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[Revue de presse] Covid-19 : la Commission européenne dévoile des prévisions économiques alarmantes

Revue de presse 07.05.2020 Agnès Faure

Le 6 mai, la Commission européenne a publié ses nouvelles prévisions de croissance pour 2020. En raison de l'épidémie de coronavirus, tous les pays membres devraient entrer dans une profonde récession, bien qu'à des degrés divers. Des perspectives qui, selon Bruxelles, menacent l'équilibre de la zone euro et appellent à une plus grande solidarité entre Etats.

Le commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni, a dévoilé mercredi 6 mai des prévisions économiques alarmantes pour l'Union européenne et la zone euro

Le commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni, a dévoilé mercredi 6 mai des prévisions économiques alarmantes pour l'Union européenne et la zone euro - Crédits : Lukasz Kobus / Commission européenne

“Du jamais vu depuis la création de l’Union européenne”, annoncent Les Echos. “Alors qu'en novembre, Bruxelles anticipait une croissance de 1,1 % en 2020 dans la zone euro, c'est désormais une récession historique qui va s'abattre sur le continent”, poursuit le quotidien. A en croire les chiffres avancés par la Commission européenne le 6 mai, la richesse des économies européennes pourrait se contracter de 7,4% en 2020, et de 7,7% dans la zone euro. Une récession  “bien plus importante que la baisse de 4,5 % enregistrée en 2009, la pire année de la crise financière”, souligne Politico qui qualifie ces prévisions de “crise cardiaque économique” pour l’UE. Pour Paolo Gentiloni, le commissaire en charge de l'Economie qui a présenté hier ces chiffres, il s'agit “[d’] un choc économique sans précédent depuis la Grande dépression [de 1929] [Le Figaro].

Un choc que tous n'encaissent pas de la même manière, faisant craindre au Financial Times que “la crise du coronavirus menace la stabilité de la zone euro et exacerbe les divisions économiques et sociales au sein de l'UE.”

Prévisions alarmantes

En effet, s’il s’agit d’un “choc symétrique” touchant l'ensemble des Etats membres, le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis précise dans Le Figaro que “la chute s'annonce encore plus vertigineuse pour certains pays membres de la zone euro”. “Sans surprise, les pays qui vont payer le plus lourd tribut sont ceux qui ont le plus durement confiné leur population : Italie (-9,5%), Espagne (-9,4%), France (-8,2%)”, estime Libération, alors que “ceux qui ont été plus souples s’en sortent un peu mieux : Pologne (-4,3%), Autriche (-5,5%), Suède (-6,1%), Allemagne (-6,5%)”, poursuit le quotidien. Pour le Luxemburger Post, la forte dépendance au tourisme de certains pays est un autre élément de fragilité. Le quotidien note “sans surprise” que “les pays pour lesquels la Commission européenne anticipe les pires récessions cette année sont dans l'ordre : la Grèce (-9,7%), l'Italie (-9,5%) et l'Espagne (-9,4%), tous trois très dépendants des dépenses des touristes”. Pour ceux-ci, Bruxelles prévoit en effet une reprise plus difficile “en raison de la baisse permanente des niveaux d'investissement et de l'impact sur des secteurs tels que le tourisme”, confirme le Financial Times.

Bien que l'exécutif européen “anticipe un début de rebond au deuxième semestre, l'année 2020 dans son ensemble s'annonce […] catastrophique”, rapportent Les Echos. Et pour 2021, si la Commission anticipe une reprise de l’activité, elle ne croit pas “à un rebond suffisamment fort pour effacer totalement le choc", poursuit le quotidien économique. D’après Paolo Gentini, “seules l'Allemagne, l'Autriche, la Croatie, la Slovaquie et la Pologne devraient retrouver le niveau d'activité économique du dernier trimestre de 2019”, contrairement à l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas, où le niveau de production resterait inférieur “de plus de 2 % au niveau de fin 2019” sur la même période, relaie Politico. La Commission insiste néanmoins sur le danger réel “d’une récession plus profonde et plus prolongée”, si une deuxième vague épidémique venait à se déclarer, poussant le Financial Times  à relativiser les chiffres annoncés : "Les prévisions présentées dans ce document doivent donc être comprises comme un scénario possible parmi d'autres".

Quelle que soit l'intensité de la crise actuelle, elle fait planer une menace au niveau européen : les écarts entre pays du Nord et du Sud “risquent de se creuser”, avertit en effet l’Echo. Un avis partagé par l’exécutif européen qui voit en ce fossé “un danger collectif”. Compte tenu de “l'interdépendance des pays européens, ‘une reprise incomplète dans un pays déborderait sur tous les autres pays et affaiblirait la croissance partout’”, a souligné la Commission. "De telles divergences sont une menace pour le marché unique et la zone euro, mais elles peuvent être atténuées par des actions décisives et collectives", confirme M. Gentiloni [l’Echo].

Les enjeux de la relance

Ces annonces “[mettent] la pression sur Bruxelles pour présenter un plan destiné à stimuler la reprise économique européenne. Un exercice périlleux tant les 27 pays de l'UE sont divisés sur les solutions à apporter”, observe le Luxemburger Post. Pour le commissaire européen, l'Union doit ainsi “se montrer solidaire, et prendre à sa charge une grande partie des dépenses que devront faire Rome, Athènes ou Madrid pour se remettre de cette récession sans précédent” [Le Monde].

Sans un effort coordonné des États membres, la crise risquerait en effet d’introduire "de graves distorsions au sein du marché unique […] qui pourraient à terme menacer la stabilité de l'Union économique et monétaire" [Financial Times]. Pour Politico, les avertissements du commissaire italien constituent donc "un message clair" envoyé aux capitales “alors que la Commission continue à se battre pour élaborer un budget révisé à long terme combiné à un plan de relance”.

 

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