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[Revue de presse] Accord nucléaire iranien : l'Europe entre deux feux

Revue de presse 18.06.2019 Steven Kakon

Accusé par Washington d'être responsable de l'attaque de deux pétroliers en mer d'Oman, l'Iran a menacé de dépasser le plafond d'uranium enrichi prévu par l'accord de Vienne sur le nucléaire. Ne souhaitant pas s'aligner sur les Etats-Unis, les Européens semblent néanmoins impuissants à apaiser les tensions entre les deux pays.

Crédits : Jorge Villalba / iStock

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L'Accord de Vienne en péril

Lundi 17 juin, l'Iran a annoncé que "ses réserves d'uranium enrichi dépasseraient bientôt la limite prévue par l'accord international sur son programme nucléaire conclu en 2015" [France24]. "Fruit d'intenses efforts diplomatiques entre l'Iran et le Groupe des Six (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie), l'accord, conclu en 2015, vise à limiter drastiquement le programme nucléaire de Téhéran en échange d'une levée des sanctions économiques internationales", rappelle La Croix.

Cette déclaration intervient sur fond de fortes tensions avec les Etats-Unis, plus d'un an après leur retrait unilatéral du pacte le 8 mai 2018  [Le Télégramme]. Qualifiant cet accord de "désastreux", le président américain Donald Trump avait alors décidé de rétablir des sanctions économiques contre le régime iranien. Plus récemment, la présence militaire des Etats-Unis s'est renforcée au Moyen-Orient face à une "menace iranienne" présumée, note Le Monde. Et Téhéran se voit aujourd'hui accusé d'attaques contre des pétroliers dans le golfe d’Oman, ce que la République islamique dément.

Prenant acte de cette escalade, "Téhéran fait monter la pression", titre France24. "Le compte à rebours pour passer au-dessus des 300 kilogrammes pour les réserves d'uranium enrichi a commencé et dans dix jours, c'est-à-dire le 27 juin, nous dépasserons cette limite", a déclaré lundi 17 juin Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, cité par le média. Selon lui, l'Iran aurait "quadruplé la production de cette matière, qui est utilisée pour fabriquer du combustible de réacteur et potentiellement des armes nucléaires", relate la BBC. De plus, le président Hassan Rohani a fait savoir qu'il "reprendrait son projet de construction d'un réacteur à eau lourde à Arak", au centre du pays.

Regain de tensions

Jeudi 13 juin, des attaques ont visé deux pétroliers dans le golfe d’Oman. Pour Washington, l'Iran est responsable : "les récentes attaques iraniennes confirment les renseignements fiables et crédibles que nous avons reçus sur le comportement hostile des forces iraniennes et de leurs mandataires qui menacent le personnel et les intérêts des États-Unis dans la région", a déclaré en ce sens le secrétaire à la défense par intérim, Patrick Shanahan, dans un communiqué repris par le New York Times. Tout en soulignant que "les Etats-Unis ne cherchent pas à entrer en conflit avec l'Iran" [La Croix].

Les Etats-Unis ont néanmoins appelé le monde "à ne pas céder au chantage nucléaire de l'Iran" [Arte], et ordonné, sur décision de Donald Trump, "le déploiement de 1 000 soldats supplémentaires", écrit le New York Times. En précisant que celles-ci "serviront principalement à la surveillance des activités iraniennes et à la protection des forces américaines déjà présentes au Moyen-Orient".

Paralysés, les Européens cherchent à temporiser

De leur côté, les Etats membres de l’Union européenne se montrent "prudents dans l’attribution des responsabilités" et ont "refusé de s’aligner sur Washington" [Le Monde]. Ceux-ci tentent en effet de "préserver cet accord laborieusement négocié pendant une décennie, qui met le programme iranien sous contrôle international", analyse Le Monde.

Inquiets que Téhéran ne dénonce l'accord à son tour au risque de provoquer une "crise majeure avec un rétablissement des sanctions internationales, voire des frappes américaines" [Le Monde], Paris, Londres et Berlin "exhortent Téhéran de continuer à respecter l'accord malgré tout" [La Croix]. Les capitales européennes semblent pourtant "impuissantes à agir face aux sanctions américaines" [Le Figaro].

Dans l'optique d'apaiser la situation, le président français a appelé l'Iran à être "patient et responsable" [Le Figaro]. "Je pense que toute forme d'escalade ne va pas dans le bon sens, qu'elle est nuisible aux intérêts iraniens eux-mêmes", a ainsi déclaré le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse avec son homologue ukrainien lundi 17 juin, cité par le quotidien. De son côté, la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a rappelé que, "pour le moment, l’Iran respecte encore ses engagements et qu’il faut donc continuer à discuter" [Le Monde].

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui voit dans l'Iran une "menace existentielle pour son pays", a quant à lui appelé la communauté internationale à imposer "immédiatement" des sanctions contre Téhéran dès le jour où son stock d'uranium enrichi dépasserait la limite [Arte].

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