Derniers articles publiés

[Revue de presse] Brexit : les députés britanniques réaffirment leur opposition au "no deal" de Boris Johnson

Revue de presse 19.07.2019 Steven Kakon

Favori pour accéder au poste de Premier ministre du Royaume-Uni le 24 juillet, Boris Johnson s'est encore dit prêt à faire sortir son pays de l'Union européenne sans accord en octobre. Une option de nouveau refusée hier par les députés de la Chambre des communes.

Crédits : Feodora Chiosea / iStock

Crédits : Feodora Chiosea / iStock

Ultime meeting

Les deux prétendants au poste de leader du Parti conservateur et donc de Premier ministre britannique, Boris Johnson et Jeremy Hunt, ont répondu, mercredi 17 juillet à Londres, aux militants tories sur le Brexit, relate 20 Minutes. Il s'agissait de leur dernière rencontre avant le vote du 23 juillet qui permettra d'élire le vainqueur. Celui-ci occupera alors dès le lendemain le 10 Downing Street, succédant ainsi à Theresa May.

Mais si les deux finalistes ont pu évoquer, l’un après l’autre, leur stratégie pour mettre en œuvre ce divorce historique, les jeux semblent faits. Décrit par Le Figaro comme "drôle, énergique, bondissant, exubérant, celui que les militants tories adorent", Boris Johnson apparaît en pole position face à son rival Jeremy Hunt, "apparemment fatigué par ces semaines de duel".

"En attendant de savoir s'il s'installera au 10 Downing Street", Boris Johnson "ne varie en tout cas pas d'un pouce sur un point : la mise en œuvre du Brexit" qui, à l'en croire "aura bel et bien lieu le 31 octobre prochain", analyse LCI. "Boris Johnson a promis de chercher dès cet été une renégociation, jouant une nouvelle fois la carte de sauveur du Brexit", relève également 20 Minutes. "Là où il y a de la volonté, il y a une solution", a ainsi déclaré l’ancien maire de Londres devant quelque 2 500 personnes, avertissant les Européens que leur refus de renégocier ne serait pas sans conséquences. "S’ils ne changent pas un point ou une virgule de l’accord de retrait, (…) alors nous n’aurons évidemment pas d’autre choix que de nous préparer à sortir dans des conditions différentes", a-t-il menacé.

Considérant lui aussi l'accord de retrait "mort" [JDD],  Jeremy Hunt estime, dans un style "nettement plus sobre", nécessaire d'y apporter des "changements profonds". "Semblant presque concéder par avance la défaite", M. Hunt a également déclaré que "ce serait un grand honneur de servir Boris", indique 20 Minutes. Des propos interprétés par nombre de commentateurs comme une volonté de conserver son portefeuille aux Affaires étrangères dans le prochain gouvernement.

Passe d'armes sur le hareng

Régulièrement pointé du doigt jusque dans son propre camp pour son "manque de rigueur" [LCI], Boris Johnson n'a pas manqué de faire sourire une fois de plus à l'occasion de ce dernier d’une série de 16 meetings organisés en un mois à travers le pays.

L'ancien ministre des Affaires étrangères de Theresa May a dénoncé le fait que "les règles de sécurité alimentaire des 'bureaucrates de Bruxelles' nuis[aient] au commerce du hareng", rapporte Politico. Agitant un spécimen sous vide sur l'estrade, M. Johnson a affirmé que celui-ci avait été conditionné par un producteur "de l'île de Man (île située dans la mer d'Irlande)". Ce dernier serait ainsi "absolument furieux, car après avoir envoyé pendant des décennies ses harengs fumés par la poste, ses frais ont massivement augmenté à cause des bureaucrates de Bruxelles, qui ont insisté pour que chaque hareng soit accompagné d'une poche de glace en plastique" [L'Express].  

Des propos qui lui ont valu un rapide recadrage du commissaire européen chargé de la Sécurité alimentaire Vytenis Andriukaitis. Ce dernier a souligné dans un tweet que l'île de Man n'était "pas membre de l'UE et  donc pas liée aux règlements du bloc en matière de sécurité alimentaire. Il a également fait remarquer que de telles règles sur l'emballage des aliments relev[ai]ent de la compétence du Royaume-Uni", relate Politico.

Le Parlement britannique bloque Boris Johnson sur le no deal

Face à celui qui "n'a pas exclu de suspendre le Parlement pour l'empêcher de bloquer" le Brexit [Challenges], la Chambre des communes passe aussi à l'offensive. A 315 voix pour et 274 contre, les députés britanniques ont voté, jeudi 18 juillet, "un texte rendant plus difficile pour le gouvernement de faire passer en force un Brexit sans accord en suspendant le Parlement", fait savoir le média.

"Une belle victoire pour l'opposition à l'origine de la proposition", écrit RTL, en précisant que "17 tories ont dérogé aux consignes données par leurs supérieurs du Parti conservateur". Parmi les ministres conservateurs "rebelles" ayant voté avec l'opposition : le chancelier de l'Echiquier Philip Hammond, le secrétaire à la Justice David Gauke, le secrétaire au Commerce Greg Clark et Rory Stewart, le secrétaire au Développement international, énumère The Guardian. Autant de personnalités qui ne conserveront pas leurs postes avec Boris Johnson comme Premier ministre.

"L'idée de voir le Parlement suspendu en octobre (...), à un moment crucial dans l'histoire de ce pays, (...) et qu'il ne soit pas en mesure d'exprimer son avis et sa volonté serait vraiment scandaleuse", avait ainsi déclaré le secrétaire à la Justice David Gauke, cité par Challenges. Quant à la secrétaire d'Etat au Numérique, Margot James, qui faisait aussi partie des frondeurs, elle a sans attendre annoncé sa démission [RTL].

L'UE devrait elle aussi chercher à éviter l'option d'une sortie sans accord. En effet, dans une interview donnée à plusieurs journaux européens, dont Le Monde, la prochaine présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, élue cette semaine, a déclaré que "nous devons tout faire pour aller vers un Brexit ordonné". Et s'est dite prête à entendre toutes les "bonnes raisons de la part de nos amis britanniques pour un report".

LES AUTRES SUJETS DU JOUR

Espagne

GAFA

Institutions

Migrations

Pologne

Santé