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[Revue de presse] Après le report du Brexit, de nouvelles élections au Royaume-Uni ?

Revue de presse 29.10.2019 Baptiste Roman

Lundi 28 octobre, les Vingt-Sept ont accédé à la demande de Boris Johnson de reporter une nouvelle fois le Brexit. La sortie du Royaume-Uni est maintenant fixée au 31 janvier 2020 au plus tard. Un délai qui laisse le temps au Parlement britannique de ratifier l'accord... et d'organiser des élections anticipées ? Après l'avoir refusée hier, la Chambre des communes pourrait aujourd'hui accepter une telle option.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson à la Chambre des communes, le 14 octobre 2019 - Crédits : Jessica Taylor / Flickr UK Parliament CC BY-NC 2.0

Le Premier ministre britannique Boris Johnson à la Chambre des communes, le 14 octobre 2019 - Crédits : Jessica Taylor / Flickr UK Parliament CC BY-NC 2.0

Le Brexit n'aura finalement pas lieu au 31 octobre 2019. "Après quelques hésitations, surtout dans le camp français", les Vingt-Sept ont approuvé lundi 28 octobre la demande du Royaume-Uni de reporter sa sortie de l'Union européenne, au maximum au 31 janvier 2020 [Le Monde]. Si la formalisation du report devrait intervenir "'d'ici mardi ou mercredi' à l'issue d'une consultation des dirigeants des 27 par une procédure écrite" [RTBF avec l'AFP], le Premier ministre britannique a déjà "accepté formellement l’extension offerte par l’UE" [RFI]. La Croix [avec l'AFP] rappelle à ce titre les paroles de Boris Johnson, qui avait assuré début septembre "préférer être 'mort au fond d’un fossé' plutôt que demander un nouveau report".

D'abord opposée à un report de trois mois, la France y a finalement donné son aval en échange de garanties. Tout d'abord, la nouvelle date de sortie est "flexible" : "Londres pourra partir avant le 31 janvier (le 30 novembre ou le 31 décembre) si le gouvernement parvient à faire adopter l’accord de divorce par le Parlement", explique Libération. Par ailleurs, "les Européens devraient préciser noir sur blanc qu’il n’est plus question de renégocier l’accord [du Brexit]", selon Le Monde.

De son côté, Boris Johnson a demandé au président du Conseil européen de mentionner que ce report serait le dernier. En particulier si le Parlement britannique "résiste" en empêchant la tenue d'élections anticipées, il demande aux Etats membres "d'indiquer clairement qu'un autre report après le 31 janvier n'est pas possible", selon la RTBF.

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Des élections à nouveau refusées…

Ce nouveau report laisse ainsi du temps aux parlementaires britanniques pour adopter l'accord de Brexit et faire transposer ses dispositions dans le droit national. Mais rien ne dit que la Chambre des communes le ferait. C'est pourquoi, dans l'espoir de dégager une majorité, le Premier ministre britannique a une nouvelle fois proposé, lundi 28 octobre, la tenue d'élections législatives anticipées.

Hier, "seuls 299 députés ont voté en faveur du projet de Boris Johnson, loin des 434 votes nécessaires pour l’adopter", rapporte Le Monde. Le texte a été bloqué notamment par l'abstention des travaillistes, "expliquant vouloir d'abord écarter le risque d'une sortie sans accord et se disant réticents à un vote à l'approche de Noël, à une période où les étudiants rendent visite à leurs familles" [RTBF].

La réaction de Boris Johnson ne s'est pas fait attendre. "Nous ne permettrons pas que cette paralysie continue. Cette chambre ne peut pas retenir plus longtemps en otage notre pays", a ainsi déclaré le chef du gouvernement britannique [Le Monde].

…mais de nouveau proposées

Pourtant, alors que "ses trois tentatives se sont soldées par autant d’échecs" [Le Monde], Boris Johnson "va retenter dès ce mardi de proposer exactement la même chose", rapporte RFI. Seule différence, le gouvernement présenterait cette fois-ci "un court projet de loi qui n’aura besoin d’être adopté qu’à la majorité simple" [RFI], en amendant tout simplement la loi qui demandait jusque-là la majorité des deux tiers du Parlement pour convoquer des élections anticipées [Le Monde].

Le gouvernement avait avancé le 12 décembre, qui permettrait à Boris Johnson "de ratifier la loi sur la sortie de l’UE et de se présenter devant les électeurs comme le 'monsieur Brexit'", explique Libération. Mais les conservateurs ne disposant plus de la majorité absolue à Westminster, le gouvernement chercherait le soutien de petits partis d'opposition, dont les libéraux-démocrates et le parti nationaliste écossais SNP. Ces deux partis sont en effet "pressés […] d’engranger dans les urnes les bénéfices que les sondages prêtent à leurs positionnements radicaux (la révocation du Brexit, pour les premiers ; l’indépendance écossaise pour les seconds)", souligne Le Monde. Toutefois, les chefs de file des deux partis "ont rédigé un projet de loi réclamant des élections anticipées le 9 décembre" [Le Monde], "ce qui ne laisserait pas assez de temps pour adopter l’accord du Brexit" auparavant, estime Libération.

Boris Johnson pourrait alors faire un pas dans leur direction. Ainsi, "le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Jacob Rees-Mogg, […] a assuré lundi que le gouvernement s'abstiendrait de soumettre de nouveau aux députés le texte prévoyant l'application de l'accord de Brexit", selon la RTBF. De leur côté, les travaillistes ont finalement annoncé, mardi midi, leur soutien à des élections anticipées, estimant que leur "condition d'exclure une sortie sans accord était désormais remplie" [Le Monde].

Un Britannique à la Commission européenne

Enfin, le report du Brexit a également comme conséquence d'obliger le Royaume-Uni à participer aux institutions européennes.

En effet, "les Européens insistent aussi sur la nécessité pour le Royaume-Uni, tant qu’il n’est pas sorti de l’UE, de nommer un commissaire européen pour la nouvelle Commission von der Leyen" [Le Monde]. Jusque-là, le gouvernement britannique avait refusé cette éventualité, puisque le Brexit devait avoir lieu la veille de l'entrée en fonction de la nouvelle Commission, alors prévue le 1er novembre. Ursula von der Leyen, future présidente de l'institution, devra alors "redessiner le périmètre de certains portefeuilles pour faire de la place à cet invité inattendu", ajoute Libération.

 

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