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[Revue de presse] Covid-19 : la Commission européenne appelle à une réouverture concertée des frontières intérieures

Revue de presse 13.05.2020 Agnès Faure

Mercredi 13 mai, la Commission européenne présente ses propositions pour organiser la réouverture des frontières intérieures de l’Union européenne. Elle devrait appeler les Etats européens à procéder de manière “coordonnée” et “progressive”. Les propositions sont particulièrement attendues par les professionnels du tourisme et les Etats membres dont l'économie dépend fortement de ce secteur.

La Commission européenne présente ce mercredi des recommandations aux Etats membres concernant la réouverture des frontières au sein de l'UE

La Commission européenne présente ce mercredi des recommandations aux Etats membres concernant la réouverture des frontières au sein de l'UE. Ici, un passage fermé à la frontière italo-slovène pour stopper la propagation du coronavirus. - Crédits : AlenaPaulus / iStock

Dans un document qui doit être rendu public ce mercredi 13 mai, la Commission européenne fait plusieurs propositions aux Etats membres afin d’organiser la levée des contrôles aux frontières intérieures de l’UE.  Selon les médias qui ont eu accès à une version provisoire, l'exécutif européen prônerait une réouverture “concertée", "la plus harmonieuse possible" et "non discriminatoire“ [Le Point avec AFP]. Alors que "le rétablissement des contrôles temporaires à leurs frontières mi-mars s’était fait […] en dérogation à la libre circulation au sein de l'espace Schengen, et sans coordination”, il s’agit donc pour la Commission d’inciter les Etats à se concerter pour sortir de la crise [Deutsche Welle].

Réouverture concertée des frontières intérieures

La Commission privilégierait un rétablissement de la liberté de circulation en deux étapes. En premier lieu, “les pays dont la situation épidémiologique est comparable […] devraient lever les restrictions de voyage entre eux, à condition qu'ils respectent toujours la distanciation sociale”, explique Politico. Dans cette optique, un résident italien ne pourrait pas encore se rendre en Grèce car la pandémie a été bien plus violente en Italie. Sur le même principe, si “l'Autriche ouvre ses frontières avec l'Allemagne, elle doit aussi le faire pour la République tchèque si ce pays est dans une situation comparable à l'Allemagne”, complète Le Point avec AFP. Ce n’est que dans un second temps “que les voyages seront rétablis dans l'ensemble de l'espace Schengen et au-delà” [Politico]. 

Certains pays ont déjà adopté cette logique de réouverture de leurs frontières avec des voisins connaissant une situation épidémiologique similaire. L’Estonie, la Lituanie et la Lettonie prévoient notamment de rétablir la libre circulation entre eux, à compter du vendredi 15 mai [Le Figaro]. Le Premier ministre lituanien a justifié cette décision en déclarant que "les trois pays baltes ont suffisamment freiné la propagation du coronavirus. Nous avons également confiance dans nos systèmes de santé respectifs". Cet espace de libre circulation pourrait d'ailleurs s’étendre également à la Pologne et à la Finlande, selon Politico. De leur côté, la France et le Royaume-Uni ont décidé dimanche dernier d'autoriser “les voyageurs en provenance de France à traverser la Manche sans être soumis à une quarantaine”. Cela n'a néanmoins “pas été confirmé par la stratégie de sortie du Royaume-Uni publiée lundi”, note le média.

Si elle préconise des accords entre pays aux situations épidémiologiques comparables, la Commission devrait néanmoins rappeler au respect du principe de non-discrimination. Ainsi, “quand un pays ouvre ses frontières avec un autre pays, il doit le faire pour tous les habitants de ce pays, qu'ils en aient la nationalité ou pas” [L’Express avec l’AFP]. Si, comme le relève Ouest-France, l’Autriche décidait d’ouvrir sa frontière avec l'Allemagne, elle devrait “accepter tous les résidents vivant en Allemagne, quelle que soit leur nationalité”, explique un diplomate européen. “Le lieu de résidence devrait donc, selon la Commission, l’emporter sur la nationalité”, résume Le Figaro.

Sauver le secteur touristique

Si “les appels à une réouverture des frontières internes de l’espace Schengen se multiplient”, c’est principalement pour des raisons économiques [Deutsche Welle]. Le tourisme représente en effet “10% du PIB de l'UE et 12% de l'emploi”. Une part “encore plus forte” pour les pays comme la Grèce, l'Italie, l'Espagne et le Portugal. Le rétablissement de la libre circulation représente dès lors un enjeu crucial pour ces pays. “Si les estivants restaient loin de leurs rivages, leur situation économique, déjà mauvaise, pourrait encore s'aggraver”, note L’Express avec l’AFP.

A l'inverse, la réouverture des frontières fait craindre une plus large propagation de l'épidémie de coronavirus. Ainsi, pour prévenir une deuxième vague, la Grèce propose notamment “d'autoriser l'entrée de touristes qui passeraient un test avant de voyager”. Ils seraient autorisés à embarquer dans les avions seulement en cas de “test négatif, ou avec un test d'anticorps positif”, avait ainsi suggéré le Premier ministre grec à CNN. Une approche toutefois déconseillée par l'Organisation mondiale de la santé comme le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, relève Politico, du fait des nombreux doutes quant à la fiabilité des tests disponibles et à l'immunité entraînée par le virus. Pour sa part, le parti conservateur européen (PPE) recommande “un soutien financier immédiat envers les entreprises touristiques, les hôtels, les compagnies aériennes, les agences de voyage et les restaurants” [Deutsche Welle].

 

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