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[Revue de presse] Budget européen : une guerre de tranchées

Revue de presse 05.12.2019 Baptiste Roman

L'enjeu est de taille : déterminer les ressources de l'Union européenne sur la période 2021-2027, soit plusieurs centaines de milliards d'euros. Mais le dernier compromis, proposé lundi 2 décembre par la présidence finlandaise du Conseil, ne semble satisfaire personne.

Le premier ministre finlandais Antti Rinne accueille Ursula von der Leyen à Helsinki, pour une première rencontre sur le budget pluriannuel, le 24 octobre 2019 - Crédits : Lauri Heikkinen / Flickr FinnishGovernment CC BY-NC-ND 2.0

Le premier ministre finlandais Antti Rinne accueille Ursula von der Leyen à Helsinki, pour une première rencontre sur le budget pluriannuel, le 24 octobre 2019 - Crédits : Lauri Heikkinen / Flickr FinnishGovernment CC BY-NC-ND 2.0

C'est sur son projet écologique, le "Green deal", que la nouvelle présidente de la Commission européenne souhaitait se concentrer lors de sa première conférence de presse mercredi 4 décembre. Ursula von der Leyen a dû se rendre à l'évidence : les questions des journalistes se sont "appesanties sur l'enjeu financier", rapportent Les Echos.

Car là aussi, une certaine urgence se fait sentir : "la négociation du cadre budgétaire 2021-2027 entre dans sa phase décisive", explique le quotidien économique. Or "les différences entre les institutions européennes et parmi les États membres de l’UE ont empêché la mise en place d’un accord d’ici à la fin de l’année, comme c’était initialement prévu", précise Euractiv.

Le futur budget européen doit tenir compte non seulement des priorités de chaque Etat membre mais aussi de celles de la nouvelle Commission : "sécurité, migration, numérique, climat", énumère La Tribune. Enfin, le "départ du Royaume-Uni, un contributeur net", ne facilite pas les débats.

Ainsi, "la dernière proposition de compromis sur ce sujet a soulevé de nombreux mécontentements". La Finlande, qui mène actuellement les négociations en tant que présidente du Conseil, a suggéré "de fixer les contributions des pays membres à 1,07% du revenu national brut (RNB) pour le prochain budget pluriannuel" [Euractiv]. Soit une position médiane entre la proposition initiale de la Commission européenne (plus élevée) et celle de certains Etats comme l'Allemagne ou les Pays-Bas (plus basse).

La Commission inquiète

Or celle-ci ne convainc personne. Ursula von der Leyen s'est déclarée "inquiète des coupes drastiques qui figurent dans la proposition, par rapport à la proposition initiale de la Commission", cite Le Soir. Et pour cause : l'écart est de "47 milliards d'euros", souligne Politico. Quant au Parlement européen, c'est "un budget à long terme à 1,30 % du RNB" qu'il avait proposé, souligne Euractiv.

Budget 2021-2027 : le Parlement européen prêt à dire "non" aux Etats membres

La Finlande a donc opéré d'importantes coupes. Plusieurs secteurs se retrouveraient ainsi "dans le viseur d'Helsinski", rapporte La Tribune : "Frontex (agence européenne de garde-frontières), la défense, le numérique et l'environnement".

Or la présidente de la Commission européenne est justement attendue sur ce dernier point : "elle doit présenter ses propositions le 11 décembre", rappelle RFI. Mais elle devra peut-être "revoir à la baisse ses ambitions". "L'argent sera, dans cette grande conversion écologique, le nerf de la guerre", résument Les Echos.

Mme von der Leyen considère également que les moyens consacrés à la défense "ne sont pas assez hauts". "Quand il y a une crise, et quand l’UE est d’accord pour agir, elle doit en avoir les procédures et les moyens", souligne-t-elle [RFI].

Un déluge de critiques

Du côté des Etats, le média américain  Politico fait part d'un "déluge de critiques de part et d'autre" du continent : "frugalistes et grands dépensiers, contributeurs et bénéficiaires, agriculteurs et techniciens", personne n'y trouverait son compte.

Jusque-là, les divergences entre Etats étaient effectivement profondes, et le compromis n'arrange rien. "En juin 2019, Helsinki avait proposé une série de dépenses globales entre 1,03 % et 1,08 %", rappelle Euractiv. Mais elle s'était attirée "les foudres de plusieurs pays, notamment ceux luttant pour un soutien financier des exploitants agricoles et des régions moins développées". A l'inverse, "l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et l’Autriche souhaitent limiter les dépenses globales à 1 % du RNB", ajoute le média en ligne.

Les négociations sur le budget pluriannuel seront "au centre des discussions du Conseil européen des 12 et 13 décembre", souligne La Tribune. Ces dernières "devraient être menées à bien par (le nouveau président du Conseil européen) Charles Michel avec l'objectif d'arriver à un accord en début d'année prochaine", a expliqué Ursula von der Leyen hier.

Mais si un accord était bel et bien trouvé début 2020 au Conseil, ce dernier devrait "ensuite encore négocier une position commune avec le Parlement", précise Le Soir.

 

 

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