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[Revue de presse] Brexit : Theresa May n'a pas de plan B

Revue de presse 22.01.2019 Boran Tobelem

Theresa May a présenté lundi 21 janvier au Parlement britannique ce qui était censé être son "plan B" pour le Brexit. Contrainte à cette formalité par les députés après leur rejet massif de l'accord de sortie trouvé avec Bruxelles, la Première ministre a finalement choisi de camper sur ses positions. La perspective d'un no deal se concrétise…

Crédits : GoranQ / iStock

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"Le plan B de Theresa May : son plan A avec une fausse moustache"

C'est ainsi que titre le quotidien conservateur britannique The Daily Telegraph. Alors que la Première ministre du Royaume-Uni était censée présenter lundi une nouvelle solution aux parlementaires pour éviter un Brexit sans accord (no deal), les médias constatent qu'elle a finalement préféré laisser son plan initial sur la table.

Si le discours de Theresa May avait "des accents nouveaux d’ouverture et de vague 'amende honorable'", il était cependant "bien loin de contenir un 'plan B'", estime ainsi Le Monde. Pour le journal, à l'instar de l'ensemble de la presse, Mme May promet d'écouter davantage les députés de son pays, mais ne propose rien de nouveau à deux mois de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

L'accord de retrait qu'elle avait négocié avec Bruxelles en novembre dernier est donc toujours la seule alternative possible à un divorce brutal. Les principales options réclamées par les députés qui l'avaient rejeté, tories comme travaillistes, ont reçu une fin de non-recevoir. "Pas question d’écarter une sortie de l’UE sans accord. Pas question d’envisager de demander une extension de l’article 50 pour aller au-delà de la date butoir fixée au 29 mars. Pas question d’envisager sa révocation, ce qui signifierait 'rester au sein de l’UE'", résume Libération. La perspective d'un second référendum a aussi été refusée par Theresa May, rapporte le quotidien.

A entendre la cheffe du gouvernement britannique, "il ne reste plus qu’une solution : amender l’accord avec Bruxelles de façon à le rendre acceptable par les députés", lit-on dans Le Monde, qui rappelle qu'elle a déjà essayé de le faire en vain pendant les fêtes. "La bonne façon d'écarter l'hypothèse d'un 'non accord', c’est que cette Assemblée approuve un accord avec l'Union européenne", a ainsi déclaré Theresa May dans son nouveau discours à la Chambre des communes [Euronews]. Mais sa marge de manœuvre est des plus faibles, les Européens ayant maintes fois répété qu'ils étaient déjà allés au bout des concessions possibles dans l'accord de sortie actuellement sur la table.

Le backstop, qui prévoit de maintenir temporairement le Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE pour éviter de rétablir une frontière entre les deux Irlande, cristallise toujours l'opposition des députés. En la matière, la Première ministre a simplement "promis qu’elle allait chercher avec les députés la manière d’'obtenir le plus fort soutien de la Chambre des communes'", observe Le Monde. Et qu'elle irait ensuite à Bruxelles pour "apporter les conclusions de ces discussions", sans pour autant "suggérer la moindre piste" à ce stade, commente le quotidien. Pour autant, "s'ils ne le disent pas publiquement", les Européens pourraient être prêts à "revenir à la version qu’ils proposaient à Londres jusqu’en octobre 2018 : seule l’Irlande du Nord s’aligne sur les règles de l’UE", estime le quotidien. 

Seul changement notable, mais très mineur, de Theresa May : la décision de renoncer à faire payer 74 euros aux citoyens européens installés au Royaume-Uni. Cette somme devait leur être demandée à partir de lundi pour s'enregistrer comme résidents permanents, statut qui leur permettra après le Brexit de pouvoir continuer à bénéficier de leurs droits de résider et de travailler outre-Manche, explique RFI.

Jouer la montre

Les députés voteront sur ce simulacre de plan B ressemblant trait pour trait au plan A mardi 29 janvier. Mais plutôt qu'un vote de ratification comme celui de la semaine dernière, il s'agira cette fois d'une "indication de la volonté du Parlement, un mandat pour que Theresa May discute avec les Européens", précise Le Figaro. "En cas de succès à amender l'accord, une nouvelle tentative de ratification n'interviendrait pas avant, au mieux, la mi-février - un mois et demi seulement avant la sortie programmée de l'UE", poursuit le média.

Mme May "prend un nouveau pari : à 67 jours du Brexit, elle compte sur la pression du temps et un début de panique pour convaincre les 'remainers' comme les 'leavers' de soutenir, un peu par défaut, son accord", analyse Libération. Sur Twitter, Paul Johnson, journaliste au quotidien britannique The Guardian, considère au même titre que "son plan B a pour but de pousser les gens à approuver le plan A", rapporte Franceinfo (avec l'AFP). "La priorité de la première ministre est en réalité de reconquérir les brexiters de son parti et les dix élus du DUP" en les mettant "au pied du mur", analyse Le Figaro. Le journal cite le chef de file de ces derniers, Jacob Rees-Mogg, qui concédait dimanche que "même l'accord de Mrs May serait mieux que de ne pas sortir du tout".

Alors que le scénario du no deal apparaît de plus en plus probable, la Commission européenne entame une tournée dans les vingt-sept autres Etats membres de l'UE en vue de préparer la sortie du Royaume-Uni sans accord, souligne Le Figaro. Ce tour d'Europe de préparation à un divorce brutal commence ce mercredi 23 janvier en Autriche.

Les députés britanniques, qui auront la possibilité d'amender la proposition de Theresa May à partir du 29 janvier, n'ont cependant pas dit leur dernier mot. Beaucoup espèrent encore pouvoir éviter cette issue. "Au moins deux groupes de députés transpartisans prévoient de déposer des amendements pour tenter de prendre la main sur le dossier", détaille en effet L'Obs (avec l'AFP). "L'un d'eux veut empêcher le scénario d'une sortie sans accord tandis que le second, mené par le député conservateur rebelle Dominic Grieve, viserait à suspendre le processus de sortie de l'UE", précise le quotidien.

 

 

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