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[Revue de presse] Covid-19 : le Conseil européen charge la Commission d'élaborer un plan de relance

Revue de presse 24.04.2020

Au terme d’un Conseil européen sans surprise, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne ont entériné un accord de principe sur la nécessité d’un plan de relance économique à moyen-terme. Les modalités de ce plan massif n'étant pas précisées, ils ont chargé la Commission européenne d'en définir les détails pour le 6 mai prochain.

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel à l'issue du sommet du jeudi 23 avril - Crédits : Union européenne

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel à l'issue du sommet du jeudi 23 avril - Crédits : Union européenne

Au lendemain du Conseil européen du jeudi 23 avril au cours duquel les Vingt-Sept ont cherché à trouver un accord sur un plan de relance économique pour faire face à la crise du Covid-19, Le Monde s’attarde sur les déclarations des chefs d’Etat et de gouvernement à l'issue du sommet. Le président du Conseil italien Giuseppe Conte a salué de "gros progrès" dans les discussions, tandis que le président français Emmanuel Macron s’est félicité d’un "consensus sur la nécessité d’une réponse décidée rapidement et d’une réponse forte". Même Mark Rutte, le chef du gouvernement néerlandais, qui se trouvait pourtant en conflit avec ses homologues italien et espagnol lors du précédent Conseil européen du 26 mars dernier, s’est réjoui : "Nous avons été capables de nous parler". Ces progrès n’empêchent pas le quotidien français de titrer : "Les Vingt-Sept restent très loin d’un accord". Un paradoxe qui résume bien les conclusions en demi-teinte de ce Conseil européen, le quatrième consacré à la crise du Covid-19 depuis le début de l'épidémie.

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Un accord sur le fond mais pas sur la forme

Les chefs d’Etat et de gouvernement ont tout d’abord approuvé le plan d’urgence à court terme proposé par l’Eurogroupe le 9 avril dernier, à hauteur de 540 milliards d’euros. Le président du Conseil européen Charles Michel a "appelé les parlements nationaux à légiférer", pour que ce dernier soit "appliqué au 1er juin" [Politico].

Sur le plan de relance plus massif et à plus long terme en revanche, les dirigeants se sont cantonnés aux grandes lignes, explique Ouest-France. Le constat est unanime : "Face à une crise exceptionnelle, il faut aller vite et frapper fort. De ce point de vue, un accord de principe a été trouvé pour un grand plan de relance censé répondre à la crise financière qui s’annonce". Les contours de cet accord restent encore flous, notamment "sur le montant", souligne Politico. Seule certitude à l’issue des cinq heures de discussions, ce plan sera "rattaché au budget pluriannuel de l’Union européenne défini par la Commission", note El País, suivant ainsi les préconisations faites par le président du Conseil européen dans un courrier adressé aux dirigeants en amont du sommet [Reuters].

Les Vingt-Sept ont ainsi "chargé la Commission de préparer un plan de sortie de crise", poursuit Le Temps avec l’AFP. Cette dernière présentera ses propositions le 6 mai prochain. La Libre indique que la Commission européenne "voudrait porter à 2 % du revenu national brut de l’UE le plafond de ressources propres du budget européen [constitué à 75 % des contributions nationales] pour les deux ou trois premières années du nouveau cycle budgétaire, contre 1,02 % actuellement". Or la hausse des contributions nationales avait jusque-là été sujette à d'importantes divisions. El Mundo note toutefois que l’Allemagne, qui "s’y opposait fermement en janvier et février", s’est depuis rapprochée de la position de la Commission. La chancelière allemande Angela Merkel a en effet "assuré que son pays était prêt à augmenter sensiblement sa contribution au budget de l’Union européenne pour la période 2021-2027", rapporte le journal espagnol.  

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Divergences sur le mode de financement et de redistribution

De profondes divisions subsistent néanmoins sur les modalités de redistribution, sur lesquelles les positions demeurent très marquées. Si Emmanuel Macron milite pour des "transferts budgétaires" [Le Monde], soit des subventions directes financées par le budget européen, les Etats dits "frugaux" préfèrent l'octroi de prêts, impliquant donc des remboursements.

Plusieurs montants ont également été évoqués : l’Espagne a notamment proposé d’engager 1 500 milliards d’euros, soit 10 % du PIB européen, tandis qu'une note interne de la Commission avançait un montant de 2 000 milliards d'euros [Politico]. Mais pour financer un tel plan, la question d’un emprunt européen a été abordée, et continue de raviver les lignes de fracture entrevues au cours du débat sur les "coronabonds". La Commission, garantie par les Etats, pourrait en effet lever des fonds sur les marchés financiers "qui alimenteraient le cadre financier pluriannuel par le biais d’un programme consacré à la relance", explique La Libre. Selon Politico, l'exécutif européen envisagerait de lever 320 milliards pour alimenter ce plan de relance. La présidente de la Commission européenne a pour sa part évoqué "un montage qui permettrait d’emprunter jusqu’à 1 000 milliards d’euros sur trois ans", indique Le Monde. Angela Merkel a cependant rappelé son opposition à tout endettement mutualisé [Le Temps].

A ce sujet, "toutes les questions restent donc en suspens", conclut La Libre. Avec une crainte exprimée par Politico : "L’accord sur le budget pluriannuel, déjà très en retard sur la feuille de route initiale, pourrait être encore repoussé, paralysant de fait les programmes prenant fin au 31 décembre 2020."

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