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Rentrée politique en Irlande

Actualité 04.09.2009

Après la pause estivale, les politiques irlandais se sont remis à travailler sur l'Europe. A moins de trente jours du référendum, il était temps. Brian Cowen, chef du Gouvernement, a lancé la campagne de son parti Fianna Fail mercredi autour du slogan "Nous sommes plus forts en Europe". 

La campagne cette fois-ci se jouera sur le terrain de l'économie. Depuis que les Irlandais ont voté non au premier référendum en juin 2008, l'économie irlandaise a dégringolé – le taux de chômage a doublé en un an pour atteindre 12 %. C'est dans ce contexte d'austérité économique que le Gouvernement compte sur "un vote utile" des Irlandais. M. Cowen essaie de mettre de la distance entre son leadership et le vote sur le référendum. Lors de sa conférence de presse, M. Cowen a dit qu'il n'envisageait pas un nouveau rejet du Traité et qu'il ne démissionnerait pas de son poste en cas de défaite : "il ne s'agit pas de changer de gouvernement mais de préserver l'avenir du pays". Un sondage publié hier montre à quel point cela sera difficile : seulement 11 % des sondés se disent satisfaits du Gouvernement.

Contrairement à l'année dernière, M. Cowen tente de rassembler les différents partis politiques pro-européens. Les analyses de vote du référendum en 2008 avaient montré la réticence des militants et sympathisants des autres partis politiques, notamment le Fine Gael, parti de centre droit et le Labour, à soutenir le traité et ainsi à leurs yeux aider le Gouvernement, et cette fois Brian Cowen a invité les partis politiques à une réunion de coordination pour assurer le bon déroulement de la campagne. Ces considérations politiciennes ne devraient pas figurer dans la campagne cette année; l'enjeu est trop critique pour le pays. Chacun est d'accord, au moins en public, pour que le débat sur le traité soit focalisé sur des questions européennes. Il reste à voir si cette union sacrée tiendra le temps de la campagne référendaire.

D'ici ce week-end, tous les partis pro-européens auront lancé leur campagne en faveur du traité. Le Parti Travailliste a été le premier à lancer sa campagne lundi. Fort d'un grand succès lors des élections européennes (3 députés sur 12 sont issus de ce parti) et de son leader avec un score de popularité inégalé parmi les hommes politiques irlandais, le parti prévoit une campagne ambitieuse. Le Parti travailliste a axé sa campagne sur les bénéfices que la Charte des Droits fondamentaux apportera aux citoyens, notamment sur le plan social. La thématique des conditions de travail est devenue un sujet majeur depuis la dégradation du marché du travail. Enda Kenny, le chef du plus grand parti d'opposition Fine Gael, a plaidé pour "un vote pour le pays et non pas un vote contre le gouvernement". Tout comme Fianna Fail, ils font campagne sur la nécessité de maintenir sa place au cœur de l'Europe dans cette période de crise économique.

Cependant, cette fois encore, les politiques ont été devancés par les opposants du traité. Coir, rassemblement des "anti-Lisbonne" et champion des affiches de la dernière campagne, a été le premier à lancer sa campagne d'affichage – 6 000 affiches dans tout le pays. L'affiche des trois singes n'a pas été rééditée mais ils cherchent à provoquer de nouveau. Leur affiche porte sur la menace d'un salaire minimum de 1.84 euros de l'heure si le traité de Lisbonne est ratifié. Ce chiffre est selon eux la moyenne des salaires dans tous les nouveaux Etats membres. La bataille des contrevérités sur le traité de Lisbonne a bel et bien commencé !