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[Revue de presse] Brexit : le nouvel accord suspendu au vote des députés britanniques

Revue de presse 18.10.2019 Léo Lictevout

Annoncée jeudi 17 octobre dans la matinée, la conclusion d'un accord de sortie entre l'Union européenne et le Royaume-Uni est apparue comme une victoire à Bruxelles, où les chefs d'Etat et de gouvernement se sont empressés de l'approuver. Le parcours n'est cependant pas terminé pour le texte, qui doit encore obtenir la ratification du Parlement britannique samedi 19 octobre.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson salue le président du Conseil européen Donald Tusk, à son arrivée au sommet, le 17 octobre à Bruxelles - Crédits : Dario Pignatelli / Conseil européen

Le Premier ministre britannique Boris Johnson salue le président du Conseil européen Donald Tusk, à son arrivée au sommet, le 17 octobre à Bruxelles - Crédits : Dario Pignatelli / Conseil européen

"Nous en avons un !" s'est exclamé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ce jeudi 17 octobre [Le Point], dans une déclaration sous forme d'"Habemus Brexit Deal" commente Courrier international. Un "miracle", titre Le Monde : l'annonce d'une entente entre le Royaume-Uni et l'UE sur un accord de sortie, "arraché laborieusement" [France 24 avec l'AFP], a été unanimement saluée par les dirigeants européens, réunis à l'occasion d'un sommet.

Un accord "in extremis", commente Le Point. Prévu pour le 31 octobre même en cas de no deal, selon Boris Johnson, le divorce entre l'UE et le Royaume-Uni pourra  finalement s'appuyer sur un texte. A condition que celui-ci soit ratifié par le Parlement britannique samedi 19 octobre : une confirmation pour le moins incertaine.

Comme un sentiment de victoire à Bruxelles

"Le Conseil européen approuve cet accord" à l'unanimité, s'est félicité en fin de journée le président du Conseil européen Donald Tusk [Franceinfo]. Si "l'optimisme était revenu la semaine dernière à la suite d'un rapprochement entre Dublin et Londres", rappelle Le Point, un tel enthousiasme n'était pas attendu pour autant. Alors que Boris Johnson saluait "un excellent nouvel accord", poursuit l'hebdomadaire, les autres chefs d'Etat et de gouvernement ont également applaudi l'issue des tractations. Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a reconnu un accord "bon pour l'Irlande et l'Irlande du Nord", tandis que son homologue luxembourgeois, Xavier Bettel, a exprimé son soulagement.

Le négociateur en chef pour l'Union, Michel Barnier, a aussi fait part de sa satisfaction, arguant que cet accord amènerait "davantage de certitude". "Le rôle qu'il a joué depuis trois ans est unanimement loué", commente L'Express.

"Les milieux d'affaires britanniques ont [quant à eux] timidement salué le nouvel accord qui laisse sceptiques les marchés" [Le Figaro]. La livre britannique "a grimpé à l'annonce du compromis avant de perdre du terrain, craignant que l'accord ne soit rejeté par le Parlement britannique", explique le quotidien. Une crainte partagée par le président français Emmanuel Macron, dont "la satisfaction s'accompagne d'une légitime prudence", rapporte Le Point.

Insatisfaction britannique

Si les Européens se félicitent du compromis, il n'en va pas de même outre-Manche, où l'on craint que "le Brexit de Boris Johnson [pèse d'avantage] sur l'économie britannique que celui de Theresa May", s'inquiètent Les Echos. Au Parlement de Westminster, "le gouvernement ne dispose plus que de 288 élus, contre une majorité absolue de 320 voix à la Chambre des communes" : les députés, appelés à siéger samedi 19 octobre, risquent ainsi de "rejeter pour la quatrième fois un accord de divorce avec l'UE".

Sans surprise, cet accord suscite une vive opposition chez les partisans du maintien dans l'Union : "les indépendantistes écossais du SNP (35 députés) comme les libéraux-démocrates (19) ont (…) opposé une fin de non-recevoir", rapporte France 24. Tout comme le principal parti d'opposition, le Labour, dont le leader Jeremy Corbyn "a appelé les députés britanniques à 'rejeter' l'accord", explique Le Point, dénonçant une "entente au rabais" [Euronews].

Il en va cependant de même chez certains partisans d'un Brexit "dur" : pour les unionistes nord-irlandais du DUP, "pas question d'avaliser un texte traitant l'Irlande du Nord différemment du reste du Royaume-Uni", poursuit France 24. Idem pour le très eurosceptique Nigel Farage, qui a "estimé que le nouvel accord 'n'est pas un Brexit'" [Le Point], et déclaré préférer "reporter la sortie de l'Union qu'accepter le nouvel accord", rapporte The Telegraph.

Bien que "l'arithmétique parlementaire [soit] loin d'être favorable" [France 24], Boris Johnson maintient avoir "très bon espoir que (…) les députés de tous les partis (…) [voient] les avantages [à] soutenir" l'accord. Il "pourrait compter sur le soutien de 21 députés rebelles qu'il avait exclus" de son parti, analyse le directeur adjoint du centre de réflexion "UK in a Changing Europe", Tim Bale, pour France 24. "Des députés travaillistes pourraient également défier la consigne de vote de leur leader", ainsi que certains "'Spartiates' de l'aile droite des conservateurs, qui semblent prêts à (…) soutenir le deal de Johnson", commente The Guardian.

La suite des événements difficile à prévoir

"Jean-Claude Juncker a averti jeudi soir que la situation deviendrait 'extrêmement compliquée' si le Parlement britannique rejetait samedi l'accord", rapporte L'Express avec l'AFP. Le président de la Commission européenne avait plus tôt écarté tout report de la date du Brexit [Le Point]. Tout comme Boris Johnson, qui serait pourtant "contraint par une loi de solliciter un report de trois mois du Brexit afin d'éviter un 'no deal'" [France 24].

Pourtant, les Vingt-Sept "laissent la porte ouverte à une possible extension", révèle une source diplomatique européenne au Guardian. A Londres, "l'opposition voudrait profiter d'un délai pour soumettre l'accord à référendum", et "estime qu'un report est inévitable dans tous les cas, ne serait-ce que pour pouvoir passer la législation nécessaire à la mise en œuvre du Brexit si l'accord était approuvé", commente France 24.

Quoi qu'il arrive, Michel Barnier, dont le "nom court (…) pour devenir le nouveau candidat français au poste de commissaire européen" [L'Express], estime "[avoir] fait [son] travail" [Le Point]. Il a de nouveau été sollicité par la future présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour "lancer la négociation de la nouvelle relation commerciale avec Londres après le Brexit". "Notre porte restera ouverte, si le Royaume-Uni décide un jour de revenir dans l'Union", a conclu le président du Conseil européen Donald Tusk avec émotion [Franceinfo].

 

 

 

 

 

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