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[Revue de presse] Commission européenne : les eurodéputés approuveront-ils Ursula von der Leyen ?

Revue de presse 11.07.2019 Steven Kakon

Les jeux sont loin d'être faits pour Ursula von der Leyen, choisie par les Vingt-Huit pour prendre la tête de l'exécutif européen. Il revient aux eurodéputés d'approuver (ou de rejeter) sa nomination, lors d'un vote le 16 ou le 17 juillet. En campagne au Parlement européen, Mme von der Leyen multiplie les rencontres pour convaincre.  

Ursula von der Leyen, désignée par les chefs d'Etat et de gouvernement pour présider la Commission européenne - Crédits : Parlement européen

Ursula von der Leyen, désignée par les chefs d'Etat et de gouvernement pour présider la Commission européenne - Crédits : Parlement européen

Campagne marathon

"Ursula von der Leyen était sur tous les fronts ce mercredi [10 juillet]", annonce Euronews. Désignée le 2 juillet par les chefs d'Etat et de gouvernement pour succéder à Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne, l'Allemande mène en effet une "opération séduction" pour convaincre les députés européens. Ceux-ci devront en effet la confirmer ou non à ce poste le 16 ou 17 juillet prochain à Strasbourg, fait savoir le média. Elle devra obtenir une majorité absolue au Parlement "d’au moins 374 voix (et non plus 376, compte tenu de l'absence de trois élus catalans)", précise L'Express.

Pour ce faire, Mme von der Leyen a multiplié les auditions au Parlement. Elle y a non seulement rencontré les conservateurs du Parti populaire européen (sa propre famille politique, 182 élus), mais également les trois autres groupes les plus nombreux de l'hémicycle, à savoir les sociaux-démocrates (154 élus), les libéraux-centristes de Renew Europe (108 élus) et les verts (75 élus), informe RFI. Obtenir un large soutien au sein de ces trois familles politiques lui sera d'autant plus nécessaire qu'elle "n'a pas la certitude d'obtenir la totalité des votes du PPE".

"Un Brexit sans accord serait catastrophique"

A cette occasion, la candidate a fait valoir ses "ambitions en matière de climat, de gestion des migrations, d’une Europe plus sociale et même d’un assouplissement de la date du Brexit", poursuit la chaine de radio. Défendant l'idée d'une Europe qui soit "le premier continent neutre" en carbone en 2050, elle a également "plaidé pour renforcer plus rapidement l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes Frontex", note L'Express. De surcroît, Mme von der Leyen a "insisté sur sa volonté de mettre en place la première Commission européenne de l'histoire totalement paritaire", et a "promis aux élus centristes libéraux que la Danoise Margrethe Vestager, qui avait été leur candidate pour la Commission européenne, serait l'une des vice-présidentes", ajoute le média. 

Sur le Brexit, Ursula von der Leyen a, au cours de ses auditions par les groupes politiques, "souhaité que le Royaume-Uni reste dans l’UE", relate L'Obs. Elle s'est également dit prête à repousser le Brexit après le 31 octobre si nécessaire : "Si le Royaume-Uni a besoin de plus de temps, je suis d’accord pour lui accorder plus de temps. Un Brexit sans accord serait catastrophique", a-t-elle argumenté en réponse à une élue britannique, citée par l'hebdomadaire. 

"Le Brexit n'est pas la fin, mais le début d'une relation future"  a t-elle insisté. "Il est d'une importance cruciale que nous ayons une bonne coopération", a-t-elle ajouté, citée par Europe1.

Difficile majorité pour Ursula von der Leyen

Mais "l’affaire n’est pas gagnée" pour la prétendante à la succession de Jean-Claude Juncker. En effet, avance Le Figaro, "force est de constater que les auditions auxquelles elle a participé ces deux derniers jours n’ont pas permis de modifier le rapport de force en sa faveur". Alors que les centristes "semblent divisés" sur cette candidature [RFI], "du côté des socialistes, certains n'ont pas cru à ses promesses, en particulier celles concernant la défense de la démocratie" [Euronews]. Le centre-gauche européen a ainsi indiqué réserver sa décision "jusqu’à la semaine prochaine", note RFI.

Quant aux Verts, ils ont déjà annoncé ne pas soutenir la candidature de la proche d'Angela Merkel, rapporte la RTBF. "Les déclarations d’Ursula von der Leyen étaient décevantes. Elle ne nous a livré aucune proposition concrète, que ce soit à propos de l’Etat de droit ou du climat", a déploré Ska Keller, co-présidente du groupe écologiste, citée par le média belge. "Nous avons été élus pour insuffler du changement et nous ne voyons pas comment ce changement pourrait advenir avec cette candidate", a t-elle ajouté. Egalement en toile de fond de ce rejet : le non respect par les Vingt-Huit du système de Spitzenkandidaten. Selon ce principe, l'un des chefs de file désignés pour conduire la campagne des européennes aurait du être choisi pour diriger l'exécutif européen. Un choix qui relève, selon l'eurodéputé EELV Yannick Jadot, d'un "déni de démocratie" [Le Figaro].

D'après Le Figaro, sans assurance de recueillir la majorité, l'élection de Mme von der Leyen pourrait être reportée à septembre. "Dès mardi, plusieurs sources affirmaient que le vote prévu à Strasbourg mardi 16 juillet pourrait être reporté au mercredi 17 juillet, voire à… septembre". Du déjà vu au niveau européen : "un vote en septembre ne serait ni un drame ni une première. Cela s’est déjà produit en 2009, pour le second mandat de José Manuel Barroso", rappelle le quotidien.

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