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[Revue de presse] Accord en demi-teinte sur le budget de la zone euro

Revue de presse 14.06.2019 Boran Tobelem

Réunis à Luxembourg dans la nuit du 13 au 14 juin, les 19 ministres des Finances de l'Eurogroupe sont parvenus à finaliser le lancement d'un budget de la zone euro. Une victoire en demi-teinte pour Emmanuel Macron, l'un des principaux instigateurs du projet. Ce budget devrait en effet être beaucoup moins important que ce que proposait le chef de l'Etat. Une vingtaine de milliards d'euros, contre plusieurs centaines initialement escomptées.

 

 

Le président de l'Eurogroupe Mário Centeno le 13 juin - Crédits : Mario Salerno / Conseil de l'UE

Le président de l'Eurogroupe Mário Centeno le 13 juin - Crédits : Mario Salerno / Conseil de l'UE

"Après une nuit de discussions, à Luxembourg, les 19 ministres européens des Finances ont trouvé un accord sur les grandes lignes du futur budget de la zone euro, un projet notamment porté par Emmanuel Macron", résument Les Echos.

Le but de ce budget, officiellement nommé "instrument budgétaire pour la compétitivité et la convergence", sera "d'encourager des réformes structurelles pour accroître la compétitivité dans les 19 pays ayant adopté la monnaie unique" [La Croix avec l'AFP].

Les Etats membres bénéficiaires de ces fonds devront régulièrement faire des rapports pour prouver que l'argent qu'ils recevront est bien utilisé. Des paiements qui pourraient être annulés dans le cas contraire, précise Le Figaro.

"Pour la première fois, nous avons créé un budget opérationnel qui aidera les pays de la zone euro à converger et à devenir plus compétitifs. C’est une percée", s'est félicité le ministre de l'Economie Bruno Le Maire [Le Monde].

Mais ce satisfecit est fortement nuancé par le journal allemand Die Welt, qui écrit que Bruno Le Maire "a parlé d'une percée […] malgré des progrès modérés après des mois de lutte". La Deutsche Welle, radio du même pays, va plus loin encore, estimant qu'après une "longue session nocturne", "la montagne a accouché d'une souris".

Des ambitions françaises fortement revues à la baisse

Car dans le détail, les ministres des Finances n'ont "pas réussi à se mettre d'accord sur le financement et le montant du budget", note le quotidien espagnol El País.

Celui-ci "devrait être bien moindre que celui souhaité par le président français, qui envisageait plusieurs centaines de milliards d’euros", explique Le Monde. Deux sources européennes de l'AFP ont évoqué 17 milliards d'euros sur 7 ans [Franceinfo avec l'AFP]. Tandis que la Deutsche Welle évoque un "budget squelettique" de 25 milliards d'euros sur cette période.

A défaut de s'entendre sur la constitution d'un véritable budget autonome de la zone euro, comme l'avait initialement imaginé Paris, les chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Bruxelles en décembre 2018 avaient en effet décidé d'inscrire la future enveloppe au sein du cadre financier pluriannuel 2021-2027 de l'UE. La discussion qui déterminera l'ampleur des sommes versées aura donc lieu plus tard cette année, au cours des discussions sur ce futur budget global européen, selon Franceinfo (avec l'AFP).

Accord a minima pour un budget de la zone euro

Opposition Nord / Sud

Les raisons de cet accord a minima ? "La France et les pays du Sud, partisans d'une plus grande solidarité, se heurtent aux réticences des pays du Nord, Pays-Bas en tête", relatent Les Echos. Le journal considère donc que "si le pas franchi est politiquement important" avec ce compromis, "il reste à ce stade bien limité".

Outre son montant, les sources de financement de ce budget de la zone euro devront également être définies. Pour les partisans de ce nouvel outil, il pourrait être financé par de nouvelles taxes, qui permettraient aussi de relever l'importance des sommes y étant allouées. "Est notamment évoquée la taxe sur les transactions financières (TTF), serpent de mer européen qu'une dizaine d'Etats, dont la France et l'Allemagne, tente de relancer", mentionnent Les Echos.

 

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