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[Revue de presse] Covid-19 : 7,4 milliards d’euros collectés par le "téléthon" européen pour la recherche

Revue de presse 05.05.2020 Agnès Faure

Au terme d’une vidéo-conférence organisée lundi 4 mai par la présidente de la Commission européenne, celle-ci a annoncé avoir levé 7,4 milliards d’euros auprès de nombreux dirigeants internationaux pour aider la recherche contre le coronavirus. Mais l’absence des Etats-Unis a mis à mal la dimension solidaire de l'événement.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a organisé lundi 4 mai une conférence mondiale afin de lever des fonds pour la recherche d'un vaccin et de traitements contre le Covid-19

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a organisé lundi 4 mai une conférence mondiale afin de lever des fonds pour la recherche d'un vaccin et de traitements contre le Covid-19 - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

“Nous l'avons fait. Nous avons obtenu 7,4 milliards d'euros”, a annoncé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à l’issue de la conférence mondiale. L'objectif visé, 7,5 milliards d’euros, “devrait être atteint dans les prochains jours”, certains participants comme “la Turquie, la principauté de Monaco et la Banque européenne d'investissement (BEI) [n’ayant] pas précisé le montant de leurs contributions” [La Libre]. Au cours des trois heures de conférence, “une quarantaine de pays, et une vingtaine d’organisations ont répondu à l’appel”, ainsi que plusieurs personnalités telles la chanteuse Madonna, rapporte le Nouvel Obs. "Cela montre que la réponse mondiale doit également inclure la société civile et la communauté mondiale des citoyens", a souligné Mme von der Leyen [Politico].

Parmi les contributions les plus importantes, la Commission européenne a promis 1 milliard d'euros de subventions et 400 millions d'euros de garanties sur des prêts. Le Japon a promis plus de 730 millions d'euros, tandis que l'Allemagne a offert 525 millions d'euros”, rapporte Euronews. Le président français Emmanuel Macron a quant à lui annoncé “un apport de 500 millions d'euros”, précise La Libre. Des montants qui tiennent compte des dépenses déjà engagées en ce sens depuis le mois de janvier [Politico]. Néanmoins, “ces engagements ont souligné l'urgence internationale de trouver des moyens de combattre le virus et les obstacles financiers, politiques et logistiques à la réalisation de cet objectif”, juge le Financial Times.

Un soutien mondial à la recherche d’un vaccin

Dans le plan de la Commission européenne, l’objectif de 7,5 milliards d’euros doit permettre d’allouer “4 milliards pour le développement d’un vaccin, 2 milliards pour la recherche de traitements et 1,5 milliard pour la fabrication de tests”, explique France 24. Cette répartition correspond aux trois objectifs de collecte que se sont fixés plusieurs dirigeants européens. Il s’agit de faciliter l’accès à de nouveaux tests “pour diagnostiquer rapidement la maladie", “traiter” afin de “minimiser les symptômes et réduire le nombre de personnes hospitalisées”, grâce à de nouveaux traitements, et de “prévenir” en développant un vaccin, “nécessaire pour empêcher la maladie de revenir et permettre à la vie de reprendre son cours normal”, complète Euronews.

Cette levée de fonds n'apparaît cependant, pour la Commission, que comme une étape dans la lutte mondiale contre la pandémie. "Tout cet argent contribuera à lancer une coopération mondiale sans précédent et à créer un bien public mondial véritablement unique", a déclaré la présidente à l’issue de la conférence. "Mais il faudra faire plus - beaucoup plus - dans les mois à venir", précise-t-elle [Financial Times]. Le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a indiqué qu’il faudrait “cinq fois ce montant” pour “développer et distribuer le vaccin”, précise le Nouvel Obs. Il a également ajouté que ces outils de lutte contre le coronavirus “devront être des ‘biens publics mondiaux’, c’est-à-dire disponibles et abordables pour tous” [France 24].

Pour Le Figaro, “il s’agit là d’un impératif moral mais pas seulement”. Un diplomate européen explique au média que “la sécurité sanitaire mondiale dépend du maillon le plus faible de la chaîne. Nous n’avons pas le choix”. Un avis partagé par le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé qui considère que “le vrai succès ne sera pas la rapidité avec laquelle nous pourrons développer des outils, mais à quel point nous pourrons les distribuer de manière équitable. Aucun de nous peut accepter un monde dans lequel certaines personnes seraient protégées, tandis que d’autres resteraient exposées” [France 24].

Les Etats-Unis solitaires

Parmi les absents de cet événement, les Etats-Unis, “en conflit ouvert avec [l’OMS]”, ont réaffirmé leur volonté de se doter d’un vaccin “pour la fin de l’année” [France Info]. Cette posture “laiss[e] craindre qu’ils ne se réservent le vaccin s'ils le mettent au point en premier. Or une diffusion mondiale d'un vaccin à prix abordable est indispensable pour mettre fin à la pandémie, ont souligné les spécialistes" [La Libre]. “La crainte ne semble pas infondée”, poursuit le média, qui rappelle que les Etats-Unis avaient offert, en mars dernier, “un milliard de dollars" à un laboratoire allemand "pour s'approprier l'exclusivité des droits d'un vaccin en développement”. Pour Isabelle Marchais, analyste associée à l’Institut Jacques Delors, “les États-Unis espèrent gagner la guerre du vaccin et sont prêts à mettre toutes leurs forces dans la bataille” [France 24].

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