Derniers articles publiés

[Revue de presse] Coronavirus : l'Union européenne annonce la création d'un fonds de 25 milliards d’euros

Revue de presse 11.03.2020 Agnès Faure

Alors que tous les Etats européens sont désormais touchés par le coronavirus, les dirigeants européens ont annoncé mardi 10 mars plusieurs mesures destinées à soutenir l'économie et à endiguer l’épidémie.

Après la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement hier, les présidents de la Commission européenne (à gauche) et du Conseil européen (à droite) ont détaillé les mesures prises pour faire face à l'épidémie de coronavirus

Après la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement hier, les présidents de la Commission européenne (à gauche) et du Conseil européen (à droite) ont détaillé les mesures prises pour faire face à l'épidémie de coronavirus. - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

Devant l'ampleur de l'épidémie de coronavirus, les 27 chefs d'Etats et de gouvernement de l'Union européenne se sont "réunis" par visioconférence mardi 10 mars. A l'issue de leur réunion, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen a annoncé que 25 milliards d'euros seraient débloqués pour permettre aux Etats membres de "soutenir, notamment, leur système de santé, les PME en difficulté ou les travailleurs que l’épidémie a provisoirement mis au chômage",  indique Le Monde. Sur ces 25 milliards, la Commission a demandé au Parlement d’accorder 7,5 milliards issus du budget européen, qui devraient être mis à disposition dès cette semaine. Le reste serait obtenu par un “effet de levier”, indique Libération.

L'objectif est avant tout de "renforcer la coordination sanitaire" des Etats membres, en harmonisant notamment les mesures pour faire face à l'augmentation des cas mais aussi répondre aux besoins d'équipement du secteur hospitalier [Le Figaro]. Les ministres de la Santé communiqueront également de manière quotidienne avec l'équipe de la Commission européenne pour "décider des meilleures mesures médicales" à prendre suivant l'évolution de l'épidémie. "La coordination va aussi être poussée pour la recherche d’un vaccin ainsi que pour la mobilisation des médicaments et des matériels de protection", précise par ailleurs RFI. Ursula von der Leyen a en effet déclaré que 140 millions d'euros de fonds publics et privés seraient investis pour trouver un traitement européen.

Soutenir l'économie

D'autres mesures ont été dévoilées en marge du sommet afin de soutenir l'économie suite à l'effondrement des places boursières en début de semaine. Le président du Conseil européen Charles Michel juge en effet nécessaire "une application souple des règles de l'UE", notamment en ce qui concerne "les aides d’Etat et le pacte de stabilité et de croissance" [Le Monde]. Une vision partagée par l'ensemble de l'exécutif européen, qui souhaite à tout prix éviter de refaire "trop peu, trop tard" comme par le passé, explique un proche du président français à Libération. Et surtout acceptée par les Etats membres : "une rupture" par rapport à la crise de la zone euro en 2010-2015, souligne le quotidien.

La règlementation concernant les aides d'Etat aux entreprises va également être assouplie. Des "flexibilités" permettront aux Etats membres de prendre, "sur les secteurs impactés (...) les dispositifs qui sont requis", a déclaré le président français après la réunion [BFM TV].

Une réunion des ministres de l'Economie et des Finances des pays de la zone euro, prévue pour lundi prochain, devrait préciser les mesures de soutien aux petites et moyennes entreprises. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire appelle à mettre en place un "plan de relance européen […] coordonné et massif" rapporte Le Figaro.

Or "la vitesse de la réponse est essentielle pour contenir les conséquences économiques" alerte Christopher Dembik, économiste à Saxo Bank [Le Figaro]. "C’est cette attente qui explique la panique boursière" poursuit-il, alors que les marchés financiers ont connu lundi leur pire journée depuis la crise économique et financière de 2008.

L'arrêt des "avions fantômes"

Autre mesure prévue : la suspension de la règle du 80/20, issue d'une directive européenne de 1993. Celle-ci, explique Le Point, "oblige les compagnies à utiliser au moins 80 % de leurs créneaux horaires de décollage et d'atterrissage" si elles ne veulent pas les perdre au profit d'un concurrent l'année suivante. Ce qui conduit les compagnies aériennes à faire voler des avions à vide pour conserver leurs créneaux de vol.

La Commission a ainsi suspendu de manière temporaire le respect de cette règle. "La législation européenne va être adaptée de manière à permettre aux compagnies aériennes de conserver leurs créneaux horaires même si, en raison du coronavirus, leurs vols sont annulés", poursuit le média. Le secteur aérien, qui doit faire face à une chute des réservations, est en effet l'un des plus touchés par la crise du coronavirus. Cette décision devrait être "un ballon d’oxygène pour les compagnies aériennes" ajoute RFI, alors que le secteur pourrait perdre jusqu'à 100 milliards d'euros selon l'International Air Transport Association (IATA). Enfin, l'arrêt de ces "vols fantômes" permettra de "limiter les émissions de gaz à effet de serre", souligne la présidente de la Commission [Le Point]. Des mesures saluées, mais dont Libération ne manque pas de souligner qu’elles ont été prises très tard après la propagation de l’épidémie : "Il aura fallu six semaines, depuis l’apparition officielle du coronavirus en Europe, le 24 janvier, pour que l’Union se mobilise enfin."

 

LES AUTRES SUJETS DU JOUR

Brexit

Commémoration

Coronavirus

Economie

Géopolitique