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[Revue de presse] Brexit : conservateurs et travaillistes pressés de trouver un accord

Revue de presse 06.05.2019 Steven Kakon

Sous pression après une lourde défaite lors des élections locales du 2 mai, conservateurs et travaillistes britanniques reprennent leurs discussions afin de trouver un compromis sur le Brexit. Si un accord semble atteignable rapidement, sa validation par une classe politique encore très divisée reste très incertaine.

Crédits : obertiez / iStock

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Conservateurs et travaillistes sanctionnés aux municipales

Conservateurs et travaillistes ont été "lourdement sanctionnés" lors des élections municipales du jeudi 2 mai, qui se sont déroulées dans "la plupart des provinces d’Angleterre (hormis Londres) et en Irlande du Nord", écrit Le Point.

"Ce n’est que la deuxième fois de l’histoire que les deux grands partis sont en même temps sous la barre des 30 %, le précédent remontant à 2013", rappelle Le Monde. Alors que la Première ministre Theresa May a "perdu le contrôle de 1 269 élus", le Parti conservateur obtenant "ses pires résultats depuis vingt-quatre ans" [Franceinfo], pour l'opposition aussi "le réveil a été brutal" [Le Point]. En effet, alors que le Labour "s'attendait à reconquérir certains sièges", le parti a "perdu plusieurs dizaines d'élus" [Le Figaro].

Au lendemain du vote, le 3 mai, Theresa May a été "huée devant son propre parti" [Huffington Post], plus divisé que jamais, et "pressée de démissionner" [Franceinfo]. "Ces élections ont été très difficiles pour notre parti", a-t-elle reconnu. Pour elle, le message adressé aux conservateurs et aux travaillistes est "simple" : "concrétisez le Brexit" [Huffington Post].  Dans une tribune publiée par le Mail on Sunday et relayée par Le Figaro, la cheffe du gouvernement estime en outre que "le public en a assez de l'incapacité des deux principaux partis à trouver un moyen d'honorer le résultat du référendum, (et) à faire sortir le Royaume-Uni de l'UE".

Pour la presse française également, c'est bien l'incapacité des dirigeants à mener à bien le Brexit qui semble à l'origine de cette déroute électorale. Car "le rejet à trois reprises par le Parlement du plan de sortie scellé entre Londres et Bruxelles tout comme le report du Brexit au 31 octobre ont révulsé la majorité de l'électorat de droite", analyse Le Point.

Par conséquent, le scrutin européen à venir (le 23 mai pour le Royaume-Uni) pourrait profiter au Brexit Party de l'europhobe Nigel Farage, annoncé largement en tête et crédité de 30 % des voix à l'heure actuelle, note Le Point. De fait, "pour de nombreux Britanniques, l’idée de voter pour des députés européens presque trois ans après avoir choisi par référendum de quitter l’Union européenne est inadmissible", analyse Le Monde.

Reprise des négociations entre Theresa May et Jeremy Corbyn

Pour sortir du blocage entourant le Brexit, le gouvernement britannique "est engagé depuis avril dans des discussions avec le Labour", rappelle Le Figaro. Et après plusieurs semaines de pause, "les discussions entre l'exécutif et l'opposition doivent reprendre mardi [7 mai]", informe BFM Business. D'après La Croix, Theresa May et Jeremy Corbyn ont même "exprimé leur intention de faire aboutir rapidement leurs négociations sur le Brexit, qui pourraient se conclure la semaine prochaine".

"Les conservateurs tentent en effet de conclure en vitesse accélérée un accord avec le Labour pour parachever le processus de sortie de l’Union afin d’éviter d’avoir à participer aux élections européennes le 23 mai", rapporte 20 minutes. "Trouvons un accord", a ainsi exhorté la dirigeante britannique à Jeremy Corbyn [Le Figaro].

Et à en croire 20 minutes, un accord pourrait bien "aboutir". "Le gouvernement britannique et les travaillistes seraient d’accord sur l’essentiel concernant la sortie de l’Union européenne et un accord sera facile à conclure si Jeremy Corbyn, chef de file du Labour, y est favorable", a en effet estimé, le 5 mai, le ministre du Développement international, Rory Stewart, cité par le quotidien gratuit.

Un second référendum pour faire approuver un accord ?

Alors que les pourparlers "ont régulièrement buté sur la question d'une union douanière avec l'UE" [BFM Business], The Guardian explique que "Theresa May s'apprête à faire de nouvelles propositions sur une union douanière temporaire jusqu'aux prochaines élections générales, qui s'alignerait sur les droits des travailleurs de l'UE et les règles du marché unique pour les marchandises".

Au risque toutefois de provoquer la colère des hard-Brexiters "pour qui la sortie de l'union douanière n'est pas négociable", rapporte BFM Business, mais aussi de certains élus du Labour. 60 élus travaillistes posent en effet une condition au soutien d'un éventuel accord sur le Brexit : "le vote du peuple", affirme The Guardian. Et selon plusieurs dirigeants travaillistes de premier plan interrogés par le quotidien britannique, "Jeremy Corbyn ne sera pas en mesure d'obtenir assez de ses députés pour soutenir un accord sur le Brexit sans la promesse d'un second référendum, même si Theresa May fait une offre importante sur une union douanière et les droits des travailleurs dans le courant de la semaine".

Dans ce contexte, une personnalité comme John McDonnell, ministre des Finances fictif pour le Parti travailliste, se déclare pour le moins pessimiste sur la capacité des deux partis à trouver un accord acceptable [Politico]. Estimant que Theresa May a "mis en péril les négociations pour sa propre protection personnelle", M. McDonnell a ouvertement fait part de son manque de "confiance" envers la Première ministre, appelant à son tour à un deuxième référendum.

La demande d'une seconde consultation populaire ne provient d'ailleurs pas seulement du Labour. Au total, "100 députés europhiles issus de cinq partis ont écrit à Theresa May et à Jeremy Corbyn pour les avertir qu'ils rejetteraient toute proposition d'accord qui ne serait pas soumise à un référendum", informe BFM Business.

 

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