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[Revue de presse] Boris Johnson précise (un peu) ses intentions pour le Brexit

Revue de presse 26.06.2019 Boran Tobelem

Il s'était mis en retrait de l'agitation médiatique. Pour faire taire les critiques, Boris Johnson, favori dans la course à la succession de Theresa May, s'est finalement décidé à se livrer davantage. Mais son plan pour finaliser le Brexit demeure flou.

Boris Johnson au cours d'une interview à la BBC lundi 24 juin - Crédits : BBC / YouTube

Boris Johnson au cours d'une interview à la BBC lundi 24 juin - Crédits : BBC / YouTube

Nouvelle stratégie

"C'est ce qu'on appelle un changement de stratégie", lit-on dans Les Echos. "Alors qu'il espérait continuer de se tenir en retrait pour éviter les coups", l'ancien maire de Londres et ex-ministre des Affaires étrangères britannique Boris Johnson est maintenant "contraint de descendre dans l'arène pour défendre son statut de favori dans la course à la succession de Theresa May".

Boris Johnson et Jeremy Hunt, deux derniers candidats à la succession de Theresa May

Car le week-end dernier, la campagne de Boris Johnson a été prise dans une série de turbulences médiatiques. "Samedi d'abord, avec une information de The Guardian selon laquelle la police était intervenue pour une dispute survenue dans la nuit de jeudi à vendredi au domicile de sa compagne", fait savoir Courrier international. Une information reprise par plusieurs tabloïds et sur laquelle son concurrent Jeremy Hunt, actuel ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni et outsider dans la course à Downing Street, l'a sommé de s'expliquer.

"Deuxième fait marquant du week-end", poursuit Courrier international, "la révélation par The Observer, édition dominicale de The Guardian, de liens entre M. Johnson et Steve Bannon en juillet 2018, au moment de sa démission du gouvernement". Jusqu'à présent, comme le rappelle l'hebdomadaire, Boris Johnson qualifiait de "fantasme gauchiste" la moindre association avec l'ancien conseiller de Donald Trump à la Maison blanche et théoricien de l'Alt-right (une "mouvance d’extrême droite à tendance suprémaciste blanche" comme la définit la Fondation Jean Jaurès).

Des précisions sur le Brexit… mais encore beaucoup de flou

Ainsi, si Boris Johnson a refusé de participer à un débat avec Jeremy Hunt sur Sky News mardi 25 juin, il avait tout de même accordé une interview à la BBC la veille et s'est exprimé sur les ondes de la radio LBC mardi.

"Il s'agit de répondre à ceux qui en profitent pour dénoncer de nouveau son caractère imprévisible, et critiquer sa vie privée agitée", expliquent Les Echos.

En réalité, Boris Johnson a refusé de répondre aux questions de la BBC sur son couple — "J’en ai fait une de mes règles (de conduite) depuis beaucoup, beaucoup d’années (...) : je ne parle pas de choses qui impliquent ma famille, les gens que j’aime" [Huffington Post avec l'AFP].

Mais il a tout de même précisé ses plans pour le Brexit. Car la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne demeure l'enjeu central de l'élection interne au Parti conservateur, ouverte aux 160 000 adhérents de la formation politique. Le vainqueur sera connu le 23 juillet, tel que l'a annoncé le parti [RTBF avec l'agence Belga]. Et c'est lui qui deviendra le nouveau Premier ministre britannique.

Malgré quelques précisions sur ses intentions, Boris Johnson est toutefois resté flou, parlant par exemple de maintenir une "ambiguïté créative" à propos de la facture du Brexit d'environ 45 milliards d'euros que le Royaume-Uni devrait à l'UE [RFI].

Comparé à Donald Trump par une éditorialiste du Monde, notamment en raison de sa détestation de l'UE, l'ancien ministre des Affaires étrangères semble néanmoins avoir mis de l'eau dans son vin. Il "a une nouvelle fois promis que le Royaume-Uni quitterait l'Union au plus tard le 31 octobre", relate Le Figaro avec Reuters. Mais M. Johnson "reconnaît malgré tout qu’il aura besoin de la 'coopération' du bloc européen pour éviter le rétablissement d’une frontière entre les deux Irlande mais aussi de tarifs douaniers en cas de sortie sans accord au 31 octobre", ajoute RFI.

Considérant que l'accord conclu par Theresa May avec Bruxelles en novembre de l'année dernière — et rejeté trois fois par les députés britanniques — est "mort", M. Johnson veut cependant "en conserver certaines parties, notamment les droits des citoyens européens installés au Royaume-Uni", explique RFI. M. Johnson ne veut pas entendre parler du backstop, une clause de l'accord de novembre permettant d'éviter un rétablissement d'une frontière physique entre les deux Irlande. Mais il estime "tout à fait possible de résoudre la question de la frontière irlandaise grâce à des solutions technologiques, 'nombreuses' selon lui".

Boris Johnson assure enfin qu'il a "la stature et 'l’énergie positive' nécessaires pour convaincre les Vingt-Sept et les députés britanniques d’accepter un nouvel accord" d'ici au 31 octobre, la nouvelle date du Brexit, rapporte la radio. Bien que l'UE ne cesse de répéter que l'accord de novembre est le seul possible…

 

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