déjà "un arsenal censé assurer une meilleure coordination et des moyens d'actions communs", note France info. "Le timing est approprié, nous avons tiré des leçons de cette pandémie", justifie la commissaire responsable du projet, qui estime que "la possibilité d’avoir d’autres pandémies ou urgences sanitaires est bien là”, dans un entretien accordé au quotidien belge Le Soir. "Soyons francs, [...] l’UE n'a pas beaucoup de compétences dans le domaine de la santé. Ces propositions ne régleront pas ce problème", a réagi un fonctionnaire européen cité par Politico. "Mais nous savons que nous pouvons être mieux préparés [et] améliorer le cadre de coopération que nous avons mis en place", a-t-il poursuivi. 

Mieux anticiper les risques sanitaires

Elément phare du projet de la Commission, la création "d'une nouvelle autorité, baptisée ‘Health Emergency Response Authority’ (HERA)", établie sur le modèle de "l’autorité américaine pour la R&D [recherche et  développement] avancée dans le domaine biomédical [Barda]”, décrivent Les Echos. "Nous avons besoin d’être capables d’anticiper des menaces spécifiques et ne pas attendre qu’elles se produisent. Ainsi, nous serons en mesure d’avoir des réponses en place qui nous permettront de réagir vite”, a expliqué Stella Kyriakides au Soir.

Les contours de cette future agence sont encore flous mais doivent faire l'objet "d'une proposition formelle, fin 2021, pour une entrée en service attendue en 2023". La Commission européenne souhaite la voir "nouer des partenariats public-privés avec l'industrie pharmaceutique et les organismes de recherche" [France info]. Alors que la crise sanitaire a "mis en évidence la dépendance de l’Europe à des pays tiers", l’institution européenne souhaite qu’à travers cette agence, "les industriels investissent dans des produits innovants, puis qu'ils restent en Europe pour les produire". A l’image de son modèle américain, cette autorité pourrait également "investir très tôt dans la R&D pharmaceutique", détaillent Les Echos. "Aux Etats-Unis, […] les industriels bénéficient de l'argent de l'autorité américaine pour accélérer le développement de leurs traitements, tandis que l'Etat bénéficie des compétences en recherche et développement des laboratoires", indique Marie Humblot Ferrero, directrice associée au cabinet de conseil BCG. "La Barda américaine s'assure ainsi une primauté sur les nouveaux traitements découverts", explique-t-elle au journal économique. 

Améliorer les capacités de réaction

En complément de cette nouvelle autorité sanitaire, la Commission européenne souhaite également pouvoir "activer un mécanisme d’intervention d’urgence de l’UE (EU emergency response mechanism)”, indépendamment de l’Organisation mondiale de la santé. Ce qui lui donnerait "de la flexibilité pour déclarer immédiatement une situation d’urgence et commencer à faire des stocks, à lancer des marchés publics et avoir une réponse précoce”, complète la commissaire chargée de la Santé [Le Soir]. En parallèle, l'Agence européenne des médicaments (EMA) verrait elle aussi son mandat renforcé et serait dotée "de tâches et effectifs supplémentaires, pour surveiller les risques de pénuries de médicaments et dispositifs médicaux, et pour faciliter les essais et procédures d'approbation de potentiels traitements cruciaux” [France info]. 

Dans cette même optique, la Commission européenne souhaiterait renforcer les pouvoirs du Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC). Actuellement, celui-ci "se limite à présenter des données scientifiques, ce qui laisse à chaque capitale nationale la responsabilité d'interpréter la signification de ces données”, explique Politico. Dans la proposition de la Commission, l’ECDC pourrait "formuler des recommandations politiques". "Nous pourrons surveiller leurs capacités dans les hôpitaux, les unités de soins intensifs et le personnel. Nous serons aussi capables de déployer des équipes d'experts dans les États membres lorsqu'une crise sanitaire rend leur aide nécessaire”, détaille Mme Kyriakides à Euronews. "Surveillance renforcée des maladies émergentes, capacité d'action en temps réel, déploiement d'équipes d'assistance dans les Etats européens affrontant une crise : l'ECDC deviendrait le bras armé de cette nouvelle stratégie”, résument Les Echos.

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Si les propositions de la Commission sont approuvées par les gouvernements et les députés européens, ces réformes "seraient immédiatement applicables et pourraient renforcer les pouvoirs de l'UE dans la lutte contre la pandémie actuelle, dont la plupart des pays européens connaissent une recrudescence”, souligne Reuters.

 

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