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[Revue de presse] Covid-19 : en Europe, des campagnes de vaccination à l'efficacité variable, mais unanimement critiquées

Revue de presse 06.01.2021 Noémie Galland-Beaune

Lancées par les Etats membres de l'Union européenne depuis le 27 décembre, les campagnes de vaccination connaissent des démarrages plus ou moins efficaces selon les pays. Leur lenteur, ainsi que les problèmes d'approvisionnement qui se font déjà sentir, suscitent les critiques. L'Agence européenne des médicaments pourrait néanmoins dissiper ces craintes de pénurie en autorisant la mise sur le marché du vaccin de Moderna.

Les campagnes de vaccination ont commencé au sein de l'Union européenne dès le 27 décembre 2020, comme ici en Pologne

Les campagnes de vaccination ont commencé au sein de l'Union européenne dès le 27 décembre 2020, comme ici en Pologne - Crédits : Adam Guz / Flickr Kancelaria Premiera CC 0

Un mois après le début de la vaccination au Royaume-Uni et une semaine après que le reste du continent lui a emboité le pas, les campagnes menées par les Etats membres connaissent des fortunes diverses. "L’Allemagne n’a pas manqué, une fois encore, d’être érigée en exemple pour souligner les manquements tricolores en matière de vaccination", signale France 24. "Les 516 doses administrées officiellement au 4 janvier dans l’Hexagone peuvent, il est vrai, faire pâle figure comparées aux 238 000 qui ont déjà été distribuées de l’autre côté du Rhin", ajoute le média. "Cependant, même si le rythme de vaccination outre-Rhin est largement supérieur à celui de beaucoup de pays européens, la presse [allemande] estime qu'il est bien trop lent", explique Le Figaro. Les Allemands "ont du mal à comprendre le 'faible' nombre de vaccinations effectuées alors qu’officiellement 1,3 million de doses du vaccin de Pfizer/BioNTech ont été livrées aux autorités des Länder", note France 24.

Un discours sévère qui fleurit un peu partout sur le continent. "Tous les pays en Europe sont critiqués. Il n'y a pas un pays où on félicite les autorités gouvernementales. Il y a une impatience désormais pour nos concitoyens", affirme le Commissaire européen Thierry Breton [Le Figaro]. En effet, les médias espagnols dénoncent eux aussi une "vaccination lente et inégale" avec des "disparités entre les communautés autonomes", rapporte Courrier International. Selon les données fournies par le ministère espagnol de la Santé et rapportées par El Periódico, "les îles Canaries (100 %), les Asturies (79 %) ou la Galice (48 %) ont des pourcentages de vaccination beaucoup plus élevés que le Pays basque (2,6 %), Murcie (3,4 %) ou les Baléares (3,4 %)" [Courrier international]. Le journal catalan La Vanguardia assure néanmoins que l'Espagne fait "au moins, bien mieux que les Français" [Le Figaro]. En effet, "devant le tollé général de la lenteur de la mise en place de la campagne de vaccination avec environ 5 000 personnes vaccinées  [au 5 janvier], le gouvernement a annoncé qu'il allait passer la vitesse supérieure […]. Le président Emmanuel Macron réunit un conseil de défense aujourd'hui, et demain, le Premier ministre devrait présenter de nouvelles mesures et détailler la stratégie vaccinale", note Euronews.

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La stratégie européenne au cœur des critiques

Si les gouvernements nationaux sont dans le collimateur, l'Union européenne est elle aussi incriminée. "La Commission européenne est sous le feu roulant des critiques, accusée d’avoir été inefficace et d’avoir précommandé trop peu de doses", explique RFI. "Contrairement aux États-Unis ou au Royaume-Uni, l’UE ne s’est pas concentrée sur les vaccins de Pfizer et Moderna", explique France 24. "L’Europe a passé commande pour près de 2 milliards de doses auprès de six laboratoires, mais comme il n’y a pour l’instant que Pfizer (et bientôt Moderna) qui a reçu le feu vert de l’agence européenne des médicaments, cette stratégie précautionneuse de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier se retourne contre elle", ajoute le média.

"La critique fait rage en Allemagne contre le gouvernement fédéral accusé hier dans le quotidien populaire Bild d’avoir confié à la Commission la tâche de négocier les précommandes alors que l’équipe de négociateurs allemands, français, italien et néerlandais y arrivaient très bien tous seuls", note RFI. Pour le quotidien Die Welt, c'est un comble que le "fruit de la recherche allemande soit largement disponible aux États-Unis mais demeure une denrée rare en Allemagne" [France 24]. La France dénote également des problèmes d'approvisionnement. Les autorités sanitaires n'ont reçu que la moitié des 1,1 million de doses de vaccin prévues à cause d'une décision de la Commission européenne "de plafonner les livraisons par pays à 520 000 doses par semaine, afin de faciliter la logistique et d’assurer un traitement équitable entre tous les pays", explique le ministre de la Santé Olivier Véran [France info].

Un nouveau vaccin pour alléger la pression ?

La solution pour rétablir la situation pourrait néanmoins venir de l'Union européenne. "L'Agence européenne des médicaments (EMA) reprend mercredi son évaluation [du vaccin Moderna] sous la pression des pays de l'Union européenne, confrontés à une recrudescence des contaminations", annonce en effet Le Figaro. Alors qu'un avis de sa part était attendu lundi 4 janvier, elle avait finalement annoncé que "des informations scientifiques supplémentaires sur les questions liées à la qualité, à la sécurité et à l'efficacité du vaccin" étaient jugées "nécessaires pour soutenir la rigueur requise pour une autorisation de mise sur le marché conditionnelle", explique L'Indépendant.

Ce vaccin, qui "a déjà reçu, dès le 18 décembre, l'autorisation d'urgence de l'Agence américaine des médicaments (FDA), une semaine après en avoir fait de même avec celui de Pfizer-BioNTech" permettrait une manipulation plus simple, car la formule a "l'avantage de pouvoir être conservée à -20°C, et non -70°C" [Le Figaro]. Il pourrait ainsi venir renforcer les stocks de vaccins disponibles en Europe. "Si comme on s'y attend l'Europe l'autorise, la France devrait recevoir chaque mois 500.000 doses à partir de mi-janvier", note France Bleu.

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