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Reprise fragile du transport aérien en Europe

Actualité 20.04.2010

Frappés par la plus importante fermeture de leurs aéroports depuis la seconde guerre mondiale, certains Etats membres paralysés depuis six jours auront eu un répit de courte durée. Le volcan Eyjafjöll a de nouveau soufflé ses cendres dans le ciel européen. Les aéroports du Royaume Uni, de l'Allemagne et de l'Irlande resteront fermés aujourd'hui. Les experts du Royaume Uni et d'Irlande, pays les plus proches du volcan islandais, prévoient une fermeture des aéroports jusqu'au weekend. 

 

 

Le Ministres européens des transports décident de lever les restrictions

 

Hier, lors d'une visioconférence de quatre heures, les Ministres européens des transports ont décidé de lever progressivement les restrictions de vol en Europe. Sous la pression des associations et les compagnies aériennes, les Ministres ont réduit le nombre de zones interdites de vol. Le trafic aérien a alors repris son rythme tout au long de la journée.

 

Selon Eurocontrol, l'organisation européenne pour la sureté aérienne qui regroupe les autorités de 38 pays, 14 000 vols auront décollé aujourd'hui contre les 27 à 28 000 vols habituels du mardi en Europe. Cela ne représente que 50% du trafic mais constitue une nette augmentation depuis lundi, où seulement 8 700 avions ont pu quitter les hangars. Ce matin, Eurocontrol a établi un plan des corridors de transit pour les différentes zones européennes.

 

Lors d'un point presse, son chef des opérations Brian Flynn a expliqué la division du ciel européen en trois zones. Dans la première zone, où le risque est considéré comme nul, le trafic sera ouvert et les vols pourront transiter normalement. Celle-ci recouvre une très grande partie de l'Union européenne. Dans la deuxième zone intermédiaire, l'espace aérien est partiellement fermé, des vols pourront décoller à condition de respecter certaines consignes de sécurité. Enfin, la troisième zone recouvre les pays le plus touchés par le nuage de cendres, où une interdiction totale est imposée. Le sud de la Scandinavie, l'Irlande et l'Islande sont concernés par cette fermeture. 

 

Faces aux vives critiques de certaines compagnies aériennes concernant la mise en place de tests aériens et l'application rigide du principe de précaution de l'Union européenne, le Commissaire européen aux transports M. Sim Kallas a affirmé que la sécurité des passagers était la première préoccupation de l'Union. D'après le commissaire, "toutes les décisions doivent être prises sur la base de données scientifiques". La Commission disposant de compétences limitées en la matière, "la décision de fermer les espaces aériens revient aux autorités nationales", a-t-il rappelé. 

 

La réunion ministérielle aura permis une plus grande coopération au niveau européen. La présidence espagnole a prévu une deuxième réunion des Ministres des transports pour travailler sur les aspects économiques de cette crise. Mais pour l'heure, la priorité est au rapatriement des voyageurs bloqués à l'étranger. 

 

Les députés européens également cloués au sol 

 

En raison de la perturbation du trafic aérien, de nombreux députés européens n'ont pas pu se rendre à Strasbourg pour la session plénière. Le Président du Parlement européen a décidé de reporter les votes prévus à la session plénière des 5 et 6 mai prochain. Toutefois, les députés ont débattu de cette crise aujourd'hui en séance, et accueilli favorablement la décision des autorités nationales de rouvrir partiellement l'espace aérien, tout en affirmant que la sécurité devait rester prioritaire. Le Parti populaire européen a souligné la gravité de l'impact économique de cette crise et a prôné la mise en place d'une aide financière de l'Union européenne pour les compagnies. Pour leur part, les groupes socialistes, libéraux et verts ont soutenu que la crise mettait en évidence la nécessité d'améliorer les réseaux ferroviaires européens.