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[Revue de presse] Brexit : Theresa May repousse le vote des députés, l'inquiétude monte encore

Revue de presse 25.02.2019 Steven Kakon

A 34 jours du Brexit, Theresa May a décidé, dimanche 24 février, de repousser le nouveau vote des députés britanniques sur l'accord de sortie, prévu initialement pour le 27 février. La Première ministre se donne jusqu'au 12 mars pour présenter une nouvelle proposition à Westminster. Face au risque grandissant d'un no deal, l'option d'un report du Brexit est évoquée avec insistance, y compris au sein du Parti conservateur.

Crédits : Circle Creative Studio / iStock

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Report du vote des députés britanniques

Alors que les députés britanniques devaient se prononcer mercredi 27 février sur l'accord de sortie de l'UE, Theresa May a annoncé, dimanche 24 février, un report du vote "d'ici au 12 mars" [Franceinfo]. A 34 jours du Brexit, prévu officiellement pour le 29 mars, la cheffe du gouvernement britannique souhaite donc se donner un ultime délai afin de débloquer la situation.

La Première ministre tente en effet de renégocier l'accord conclu en novembre avec les Européens, mais refusé par les parlementaires britanniques mi-janvier 2019. La question du contrôle de la frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord, pour laquelle elle espère un "assouplissement" de la position des Européens, constitue encore et toujours le point de blocage principal [RFI]. A tel point qu'une sortie du Royaume-Uni de l'UE sans accord est aujourd'hui fortement envisagée.

C'est ce no deal que cherche à éviter Theresa May, même si toutes les parties se préparent à cette éventualité. "Quitter l'Union européenne avec un accord le 29 mars est toujours à notre portée et c'est ce à quoi nous travaillons a-t-elle affirmé [La Tribune]. Une manière de rappeler, selon le journal, qu'il vaut mieux "quitter l'UE avec un accord que sans accord" et de justifier le report du vote à la Chambre des communes. 

Brexique : le lexique du Brexit

Les réactions face à cette décision ne se sont toutefois pas fait attendre. Le Parti travailliste a dénoncé dimanche une décision "irresponsable" de Mme May. Pour eux, la Première ministre chercherait à forcer le vote des députés en les mettant devant le fait accompli juste avant la date officielle du divorce avec les Européens [Euronews]. Afin de calmer le jeu, "Theresa May pourrait envoyer lors des débats qui auront lieu cette semaine au Parlement le signal qu'elle est disposée à écarter l'hypothèse d'une sortie sans accord dont ne veulent ni les parlementaires, ni les milieux d'affaires", relate Le Figaro (avec Reuters). 

Brexit retardé ?

Outre-Manche, l'inquiétude monte donc singulièrement chez certains responsables politiques, qui redoutent une absence d'accord pouvant menacer l'économie britannique. "Nous espérons que le Parlement reconnaîtra la nécessité de quitter l'UE avec un accord le 29 mars", ont écrit, samedi 23 février, les ministres des Entreprises Greg Clark, du Travail Amber Rudd et de la Justice David Gauke dans une tribune commune publiée par le Daily Mail [Les Echos]. "S'il n'y a aucune avancée durant la semaine à venir, l'opinion qui se dégage au Parlement est claire : il vaudrait mieux [...] reporter notre date de départ que de sortir de manière désordonnée de l'Union européenne le 29 mars", soutiennent-ils. Ainsi, les trois ministres conservateurs ont annoncé qu'ils "s’apprêt[ai]ent à voter en faveur d’une extension de l’article 50, c’est-à-dire d'un délai supplémentaire", fait savoir RFI.

Un vote qui, lui, pourrait avoir lieu dès ce mercredi 27 février. Theresa May doit ainsi revenir devant les députés britanniques afin de "résumer son plan dans une motion qu'ils pourront amender", indiquent les Echos. Il s'agira alors d'une nouvelle occasion pour les parlementaires "d'écarter le risque d'un no deal". En parallèle, les équipes de Theresa May retournent à Bruxelles cette semaine pour de "nouvelles discussions" [La Tribune].

Et outre l'option d'un report de quelques mois, les Vingt-Sept réfléchissent également à un autre scénario, dans lequel la sortie serait repoussée cette fois de deux ans.

"Le Brexit pourrait être reporté jusqu'en 2021", titre donc The Guardian. Comme l'explique le quotidien britannique, l'idée serait de "remplacer la période de transition de 21 mois par une prolongation de la pleine adhésion du Royaume-Uni à l'UE". De cette manière, "cela permettrait au Royaume-Uni et à l'UE de préciser leur stratégie pour la future relation en essayant de rendre inutile le controversé backstop irlandais".

Une option qui permettrait "d'apaiser le débat d'éviter les incertitudes d'une négociation sous la pression", notent Les Echos. La demande doit néanmoins émaner de Londres, puis être approuvée par l'ensemble des Vingt-Sept. Or ces derniers sont susceptibles d'être gagnés par la frustration vis-à-vis des atermoiements britanniques.

Interrogé dans l'émission Le Grand rendez-vous organisée par Europe 1, CNews et Les Echos, Pierre Moscovici, commissaire aux Affaires économiques, résume la situation : "On sait qu'ils ne veulent pas de l'accord tel qu'il est, même si ce n'est pas loin d'être le meilleur possible, et ils ne veulent pas non plus d'un "no deal" (absence d'accord), c'est-à-dire une sortie désordonnée. Dans les 33 jours qui restent, ils doivent dire ce qu'ils veulent" [La Tribune].

En outre, dans l'hypothèse où un report du Brexit deviendrait réalité, une question de taille resterait à résoudre selon Les Echos : celle du statut du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne durant cette période, Londres ayant récemment exclu d'organiser des élections européennes.

 

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