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[Revue de presse] Brexit : une stratégie toujours très floue de Boris Johnson

Revue de presse 20.09.2019 Léo Lictevout

Les Européens perdent patience face à un gouvernement britannique peu enclin à proposer des alternatives à l'accord de sortie conclu en novembre 2018 entre Bruxelles et Londres. Des "notes libres" proposent de limiter le backstop à l'Irlande du Nord, mais le Premier ministre Boris Johnson ne s'engage à rien…

Drapeaux européen et britannique devant le Palais de Westminster - Crédits : BrazilNut1 / iStock

Drapeaux européen et britannique devant le Palais de Westminster - Crédits : BrazilNut1 / iStock

"On tourne en rond", résume une source européenne à The Guardian ce matin.

A Bruxelles, les 27 s'impatientent du manque de progrès des négociations sur la sortie de l'Union. "'Le temps presse' pour négocier un accord, a prévenu jeudi une source diplomatique française" citée par Le Point. Après la "rencontre infructueuse" entre le Premier ministre britannique Boris Johnson et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker [Huffington Post avec AFP], les Européens attendent des "propositions écrites" de la part du Royaume-Uni pour pouvoir renégocier l'accord de sortie trouvé en novembre 2018 entre l'UE et Theresa May, l'ancienne Première ministre britannique.

"On ne négociera pas directement au Conseil européen mi-octobre", prévient une source diplomatique française à l'AFP, citée par l'hebdomadaire Le Point. "Si nous ne recevons aucune proposition d’ici fin septembre, alors c’est terminé", a également fait savoir le Premier ministre finlandais Antti Rinne, dont le pays tient actuellement la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne, à la sortie d'un entretien avec Emmanuel Macron le 18 septembre [Huffington Post]. "Un ultimatum aussitôt rejeté par Londres". Le gouvernement britannique a assuré "[qu'il présenterait] des solutions écrites formelles quand [il sera] prêt, et non en fonction d’une échéance artificielle".

Un backstop limité à l'Irlande du Nord ?

Cette position inflexible des Britanniques semble pourtant chanceler, à six semaines du départ programmé du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Les avertissements européens ont en effet amené un porte-parole de Boris Johnson à annoncer l'envoi à la Commission européenne d'une "série de documents de travail techniques confidentiels qui reflètent les idées que le Royaume-Uni a mises en avant" [Huffington Post avec AFP]. Ces "notes libres", écrit The Guardian, proposent notamment une zone irlandaise agricole, douanière et marchande unique, une forme de backstop limité à l'île irlandaise, comme cela avait déjà été proposé par les Européens à Theresa May. Toutefois, le média anglophone explique que ces documents s'apparentent toujours à de simples "propositions", plus qu'à des "engagements" concrets.

En restant dans le flou, la stratégie de Boris Johnson serait finalement bien "d'obtenir le report du Brexit", selon le média belge L'Echo, bien que le Premier ministre ne l'avoue pas aujourd'hui. Pour le journal, qui semble être le seul à faire cette analyse à ce stade, l'objectif du Premier ministre serait ainsi d'avoir le temps d'organiser de nouvelles élections au Royaume-Uni afin de regagner une majorité au Parlement… et de se retrouver en position de force pour renégocier un meilleur accord.

Boris Johnson pourrait être placé en minorité chez lui

Un report de la date de sortie risquerait pourtant de faire perdre à Boris Johnson le soutien des partisans d'un hard Brexit.

Alors même qu'il a déjà perdu en partie celui des conservateurs plus favorables à l'Union européenne. Sa politique est en effet actuellement très critiquée par l'ancien Premier ministre John Major, qui l'accuse d'avoir "agi par 'intérêt politique'" en ordonnant la suspension du Parlement [La Libre avec l'AFP]. Il est même qualifié de "père des mensonges" par Aidan O'Neill, avocat plaidant contre cette décision auprès de la Cour Suprême britannique [Le Monde].

La haute juridiction, qui étudie la légalité de cette suspension, "rendra sa décision en début de semaine prochaine", annonce La Libre avec l'AFP. Cette décision, "pas simple" selon les juges [RTBF], pourrait forcer une réouverture du Parlement si la Cour juge sa suspension illégale [The Telegraph]. Elle ne pourrait cependant pas avoir d'influence directe sur le calendrier du Brexit : "cela ne nous intéresse pas de savoir quand, comment et dans quelles conditions le Royaume-Uni quittera l'Union européenne", a déclaré la Présidente de la Cour Suprême.

La question du calendrier du Brexit "devrait être discutée lors d'une rencontre entre [Boris Johnson et Jean-Claude Juncker] la semaine prochaine en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York", conclut Le Point.

 

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